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Lutte contre la désertification et gestion durable des terres

Brève

Environnement - Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification - Participation d’Annick Girardin à la 12e conférence des Etats parties (Ankara, 20-21 octobre 2015)

Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la Francophonie, se rend les 20 et 21 octobre à Ankara pour participer à la 12e conférence des Etats parties de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification.

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Promouvoir la lutte contre la désertification et la gestion durable des terres

Le sol est une ressource naturelle indispensable pour ses fonctions environnementales, sociales et économiques : il permet l’agriculture, offre l’espace nécessaire à l’habitat et aux diverses activités humaines, héberge de nombreuses espèces vivantes et stocke d’autres ressources naturelles tels que l’eau, les minerais, les ressources et combustibles fossiles.

A l’échelle de chaque zone écologique, l’altération de la qualité des sols et la perte conjointe des services environnementaux associés vont entrainer une dégradation des terres marquée par des changements dans leurs vocations et leur mise en valeur.

Dans les milieux arides, semi arides et subhumides secs (voir carte des zones sèches) qui constituent plus de 40% des terres de notre planète, cette ressource est menacée par la désertification. Cette forme particulière de dégradation des sols est un processus de perte progressive de productivité, du fait des activités humaines (pratiques agricoles et pastorales inadaptées, déforestation, surpâturage, prélèvement excessif de bois de chauffe etc.) et des variations climatiques. (La désertification est définie dans le texte de la CNULCD comme « la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et des activités humaines ».)

La désertification affecte principalement les populations les plus pauvres, vivant dans des milieux fragiles, et particulièrement vulnérables face à la dégradation progressive des ressources naturelles. Selon la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD – UNCCD), 1,5 à 2 milliards de personnes, dans plus de cent pays, seraient menacées par ce phénomène de désertification. Les pays les plus exposés sont les pays africains, au nord comme au sud du Sahara.

Les conséquences socio-économiques et environnementales de la désertification et de l’inaction dans ce domaine sont importantes : augmentation de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire, diminution de la capacité de stockage du carbone dans les sols, alors qu’ils représentent 90% du potentiel de l’agriculture en matière d’atténuation du changement climatique, appauvrissement de la biodiversité, intensification des risques de conflits et de migrations incontrôlées, etc… Dans les pays sub-sahariens, les coûts annuels de la dégradation des terres se situeraient entre 1 et 10% du PIB agricole, qui représente souvent 40 à 50% du PIB national pour ces pays.

Pourtant, des solutions concrètes existent pour lutter contre la désertification, restaurer les terres dégradées et ainsi mieux mettre en valeur le potentiel écologique et socio-économique des zones affectées. Les pratiques de gestion durable des terres (GDT), tels que l’agro-écologie, permettent ainsi de préserver les sols et leurs écosystèmes, dans une approche combinant la gestion des ressources naturelles (eau, sols et ressources végétales) et la prise en compte des facteurs institutionnels (notamment aspects fonciers) et sociaux.

Un des enjeux réside dans l’accompagnement des agriculteurs et des éleveurs des zones sèches dans leurs efforts de préservation et de réhabilitation de leur capital productif « sols », tout en prenant en compte et en valorisant les savoir-faire locaux.

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD-UNCCD) ou « Convention désertification »

Au regard de l’ampleur du phénomène et des enjeux liés à la lutte contre la désertification, les Etats ont négocié, suite à la Conférence de Rio de 1992, une convention internationale sur la lutte contre la désertification : la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD-UNCCD). Cette convention, signée à Paris le 17 juin 1994, est entrée en vigueur en décembre 1996. Ratifiée par 196 Parties, dont la France en mars 1997, la CNULCD constitue l’enceinte internationale privilégiée pour traiter du phénomène de désertification et de dégradation des terres en zones sèches. Elle se distingue des deux autres conventions issues de Rio (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et Convention sur la diversité biologique (CDB)) par sa priorité accordée à l’Afrique, le lien explicite entre lutte contre la pauvreté et protection de l’environnement et la dimension participative de sa mise en œuvre.

La mise en œuvre de la convention repose sur une stratégie décennale (2008-2018) dotée de quatre objectifs stratégiquesqui a été adoptée lors de la 8e Conférence des Parties (C0P8) qui s’est tenue à Madrid, en Espagne, en 2007. Elle vise à :

  • améliorer les conditions de vie des populations affectées par la désertification ;
  • améliorer l’état des écosystèmes dégradés ;
  • dégager des avantages globaux (lutte contre la faim, contre les migrations forcées et contre les conflits environnementaux, préservation de la biodiversité, séquestration du carbone) ;
  • mobiliser les ressources en faveur de la mise en œuvre de la Convention.

