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La francophonie multilatérale

L’organisation internationale de la Francophonie

Historique

Après sa création en 1970 à Niamey sous le nom d’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), l’organisation internationale en charge de la Francophonie institutionnelle est renommée Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) en 1995, puis Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 2005. Sa dimension politique s’affirme peu à peu avec l’apparition des Conférences régulières des chefs d’État et de gouvernement à partir de 1986. Ces « Conférences des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage », également appelées « Sommets de la Francophonie », se tiennent tous les deux ans. Elles se sont réunies à 16 reprises : Versailles (1986), Québec (1987), Dakar (1989), Paris (1991), Port-Louis (1993), Cotonou (1995), Hanoï (1997), Moncton (1999), Beyrouth (2002), Ouagadougou (2004), Bucarest (2006), Québec (2008), Montreux (2010) Kinshasa (2012), Dakar (2014), Antananarivo (Madagascar) les 26 et 27 novembre 2016.

La dimension politique a été formellement intégrée dans la structure institutionnelle de la Francophonie au Sommet de Hanoï en 1997 et elle a pris le visage d’un Secrétaire général élu. La fonction de Secrétaire général a été assumée d’abord par Boutros Boutros-Ghali, ancien ministre des affaires étrangères égyptien et ancien Secrétaire général des Nations unies, puis par l’ancien Président sénégalais Abdou Diouf de 2002 jusqu’au 31 décembre 2014, à l’issue de son troisième mandat. Michaëlle Jean, ancienne Gouverneur général du Canada, lui a succédé à compter du 1er janvier 2015. La fusion au sein d’une seule institution des actions politiques (relevant du Secrétariat général) et de coopération (incombant à l’AIF) a été décidée au Sommet de Ouagadougou en 2004 et s’est concrétisée par la révision de la Charte de la Francophonie lors de la Conférence ministérielle de Tananarive, le 24 novembre 2005, qui a créé l’OIF.

Le XVe Sommet, à Dakar du 29 au 30 novembre 2014, a été consacré aux « Femmes et Jeunes en Francophonie : vecteurs de paix, acteurs de développement ». Il a permis, outre la désignation de Michaëlle Jean au poste de Secrétaire générale de l’OIF, l’adoption du cadre stratégique pour la Francophonie (2015-2022) et des Stratégies économique et jeunesse. Une place particulière a été accordée à la jeunesse avec la participation, pour la première fois, de 20 jeunes francophones au Sommet.

Le XVIe Sommet de la Francophonie, les 26 et 27 novembre 2016 à Antananarivo (Madagascar) a été consacré au thème suivant : « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone ».

Le prochain Sommet de la Francophonie se tiendra en 2018 à Erevan (Arménie), et le suivant, en 2020, en Tunisie, marquant le 50ème anniversaire de la Convention de Niamey du 20 mars 1970, portant création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), devenue en 2005 l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Organisation

Il n’existe qu’une seule organisation intergouvernementale francophone, l’OIF : elle est placée sous l’autorité du Secrétaire général de la Francophonie, qui désigne un Administrateur chargé d’en assurer la direction. Michaëlle Jean est l’actuelle Secrétaire générale. Adama Ouane, ancien ministre de l’Education nationale malien, occupe la fonction d’Administrateur de l’OIF depuis 2015.

Le siège de l’OIF est à Paris. L’organisation s’appuie également sur deux organes subsidiaires : l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) à Québec, l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) à Dakar. L’OIF dispose par ailleurs de six bureaux régionaux et quatre représentations permanentes (auprès des Nations Unies à New York et Genève, auprès de l’Union européenne (Bruxelles) et auprès de l’Union africaine (Addis-Abeba).

L’OIF associe à son action

Missions

Les actions de l’OIF s’inscrivent dans le cadre stratégique de la Francophonie 2015-2022 et dans la programmation quadriennale 2015-2018, à laquelle est attachée un budget prévisionnel de 150 M€ par an.

L’OIF contribue à la prévention des conflits au sein de l’espace francophone, favorise la consolidation de l’État de droit et de la démocratie et agit pour la promotion et la mise en œuvre des droits de l’Homme. L’action diplomatique du Secrétaire général de la Francophonie s’appuie sur des programmes de coopération politique de l’OIF, qui reposent sur les principes énoncés dans la Déclaration de Bamako (2000), complétés par la Déclaration de Saint-Boniface (2006). La Déclaration de Bamako permet de suspendre un Etat membre des instances de la Francophonie dès lors qu’il est constaté une rupture de l’ordre constitutionnel ou des violations massives des droits de l’Homme.

En matière de coopération, l’OIF promeut la diversité culturelle et linguistique et l’utilisation de la langue française (voir le Vade-mecum sur la mise en œuvre du multilinguisme et l’usage du français dans les organisations internationales) au sein des pays membres et sur la scène internationale. Elle est au service de l’éducation et intervient à toutes les étapes de la formation. Elle est aussi au service de l’économie et du développement durable. Dans le cadre de ses missions, elle ménage une place particulière pour les femmes, les jeunes et la société civile. A l’occasion du Sommet de Dakar (2014), une stratégie économique pour la Francophonie et une stratégie jeunesse ont été adoptées.

L’OIF entend peser sur les grands débats mondiaux en cours, en animant une concertation entre pays francophones soucieux de défendre leurs intérêts communs dans les enceintes internationales, et aussi par le soutien aux politiques nationales, notamment dans les pays du Sud. L’OIF est particulièrement engagée sur la scène internationale : dans les débats sur les objectifs de développement durable et la lutte contre le dérèglement climatique et en marge des grandes réunions internationales, sous forme de concertations francophones.

