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Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ; Intergovernmental Panel on Climate Change - IPCC en anglais) a été créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Il a reçu en 2007 le Prix Nobel de la paix, conjointement avec Al Gore. Son Secrétariat est implanté à Genève, dans les locaux du siège de l’OMM.

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Laurent Fabius, Pascal Canfin et le Dr. Rajendra K.Pachauri, président du GIEC lors du Forum "Changement climatique : des données scientifiques à l’action politique" le 30 septembre 2013 à Paris. (Photo : MAE/F. de la Mure)

Missions du GIEC

Le GIEC a pour mission d’évaluer et de synthétiser, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique nécessaires à la bonne compréhension des fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine anthropique. Il étudie précisément les conséquences possibles de ce changement et envisage des stratégies d’adaptation au changement climatique ainsi que d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Ses évaluations sont fondées sur des publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue.

Au niveau français, 35 scientifiques travaillant en France, dont Jean Jouzel, vice-président du groupe de travail sur les éléments scientifiques, participent à la rédaction des rapports d’évaluation. Les travaux du GIEC alimentent les réflexions en matière de politiques climatiques d’atténuation, d’adaptation, d’aide au développement et de négociations internationales. Il s’agit d’un outil de travail fondamental pour plusieurs centaines de personnes en France.

Rôle d’orientation pour les négociations internationales sur le climat

Les rapports d’évaluation constituent la principale production du GIEC.
L’information scientifique qui est synthétisée par le GIEC à partir de publications de référence dans la communauté scientifique permet de documenter l’action internationale de lutte contre le changement climatique.

Le premier rapport paru en 1990 a exercé une grande influence sur le contenu de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée en 1992. Le message des scientifiques du monde entier en 1990 a rendu possible la signature de cette convention. Le deuxième rapport, publié en 1995, a pesé de manière décisive sur les dispositions contenues dans le Protocole de Kyoto adopté en 1997. Le troisième rapport datant de 2001 a permis d’approfondir l’étude des impacts des changements climatiques en rappelant la nécessité de s’y adapter. Le quatrième rapport en 2007 a quant à lui créé une base solide pour les négociations visant à parvenir à un accord universel pouvant succéder au Protocole de Kyoto. Lors de la Conférence des Parties à la CCNUCC de Bali en 2007, les conclusions de ce rapport ont en effet eu pour conséquence une plus grande prise de conscience de la nécessité d’une action internationale plus ambitieuse contre le changement climatique.

De manière générale, la qualité des travaux menés par le GIEC et la rigueur scientifique de sa méthodologie ont permis aux négociateurs d’asseoir sur des bases scientifiques solides la « vision partagée », c’est-à-dire les grands principes et objectifs de la lutte contre le changement climatique qui fonde l’action collective au sein de la CCNUCC.

L’objectif de limiter à 2°C l’augmentation de la température moyenne mondiale par rapport à l’époque pré-industrielle a été reconnu en 2010 comme étant central par les Parties à la CCNUCC, après que le GIEC ait indiqué qu’au-delà de ce seuil, les conséquences induites par le changement climatique seraient d’une ampleur significative.

Mode de fonctionnement

Une part très importante de la communauté scientifique mondiale est impliquée lors de la rédaction des rapports du GIEC. Le mode de fonctionnement collégial du Groupe permet un recoupage extrêmement rigoureux des informations. Pour le quatrième rapport d’évaluation, publié en 2007, plus de 500 auteurs ont participé à la rédaction, tandis que 600 scientifiques ont été impliqués dans le processus de relecture en deux étapes. Pour la rédaction du cinquième rapport, 831 scientifiques ont été impliqués.

Publication du cinquième rapport d’évaluation

Le cinquième rapport d’évaluation (AR5) du GIEC sera composé de trois volumes et d’un rapport de synthèse :

- Le volume du groupe de travail 1 sur les éléments physiques relatifs au changement climatique a été rendu public le 27 septembre 2013,

- Le volume du groupe de travail 2 sur les impacts, les vulnérabilités, l’adaptation au changement climatique (publication en mars 2014),

- Le volume du groupe de travail 3 sur l’atténuation du changement climatique (avril 2014).

- Le rapport de synthèse sera publié en octobre 2014.

Les éléments qu’il contiendra devront être pleinement pris en compte dans le cadre de l’élaboration de l’accord sur le climat de 2015, afin qu’il soit suffisamment ambitieux pour répondre au défi du changement climatique.

Mis à jour : septembre 2013


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