La lutte contre la malnutrition : un enjeu majeur pour le développement durable

La malnutrition, de quoi parle-t-on ?

La malnutrition est un enjeu mondial qui affecte l’ensemble des pays du monde. Ce terme unique de malnutrition fait référence à des réalités très différentes :

  • La malnutrition aigüe est la forme la plus connue. C’est celle que l’on voit apparaitre lors des famines ou de conflits armés. Elle est responsable chaque année de la mort de plus de 3 millions d’enfants de moins de 5 ans.
  • La malnutrition peut aussi être « chronique », lorsque les personnes n’ont pas accès à une alimentation équilibrée et ne disposent pas des vitamines et nutriments suffisants pour se développer normalement. Chez les enfants, elle peut avoir des conséquences à long terme. S’ils sont atteints d’un retard de croissance, ils auront des difficultés à apprendre, à se développer physiquement et auront plus de risques de contracter des maladies.
  • Le surpoids et l’obésité sont aussi des formes de malnutrition. L’excès de nourriture ou une alimentation trop riche en gras entrainent des maladies telles que le diabète et des maladies cardiovasculaires. 2,5 millions d’adulte meurent chaque année des suites de ces maladies, dont la moitié dans les pays en développement.

La malnutrition a un coût social et économique important qui pèse sur le développement des sociétés. Au Malawi par exemple, la malnutrition coûte 10% du PIB annuel. Elle perpétue certaines injustices sociales. Les enfants mal nourris vont avoir des difficultés pour apprendre, entrainant des mauvaises performances scolaires, et à terme des difficultés pour s’insérer sur le marché du travail. Les adultes ayant souffert de retard de croissance dans leur enfance gagnent en moyenne 22% de moins que leurs semblables.

Lutter contre la malnutrition engendre un cercle vertueux pour le développement durable. Une personne bien nourrie est mieux insérée socialement et économiquement et capable de mener une vie saine et active, au bénéfice de l’ensemble de la société. L’agenda 2030 pour le développement durable, adopté en septembre 2015, à New York, fixe un objectif d’amélioration de la nutrition (Objectif de développement durable n°2).

L’action de la France pour lutter contre la malnutrition

La France agit sur le plan bilatéral et dans les enceintes européennes et internationales pour renforcer la lutte contre la malnutrition.

1/ Sur le plan bilatéral, la lutte contre la sous-nutrition est inscrite comme une des priorités de la politique de développement et de solidarité internationale de la France dans la loi d’orientation et de programmation du 7 juillet 2014 (Loi n°2014-773).

Dès 2011, la France s’est dotée d’un Document d’orientation stratégique « Nutrition dans les pays en voie de développement » qui oriente son aide publique au développement en matière de nutrition. Ce document, défini en lien avec nos principaux partenaires, fixe deux grandes priorités : détecter, prévenir et traiter la malnutrition chez les femmes en âge de procréer et les enfants, et augmenter l’efficacité de la mobilisation internationale contre la malnutrition.

En 2013, selon la méthodologie développée dans le cadre du mouvement mondial Scaling up nutrition, la France a consacré 36,2 millions de dollars à des interventions nutritionnelles, dont 2,6 millions de dollars pour des interventions dites « spécifiquement centrées » sur la nutrition. Les interventions de la France en matière de nutrition sont diverseset vont du projet de lutte contre la malnutrition dans le cadre de l’aide alimentaire française, aux interventions de prévention et de traitement de la malnutrition. La France contribue également par le biais de ses programmes sur la santé, notamment dans le cadre de la santé maternelle et infantile (Muskoka), l’éducation, le genre ou encore le développement agricole durable, a une meilleure nutrition.

En 2015, le Ministère des affaires étrangères et du développement international a initié l’élaboration d’une feuille de route sur la nutrition 2016-2020 pour identifier des axes concrets d’intervention et répondre à la priorité accordée à la nutrition dans la loi sur la politique de développement et de solidarité internationale. Cette feuille de route est rédigée en concertation avec les divers acteurs français impliqués dans ce secteur (Ministères techniques, instituts de recherche, ONG, secteur privé, etc.), rassemblé dans un sous-groupe du GISA, plateforme multi-acteurs et multisectorielle pour la sécurité alimentaire et la nutrition.

La feuille de route visera à améliorer, à l’horizon 2020, la prise en compte, par la France, de la nutrition dans les programmes et stratégies humanitaires et de développement. Elle sera multisectorielle et ciblera les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire (développement agricole et rural), de l’eau, hygiène et assainissementainsi que les interventions d’urgence comme l’aide alimentaire.

2/ Sur le plan international, la France est engagée pour une mobilisation internationale et européenne accrue et coordonnée en faveur de la nutrition.

La France soutient les travaux de l’Union européenne (UE) en matière de nutrition. L’UE s’est dotée en 2014 d’un Plan d’action en faveur de la malnutrition chronique qui fixe une cible très ambitieuse : sortir 7 millions de personnes de la malnutrition chronique d’ici 2025.

Dans les enceintes internationales (Organisation mondiale de la santé, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, G7, G20), la France promeut la coordination et le renforcement de l’action en matière de lutte contre la malnutrition. La 2ème conférence internationale sur la nutrition en 2014 a été l’occasion de renforcer l’engagement des gouvernements pour prévenir la malnutrition sous toutes ses formes, notamment la faim, les carences en micronutriments et l’obésité.

La France fait partie du mouvement Scaling up Nutrition (SUN). Présent dans 56 pays, le mouvement rassemble l’ensemble des acteurs impliqués sur les questions de nutrition (pays participants, institutions des Nations unies, donateurs, secteur privé, société civile) et œuvre à la mise en place de politiques nationales adaptées et efficaces sur la lutte contre la sous-nutrition par le biais de plateformes multisectorielles dans chaque pays participants.

La France apporte son soutien à des initiatives qui permettent de mobiliser davantage de financements en faveur de la lutte contre la malnutrition. C’est le cas de l’initiative UNITLIFE, portée par M. Philippe Douste-Blazy, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies sur les financements innovants et président d’UNITAID. UNITLIFE vise à mobiliser des ressources domestiques, par le biais d’une la contribution de l’industrie extractive, pour financer des programmes de lutte contre la malnutrition chronique. Le Mali et le Congo ont déjà rejoint cette initiative, lancée officiellement à New-York en septembre lors d’un événement auquel le Président de la République, M. François Hollande a participé.

Mise à jour : 26 février 2016

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