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Agoa - Un sanctuaire pour les mammifères marins dans les Antilles françaises

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La création d’un sanctuaire marin pour les cétacés au sein des Antilles françaises

Le 5 octobre 2010 à Montego Bay (Jamaïque) lors de la 14e réunion intergouvernementale des parties à la Convention de Cartagena pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la Grande région Caraïbe, et 6e Conférence des parties à son protocole SPAW (Specially Protected Areas and Wildlife) relatif aux aires et aux espèces spécialement protégées, le gouvernement français déclarait la création du sanctuaire « Agoa ».

En officialisant la création de ce sanctuaire, la France confirmait ainsi sa proposition faite à la Commission balénière internationale (CBI) en 2006 de mettre en place un sanctuaire pour les mammifères marins dans la zone économique exclusive (ZEE) des Antilles françaises.

Le sanctuaire Agoa, en référence à « Maï d’Agoa », la « mère de l’esprit des eaux » dans la mythologie amérindienne, s’étend sur la totalité de la ZEE des Antilles françaises. Il couvre une superficie de 138000 km².

21 espèces de mammifères marins (baleines, dauphins, cachalots, mesoplodons et baleine à bec) ont été recensées dans le cadre des observations réalisées par les acteurs locaux dans les îles de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy depuis plus de 20 ans.

En complément de ces travaux, l’Agence des aires marines protégées a réalisé en 2008 une campagne aérienne dans le périmètre du sanctuaire, qui a permis de dresser un inventaire des populations de mammifères marins, des bateaux et engins de pêche, des bateaux de plaisance et des macros déchets. Cette campagne établit ainsi :
- un niveau de référence pour comprendre l’évolution de l’état de santé des écosystèmes étudiés et les interactions constatées et probables entre les activités anthropiques et les mammifères marins ;
- une base de réflexion pour la mise en place de mesures de protection et de conservation des espèces concernées et de leurs habitats.

Une gouvernance élargie pour des objectifs de protection des cétacés

Avec la création du sanctuaire, la France et les quatre collectivités françaises des Antilles démontrent ainsi leur engagement par :

- une implication forte des autorités politiques locales, des socioprofessionnels et de l’État dans la gouvernance du sanctuaire Agoa. En juin 2011, un comité de gestion du sanctuaire a été mis en place. Composé des acteurs locaux de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy (politiques, associatifs, économiques, scientifiques, administratifs), le comité de gestion est compétent pour préconiser des mesures de protection et de conservation des espèces et de leurs habitats sur la totalité de la ZEE des Antilles françaises ;

- la mise en place de moyens humains, techniques et financiers destinés au bon fonctionnement de la gouvernance du sanctuaire, à l’amélioration des connaissances scientifiques et à l’organisation d’actions de sensibilisation auprès des usagers de la mer et du grand public ;

- la mise à disposition des moyens nécessaires à la surveillance du sanctuaire dans le cadre de « l’Action de l’État en mer »,

Compte-tenu de la communauté d’enjeux en matière de conservation et de gestion des mammifères marins dans la Caraïbe et des déplacements de ces espèces entre les eaux des différents pays, la France espère, par l’intermédiaire du Centre d’action régionale (CAR) du protocole SPAW mis en place en Guadeloupe, susciter l’intérêt des autres États de la région dans la mise en place d’approches coopératives telles que le préconise le plan d’action pour la conservation des mammifères marins dans la région des Caraïbes adopté lors de la Conférence des parties au Protocole SPAW de la Convention de Cartagena en juillet 2008 .

Certains États ont d’ores et déjà manifesté leur engagement dans cette démarche (République dominicaine, Pays-Bas au titre des Antilles Néerlandaises, États-Unis) qui pourrait se traduire par la mise en place de « jumelage(s) » entre sanctuaires et/ou aires marines protégées.

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