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Désertification

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Présentation

1. Aspects généraux

Le sol est une ressource naturelle indispensable et précieuse pour ses multiples fonctions, à la fois économiques, sociales et environnementales : il permet l’agriculture, offre l’espace nécessaire à l’habitat et aux diverses activités humaines, stocke lui-même d’autres ressources naturelles (eau, minerais, ressources et combustibles fossiles) et accueille l’habitat de nombreuses espèces vivantes.

Or, cette dernière décennie, la qualité des sols s’est fortement dégradée à l’échelle de la planète. La désertification, forme particulière de dégradation des sols, est un processus de perte progressive de productivité des sols dans les milieux arides, semi arides et sub-humides secs, du fait des activités humaines (pratiques agricoles et pastorales inadaptées, déforestation, surpâturage, prélèvement excessif de bois de chauffe etc.) et des changements climatiques. On parle également de gestion durable des terres (GDT) qui recouvre,dans l’objectif de la préservation des sols et de leurs écosystèmes : la gestion combinée des ressources naturelles eau / sols / ressources végétales, les facteurs institutionnels (foncier) et les facteurs sociaux.

Selon la Convention des Nations Unies de Lutte Contre la Désertification, 250 millions de personnes sont directement affectées par la désertification, et environ 1 milliard de personnes, dans plus de cent pays, sont menacées par ce phénomène. Les pays les plus exposés sont les pays africains, au nord comme au sud du Sahara. Ce phénomène affecte les populations les plus pauvres, vivant dans des milieux fragiles, et particulièrement vulnérables face à la dégradation progressive des ressources naturelles.

Le processus de désertification entraîne une incapacité des terres à faire vivre les populations qui y habitent, ce qui justifie la promotion en tête de l’agenda international de la gestion durable des terres et de la lutte contre la désertification. En effet, les conséquences socio-économiques et environnementales de la dégradation des terres et de l’inaction dans ce domaine se font sentir à tous les niveaux : local, national, régional et global, se traduisant par l’augmentation de la pauvreté, par un effet accélérateur du changement climatique, par la perte de biodiversité, par l’insécurité alimentaire, par le risque de conflits et de migrations incontrôlées. Le processus de désertification constitue donc un obstacle de taille pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Pourtant, des solutions concrètes existent pour lutter contre la désertification et pour mieux mettre en valeur le potentiel écologique et socio-économique des zones affectées.

Il existe des possibilités de mise en valeur des zones arides, par exemple par la production d’énergie solaire, par le développement de l’aquaculture ou de l’écotourisme, par le captage du carbone au travers de la gestion durable des forêts et de l’agro-foresterie, ou encore par la création d’aires naturelles protégées.

De plus, concernant la production agricole, il existe des méthodes efficaces et durables de lutte contre la dégradation des terres et de restauration du capital naturel qui proposent des adaptations réussies aux situations de sécheresse (cordons pierreux, bandes herbeuses, agriculture de conservation, zéro labour…). Un des enjeux est donc d’accompagner les agriculteurs et les éleveurs des zones arides dans cet effort de réhabilitation et de préservation de leur capital productif « sols » et de lutte contre la désertification, en prenant en compte et en valorisant les savoir-faire locaux.

2. Enjeux et échéances

La Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD), signée à Paris le 17 juin 1994, est entrée en vigueur en décembre 1996. La France, qui l’a ratifiée en mars 1997, a joué un rôle important dans les négociations de cette convention qui est la seule, parmi les trois conventions issues de Rio, à accorder une priorité explicite à l’Afrique. Ratifiée par 193 pays, elle constitue l’enceinte internationale privilégiée où ce sujet est abordé.

La Convention s’organise autour de différents organes :
- le Secrétariat Exécutif de la Convention, chargé d’organiser les sessions de la Conférence des Parties et de ses organes subsidiaires, et de leur fournir les services requis ;
- le Mécanisme Mondial (MM), instrument chargé de mobiliser les ressources internationales et nationalesen faveur de la mise en œuvre de la Convention ;
- le Comité Scientifique et Technique (CST), organe subsidiaire chargé de renforcer l’autorité de la Convention dans le domaine des connaissances scientifiques et techniques ;
- le Comité chargé de l’examen et de la mise en œuvre de la Convention (CRIC), organe subsidiaire chargé d’examiner la mise en ouvre de la Stratégie par les Parties et par les organes de la Convention.

La dernière Conférence des Parties de septembre 2007 (C0P8) a adopté à Madrid une stratégie décennale dotée de quatre objectifs stratégiques :
- améliorer les conditions de vie des populations affectées par la désertification,
- améliorer l’état des écosystèmes dégradés,
- dégager des avantages globaux (lutte contre la faim, contre les migrations et contre les conflits environnementaux, préservation de la biodiversité, séquestration du carbone),
- mobiliser les ressources en faveur de la mise en œuvre de la Convention.

L’adoption de cette stratégie décennale a constitué un moment clef du processus de réforme institutionnelle initié par le nouveau Secrétaire exécutif de la Convention. Il est désormais nécessaire que l’ensemble des Parties définissent les moyens de mise en œuvre de cette stratégie. Ce sera le principal enjeu de la 9ème conférence des Parties (COP9), qui se tiendra à Buenos Aires (Argentine), du 21 septembre au 2 octobre 2009.

