La gestion et la prévention des crises alimentaires

Gestion et prévision des crises alimentaires.

815 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, soit 1 personne sur 8, dont 489 millions qui vivent dans des pays touchés par des conflits. En 2016, plus de 63 millions de personnes dans 13 pays ont été réduites à une situation grave d’insécurité alimentaire aigüe nécessitant une assistance humanitaire urgente. 155 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique qui retarde leur développement et la malnutrition aigüe continue de mettre en danger la vie de près de 52 millions d’entre eux.

D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), l’incidence des crises liées à l’alimentation a augmenté depuis le début des années 1980, passant de 25 à 45 crises par an dans les années 1990 à entre 50 et 65 crises alimentaires par an depuis l’an 2000. Au cours de la décennie écoulée, les conflits ont augmenté en nombre et en violence et sont devenus plus complexes, provoquant le déplacement de millions de personnes, déclenchant ou prolongeant l’insécurité alimentaire également au sein des communautés d’accueil.

Principes généraux de l’aide alimentaire programmée

L’aide alimentaire programmée (AAP) permet principalement de renforcer la résilience des populations et lutter contre la malnutrition.

La France y consacre 34 M€ par an. Au vu de l’ampleur de l’insécurité alimentaire dans le monde, les choix faits dans le cadre de l’AAP visent à optimiser l’emploi de ces fonds en ciblant les pays pauvres prioritaires pour la France, les zones délaissées et en favorisant le retour des populations vulnérables à plus d’autonomie alimentaire.

L’AAP permet à la France de contribuer à la résilience des populations, que ce soit dans des contextes d’urgence ou d’insécurité alimentaire chronique (régions fortement touchées par les aléas climatiques, comme le Sahel ou la Corne de l’Afrique, ou bien contextes de crise prolongée dues aux conflits, par exemple dans les pays riverains de la Syrie). Les achats d’aliments sur les marchés locaux ou régionaux sont encouragés, en cohérence avec les stratégies de la FAO et du PAM. Ce mode d’action est essentiel pour les populations vulnérables, et permet, en parallèle à la fourniture d’aide alimentaire par des transferts monétaires ou coupons alimentaires, une reprise de l’activité locale de production et de commercialisation.

Cette enveloppe fait l’objet de trois décisions d’allocations par an. Le choix des projets s’effectue sur la base de priorités importantes : climat, nutrition, genre, relance de l’agriculture dans les zones fragiles, utilisation des nouveaux outils de l’assistance alimentaire selon les principes de la Convention de Londres sur l’assistance alimentaire (transferts monétaires et actions permettant de relancer l’économie).

L’AAP par continent en 2016

En 2016, le budget total de l’AAP s’est élevé à 34 153 114€.

La multiplication des crises, et leur pérennisation, a mobilisé l’aide alimentaire programmée pour des opérations d’urgence combinées à des actions de soutien à la résilience des communautés.

Les conséquences humanitaires de la crise syrienne, en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak ont fortement mobilisé les moyens de l’aide alimentaire programmée. En 2016, 8,12 M€ ont été alloués à cette zone. La situation humanitaire implique une importante réponse internationale en soutien des pays d’accueil pour éviter une déstabilisation généralisée de la région. Nous focalisons notre aide vers des outils soutenant notamment le commerce local dans les pays hôtes, comme par exemple des projets de coupons alimentaires au Liban et en Jordanie.

La France est également restée engagée dans les Territoires palestiniens, en proie à des difficultés chroniques (2,2M€ en 2016) qui appellent des filets sociaux pour faire face à l’insécurité alimentaire.

Le nombre de crises a également crû en Afrique. Un équilibre a dû être trouvé entre l’importance de répondre aux nouvelles urgences humanitaires (conflits et sécheresses), et aux crises d’une part, et à la nécessité de maintenir un engagement important dans les régions à l’instabilité alimentaire et nutritionnelle chronique d’autre part, comme le Sahel.

La mobilisation des moyens de l’aide alimentaire française en faveur de l’Afrique de l’Ouest a été de 7,6M€ en 2016. Les sources multiples de l’insécurité alimentaire de la région (dérèglement climatique, perturbation des marchés, instabilité politique, importance de la pauvreté) impliquent un suivi continu et l’appui à la mise en place d’outils de soutien à la résilience, en plus d’une réponse d’urgence ponctuelle lors des périodes d’insécurité alimentaire et nutritionnelle accrue. Le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Niger ont été les principaux récipiendaires.

En Afrique centrale, l’instabilité politique en République centrafricaine a fait l’objet d’un engagement fort de la France, en RCA mais également à destination des réfugiés centrafricains au Cameroun et en RDC. Par ailleurs, la crise alimentaire due aux agissements de Boko Haram a impliqué des soutiens au Tchad et au Cameroun. Pour l’Afrique centrale, 6,1M€ ont été alloués en 2016, principalement à des projets de relance agricole et de nutrition.

En Afrique australe et orientale
, l’AAP a pu intervenir sur des zones fortement touchées par El Nino, en Ethiopie, à Djibouti, en Tanzanie, au Mozambique et à Madagascar. 1,5M€ a été mobilisé au profit des déplacés burundais. Au total 6M€ ont été alloués dans cette région en 2016.

L’AAP a également été mobilisée en Asie à hauteur de 2,7 M€ avec un focus sur la Birmanie (crise des Rohingyas) et la Corée du Nord (lutte contre la malnutrition) et dans la zone Caraïbes, autre région fortement touchée par El Nino puis un cyclone fin 2016 (0,65M€).

Organisations récipiendaires de l’AAP

Le premier opérateur partenaire de l’AAP reste le Programme alimentaire mondial (PAM) avec 15,1M€ en 2016. Viennent ensuite les organisations non gouvernementales avec 9,25M€ en 2016, le Comité international de la Croix Rouge (CICR), avec 4,1M€ en 2016, l’UNRWA avec 3,25M€ en 2016, la FAO (0,93M€ en 2016) et l’UNICEF (0,86M€ en 2016).

Dans tous ces projets, les outils de soutien à la résilience présentent une grande variété : distribution de semences, formations en nutrition ou en techniques agricoles, travaux de restauration des terres, soutien aux cantines scolaires… Ces modes opératoires permettent d’inscrire dans le temps la prévention de l’insécurité alimentaire dans des zones fragiles et sensibles au dérèglement climatique.

Par ailleurs, les projets financés par l’AAP incluent une composante nutrition pour plus de 50 % d’entre eux, conformément à l’engagement pris par le France au sommet Nutrition pour la croissance tenu à Rome en 2014.


Mise à jour : 21 septembre 2017

PLAN DU SITE