Sécurité alimentaire mondiale et développement agricole
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« La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine » (Sommet mondial de l’alimentation, 1996).
Si cette définition de la sécurité alimentaire prend en considération la disponibilité et la production agricole, elle met aussi en évidence l’importance des difficultés d’accès et le lien entre la faim et la pauvreté ou les facteurs sociaux.
Sécurité alimentaire, accessibilité économique et disponibilité agricole

Photo : IRD
La dimension économique de l’insécurité alimentaire est essentielle. Le droit à l’alimentation est reconnu depuis l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. Il n’est cependant pas facilement traduisible en règles économiques et décisions politiques.
Le droit à l’alimentation est énoncé dans les Constitutions de plus de 20 pays, et 145 États ont ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966, qui invite expressément ses signataires à légiférer pour le droit à une nutrition adéquate. Cependant, ce droit à l’alimentation soulève des questions épineuses.
La sécurité alimentaire est un enjeu de gouvernance globale. C’est le sens de l’Objectif du Millénaire pour le Développement des Nations Unies n°1, confirmé au Sommet mondial de la sécurité alimentaire des 16-18 novembre 2009, relatif à la réduction de moitié du nombre de personnes sous-alimentées à l’horizon 2015. La sécurité alimentaire exige un effort financier, estimé par la FAO à 44 milliards USD par an, qui doit cependant s’inscrire dans un cadre politique plus large, un véritable Partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire.
Les pays sont confrontés au défi de la protection de leurs populations face aux crises alimentaires. Les famines frappent généralement les pays les plus vulnérables, dont certaines populations fragiles sont les moins à même de résister à des chocs économiques ou climatiques ou à des conflits. La pauvreté et la malnutrition sont un terreau fertile à l’apparition de crises alimentaires. La prévention joue désormais un rôle essentiel dans le ciblage des populations les plus nécessiteuses et prépare les réponses d’urgence dont l’aide alimentaire. C’est également un moyen de lutter contre la malnutrition maternelle et infantile qui parfois touche de façon persistance ces catégories sociales.
La disponibilité des produits agricoles joue un rôle essentiel. En premier lieu parce qu’elle garantit un accès local, donc rapide, à des ressources agricoles, moyennant des systèmes de redistribution adéquats. En second lieu parce que les populations les plus pauvres sont majoritairement en zone rurale et que toute amélioration de la production agricole devrait leur profiter. En dernier lieu, parce que la sécurité alimentaire revêt une dimension stratégique que certaines organisations de producteurs agricoles font valoir sous le terme de « souveraineté alimentaire ». Cette question engage la sécurité nationale qui incite à un recentrage du droit à l’alimentation au niveau des États ou de Communautés d’États. Les politiques agricoles sont donc un enjeu majeur de sécurité alimentaire.
Trois domaines impliquant l’aide publique sont alors fondamentaux pour favoriser un meilleur approvisionnement :
la régulation des marchés qui, selon le choix d’insertion dans le commerce mondial conduit à des dispositions plus ou moins libérales et à des mesures favorisant des marchés intérieurs fonctionnant de manière efficace sans être perturbés par l’instabilité des prix internationaux. D’où l’intérêt de politiques régionales ;
la préservation des ressources naturelles et du capital productif. Les risques épidémiques ou d’occurrence de crises alimentaires et de modification des conditions écologiques en raison du changement climatique doivent être prévenus par des investissements spécifiques et des dispositifs d’alerte ;
un effort de recherche et d’innovation au service. Cette approche met en jeu la mise à disposition de biens publics que sont la sécurité des conditions d’existence, la disposition d’un capital agro-écologique préservé et la connaissance technico-économique.
Renforcement des engagements français dans la sécurité alimentaire mondiale
En réponse à la hausse importante et soudaine des prix des denrées alimentaires en 2007-2008 et les mouvements sociaux qu’elle a provoqués, la France a renforcé ses engagements en matière de sécurité alimentaire. La stratégie sectorielle « Agriculture et sécurité alimentaire » du Comité interministériel de la coopération et du développement (CICID), adoptée en 2005, s’appuie sur deux choix qui restent pertinents :
concentrer les efforts sur les agricultures paysannes qui valorisent au mieux la main d’œuvre, les ressources naturelles et sont les plus adaptatives (40% de l’aide publique au développement agricole en 2007) ;
réduire la vulnérabilité des populations rurales par l’investissement local et la prévention des crises pour lutter contre l’exclusion et stabiliser les populations (60%).

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Depuis 2008, la France s’est réengagée dans le développement agricole et la sécurité alimentaire, tant sur le plan politique que financier. L’aide de la France dans le secteur agricole a suivi une tendance générale à la baisse (10% de l’APD en 2001, 5,4% en 2007), même si elle est restée supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (3%). Début 2008, la France a proposé un partenariat mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Durant la Présidence française de l’Union européenne, une facilité additionnelle pour la sécurité alimentaire d’un milliard d’euros (sur 3 ans) a été adoptée en codécision par le Parlement et le Conseil. Au plan bilatéral, l’aide alimentaire a été portée à 51 M€ en 2008 (contre 32 M€ en 2007).
Enfin, la France appuie la Commission de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui, avec ses partenaires, Union économique et monétaire de l’Ouest de l’Afrique (UEMOA) et Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel, s’est engagée dans la formulation et la finalisation d’une politique agricole régionale (www.inter-reseaux.org/…/l-ecowap-en-bref).
Mise en ligne : 4.02.10
Liens utiles
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