Il est également important de noter que le Comité Scientifique et Technique (CST) de la Convention se réunira, à la même période que la COP9, sous la forme d’une conférence scientifique et technique ouverte (dite « CST9 »). Cette conférence devrait jouer un rôle clé en mobilisant la communauté scientifique internationale et en renforçant la visibilité et le fondement scientifique des positions portées par la Convention sur les enjeux relatifs à la désertification, à la dégradation des terres et à la sécheresse, avec pour objectif d’aboutir à des résultats opérationnels.

Ces réunions internationales seront l’occasion de réaffirmer un certain nombre de messages clefs portés par l’Union européenne lors de précédentes rencontres :

- la nécessité d’un engagement des pays « Parties à la Convention », affectés par la désertification, pour que se traduise dans les actes, à leur niveau, la lutte contre la désertification la prise en compte de la problématique « sols » dans leurs politiques nationales sectorielles (agricoles, notamment) et leurs stratégies nationales de développement,

- La nécessité d’un soutien en matière de coopération internationale pour aider à la mise en œuvre de la convention par les pays affectés,

- La nécessité de promouvoir une approche intégrée des enjeux liés au changement climatique, à la biodiversité, à la gestion de l’eau, à la désertification et à la sécurité alimentaire, et, en particulier, la nécessité de prendre en compte le rôle de la gestion durable des sols et de la lutte contre la désertification pour l’atténuation des effets du changement climatique et l’adaptation au changement climatique,

- La nécessité de considérer la société civile comme un partenaire clé pour la mise en œuvre de cette stratégie.

3. Position française

La France, contrairement à ses voisins méditerranéens comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce, n’est pas déclarée affectée par la désertification. Cependant, l’appui à la mise en œuvre de la Convention Internationale sur la Lutte contre la Désertification est un axe fort et constant de la politique de la coopération française en matière d’environnement et d’aide au développement.

La lutte contre la désertification est d’ailleurs inscrite dans les stratégies sectorielles du CICID [1] (« Protection de l’environnement » et « Agriculture et sécurité alimentaire »). Les principes d’action de la France dans ce domaine sont déclinés dans la « Stratégie française de lutte contre la désertification », finalisée en 2006 par l’ensemble des acteurs français concernés - société civile, ministères et agences de développement. Ce document stratégique définit les actions à entreprendre à tous les niveaux appropriés (mondial, régional, sous-régional, national et local) avec les acteurs du développement et de la société civile, afin de créer des conditions favorables à la mise en œuvre d’actions locales bénéficiant directement aux populations touchées par la désertification.

Par ailleurs, la France estime que l’un des enjeux majeurs est l’intégration de la problématique sols dans les politiques sectorielles, notamment agricoles et dans les stratégies de réduction de la pauvreté des pays en développement affectés.

La France encourage également le renforcement des synergies entre les trois Conventions de Rio, dans le but de favoriser une approche intégrée des enjeux « climat », « biodiversité », « désertification » et de développement, et, en particulier, de reconnaître le rôle de la gestion durable des sols et de la lutte contre la désertification dans l’adaptation au changement climatique.

Dans le domaine de la lutte contre la désertification, les Ministères français (Ministère des affaires étrangères et Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer) ont développé des partenariats solides et travaillent de manière concertée avec la société civile française ainsi que la communauté scientifique. La société civile s’exprime au travers du Groupe de Travail Désertification, plate-forme d’acteurs de solidarité internationale mobilisés dans le domaine de la lutte contre la désertification et la dégradation des terres et la gestion des ressources naturelles. Animé par l’ONG « CARI », ce collectif fait connaître les enjeux relatifs au processus de désertification. La communauté scientifique est représentée par le Comité Scientifique Français Désertification (CSFD), qui contribue activement aux travaux du Comité Scientifique et Technique de la Convention des Nations-Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD).

L’action de la France s’organise donc autour de plusieurs axes :

-  soutien technique et financier aux institutions de la Convention Désertification, participation active aux différentes réunions des organes de la Convention et aux travaux de cette dernière ;

-  appui à la structuration sous-régionale en Afrique : la France apporte son soutien financier et/ou technique à l’Observatoire du Sahara et du Sahel et au Comité permanent Inter-Etats de Lutte conte la Sécheresse au Sahel ;

-  appui à des initiatives multilatérales : la France apporte un soutien technique à l’initiative Banque mondiale/ NEPAD [2] TerrAfrica visant à augmenter le niveau et l’efficacité des investissements pour la gestion durable des terres en Afrique subsaharienne.

-  projets de terrain : l’Agence Française de Développement (AFD) finance des projets de développement local et de développement rural en pays sahéliens (pastoralisme durable, agriculture de conservation, etc.). La France appuie également la mise en œuvre de micro-projets, identifiés et mis en place par des acteurs de la société civile, en particulier dans le cadre de l’initiative IREM-LCD (Initiative Régionale Environnement Mondial et Lutte Contre la Désertification).

Mise en ligne : 26.11.09

[1] Comité interministériel de la coopération internationale et le développement

[2] Nouveau partenariat pour le Développement de l’Afrique

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