Nations Unies - Q&R - Extrait du point de presse du 03 avril 2017

Q - Pourquoi la France ne participe-t-elle pas à la conférence des Nations unies pour négocier un traité d’interdiction des armes nucléaires ? Que fait-elle pour mettre en œuvre son engagement de désarmement nucléaire au titre de l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ?

R - La France a voté contre la résolution 71/258 (2016) de l’Assemblée générale des Nations unies ouvrant les négociations sur un traité d’interdiction des armes nucléaires et elle ne participe pas aux négociations de ce traité qui se sont tenus à New-York du 27 au 31 mars et qui se poursuivront du 15 juin au 7 juillet 2017.

Le projet de traité d’interdiction des armes nucléaires est en décalage avec le contexte stratégique, caractérisé par les tensions régionales et la prolifération des armes de destruction massive, dont témoigne par exemple la menace nucléaire nord-coréenne. Dans ce contexte, la France et l’OTAN continuent de fonder leur sécurité ultime sur la dissuasion nucléaire.

La France demeure également préoccupée par le fait qu’un traité d’interdiction des armes nucléaires divisera les Etats parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui demeure la pierre angulaire du système de sécurité collective.

La France a déjà pris des mesures concrètes et substantielles de désarmement nucléaire, notamment en réduisant de moitié son arsenal nucléaire, en arrêtant les essais nucléaires et en cessant, de manière irréversible, la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes nucléaires.

Pour la France, la négociation d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes nucléaires (FMCT, dit traité "cut-off") est une priorité et la prochaine étape logique du désarmement nucléaire, avec l’entrée en vigueur rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Ces deux instruments sont complémentaires car ils permettent de limiter le développement qualitatif et quantitatif des arsenaux nucléaires.

La réduction des arsenaux nucléaires russes et américains, qui représentent 90% du stock mondial d’armes nucléaires, est une autre priorité importante.

Nous poursuivrons également nos efforts en faveur de la sécurité et de la stabilité internationales, y compris dans la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive.

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