La Francophonie, ce sont enfin de grands événements internationaux impliquant les Etats et gouvernements membres. Les Jeux de la Francophonie sont nés de la volonté des chefs d’État et de gouvernement ayant le français en partage de créer une solidarité au sein de la jeunesse francophone en lui offrant une possibilité de rencontre, d’enrichissement, de stimulation collective. Le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF), qui est chargé de leur organisation et a été mis en place en 1989 par la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports (CONFEJES), est depuis 2006 rattaché à l’OIF en tant qu’organe subsidiaire.
Les VIIe Jeux de la Francophonie ont eu lieu du 7 au 15 septembre 2013 à Nice. La VIIIe édition des Jeux se tiendra du 21 au 30 juillet 2017, en Côte d’Ivoire, à Abidjan. Le Nouveau-Brunswick a été désigné pour accueillir les IXe Jeux, en 2021.

Un premier Forum de la langue française, destiné principalement à mobiliser les jeunes générations autour de l’usage de la langue française, s’est tenu à Québec en juillet 2012. La seconde édition s’est déroulée à Liège (Belgique) en juillet 2015, mettant en avant les innovations portées par la jeunesse francophone.

Le XVIe Sommet de la Francophonie à Antananarivo (26 et 27 novembre 2016)

Le XVIe Sommet, les 26 et 27 novembre 2016 à Antananarivo (Madagascar), placé sous le signe de la solidarité francophone, a consacré un nouvel ancrage de la Francophonie dans l’Océan indien, après la réintégration de Madagascar dans l’OIF en 2014 et l’inauguration début 2016 d’un bureau régional de cette organisation dans la capitale malgache. Il a conduit à un engagement marqué en faveur d’un renforcement des actions en matière de prévention de la radicalisation, d’éducation, de promotion de la langue française et de développement durable, en appui à une « Francophonie des solutions ».

Les différentes interventions au cours du Sommet ont accordé une place particulière au « développement responsable ». Madagascar avait en effet placé le Sommet sous le thème « croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophones », thématique répondant aux préoccupations des pays francophones, en particulier ceux en développement.

Un accent particulier a également été mis sur la jeunesse : journée de la jeunesse francophone, à la veille du Sommet, le 25 novembre, et participation de 20 jeunes au Sommet même, où ils ont présenté une « Déclaration des jeunes ».

La République de Corée, l’Argentine, la Province canadienne de l’Ontario ont été admis en qualité d’observateurs, et le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie en qualité de membre associé, ce qui porte à 84 le nombre d’Etats et de gouvernements appartenant à l’OIF.

La Déclaration d’Antananarivo adoptée par les chefs d’Etat et de gouvernement témoigne de l’engagement francophone en faveur de la paix, de la bonne gouvernance, d’un développement durable et responsable mais aussi de la mobilisation pour la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents.

L’adoption de la Déclaration s’accompagne de celle de 13 résolutions qui, pour la plupart, reprennent et approfondissent les thèmes de la Déclaration :

  • Résolution sur les situations de crise et post-crise dans l’espace francophone ;
  • Résolution sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents pouvant conduire au terrorisme ;
  • Résolution sur la création d’une entité au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie pour la promotion de l’égalité femme-homme, des droits et de l’autonomisation des femmes et des filles ;
  • Résolution sur les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés ;
  • Résolution sur la promotion de la diversité linguistique ;
  • Résolution sur l’eau, la paix et la sécurité ;
  • Résolution sur la formation professionnelle et technique ;
  • Résolution sur la promotion du dialogue des cultures en tant que facteur de développement durable ;
  • Résolution sur la décentralisation et le développement local ;
  • Résolution sur l’économie bleue ;
  • Résolution sur l’énergie propre et durable pour tous en Afrique ;
  • Résolution « investir dans la le secteur de la santé pour soutenir la croissance partagée dans l’espace francophone » ;
  • Résolution sur la sécurité routière.

En outre, une Déclaration des jeunes francophones ainsi qu’une Déclaration des organisations internationales non-gouvernementales et de la société civile ont été adoptées parallèlement au Sommet.

Pour en savoir plus :

- Intervention du Chef de l’Etat lors de l’ouverture du Sommet de la Francophonie

Les statuts des membres

La Francophonie regroupe 84 Etats et gouvernements dont 54 membres de plein droit, 4 membres associés et 26 observateurs sur les 5 continents.

- Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo.

- Afrique centrale et océan Indien : Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Congo (République démocratique), Gabon, Guinée équatoriale, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Tchad, Comores, Djibouti, Madagascar, Maurice, Mozambique, Seychelles. Afrique du Nord et Moyen-Orient : Egypte, Emirats arabes unis, Liban, Maroc, Mauritanie, Qatar, Tunisie.

- Amérique – Caraïbe : Argentine, Canada, Canada Nouveau-Brunswick, Canada Québec, Canada Ontario, République dominicaine, Dominique, Haïti, Sainte-Lucie, Uruguay.

- Asie-Pacifique : Cambodge, Corée du Sud, Laos, Nouvelle-Calédonie, Thaïlande, Vanuatu, Vietnam.

- Europe : Albanie, Andorre, Arménie, Autriche, Belgique, Bosnie Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Estonie, Croatie, Ex-République yougoslave de Macédoine, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Moldavie, Monaco, Monténégro, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Ukraine, Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les statuts et modalités d’adhésion à l’OIF ont été adoptés par le IXème Sommet de la Francophonie de Beyrouth en 2002 et amendés par le XIème Sommet de la Francophonie de Bucarest en 2006.

Mise à jour : décembre 2016

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