Pour ce faire, la Convention s’appuie sur un secrétariat exécutif, dirigé depuis octobre 2013 par une française, Mme Monique Barbut. Elle dispose par ailleurs d’un instrument chargé de mobiliser les ressources internationales et nationales en faveur de sa mise en œuvre, le mécanisme Mondial (MM).

Lors de la 11e Conférence des Parties (COP11) qui s’est tenue à Windhoek, en Namibie, en 2013, les Parties à la Convention ont décidé de doter la CNULCD d’une interface science politique (SPI). Cette interface a pour mission de traduire les données scientifiques en recommandations utiles à la prise de décisions politiques et d’interagir avec les plateformes scientifiques existantes, tels que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) ou le panel d’experts sur les sols du Partenariat Mondial sur les Sols (ITPS du GSP).

Enjeux

1. Etablir des cibles nationales pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres

La lutte contre la désertification et la dégradation des terres constitue un enjeu majeur pour le développement durable. La communauté internationale s’est fixée, en septembre dernier, l’objectif de tendre vers un monde neutre en matière de dégradation des terres (objectif du développement durable n°15 - cible 15.3).

Lors de la dernière COP de la Convention désertification qui s’est tenue en Turquie en octobre 2015 (COP12), les Parties ont reconnu l’importance de la Convention pour atteindre les ODD et, plus particulièrement, la cible 15.3 relative à la neutralité en matière de dégradation des terres (LDN). Les pays affectés par la désertification ont ainsi été invités à se fixer des cibles nationales volontaires pour atteindre la LDN et à explorer des options sur la manière d’intégrer ces cibles dans leurs politiques publiques dans le cadre de la mise en œuvre plus globale des ODD, à l’échelle nationale. Pour ce faire, les pays seront appuyés par le mécanisme mondial de la convention via un programme dédié auquel la France contribuera notamment par la mise à disposition d’une expertise technique.

2. Développer une nouvelle stratégie pour la Convention

La stratégie actuelle de la Convention s’achevant en 2018, la dernière COP a décidé d’établir un groupe de travail intergouvernemental en charge de proposer le futur cadre stratégique de la Convention. Les conclusions de ces travaux devraient être présentées lors de la COP13 de la CNULCD, en automne 2017. La France contribuera activement à la définition des positions européennes qui seront portées par le représentant de l’Union européenne dans ce groupe de travail.

Positions de la France

L’appui à la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNULCD) est un axe fort et constant de la politique de coopération française en matière d’environnement et de développement durable. Ainsi, sur la période 2012-2013, 200 millions d’euros ont été investi chaque année en appui aux initiatives de lutte contre la désertification et la dégradation des terres.

La lutte contre la désertification est inscrite dans les stratégies sectorielles du Comité interministériel de la coopération internationale et le développement (CICID) (« Protection de l’environnement » et « Agriculture et sécurité alimentaire »). Les principes d’action de la France dans ce domaine sont déclinés dans la Stratégie française de lutte contre la désertification de 2006, établie en concertation avec l’ensemble des acteurs français concernés (société civile, ministères, opérateurs de développement…). Ce document stratégique définit les actions à entreprendre à tous les niveaux appropriés (mondial, régional, sous-régional, national et local) avec les acteurs du développement et de la société civile, afin de créer des conditions favorables à la mise en œuvre d’actions locales bénéficiant directement aux populations touchées par la désertification.

Par ailleurs, la France estime que l’intégration de la problématique sols dans les politiques sectorielles, notamment agricoles, et dans les stratégies de réduction de la pauvreté des pays en développement affectés, est un enjeu majeur.

La France encourage également le renforcement des synergies entre les trois Conventions de Rio, dans le but de favoriser une approche intégrée des enjeux « climat », « biodiversité », « désertification » et « développement ». En particulier, la France met en avant le rôle crucial des sols pour la sécurité alimentaire mondiale, l’adaptation des populations au dérèglement climatique et la séquestration de carbone. A ce titre, la France a lancé, le 1er décembre 2015, lors de la 21ème conférence des Parties de la convention cadre des nations Unies sur les changements climatiques (COP21), l’initiative « 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat ». Cette initiative a été reconnue comme solution agricole innovante pour contribuer à la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre et à l’adaptation, avant 2020 et sur le long terme, dans le cadre du Plan d’action Lima Paris (LPAA).

Dans le domaine de la lutte contre la désertification, les autorités françaises ont développé des partenariats solides et travaillent de manière concertée avec la société civile française ainsi que la communauté scientifique. La société civile, partenaire clef pour la mise en œuvre de cette stratégie, s’exprime au travers du Groupe de travail désertification (GTD), plate-forme d’acteurs de solidarité internationale mobilisés dans le domaine de la lutte contre la désertification et la dégradation des terres et la gestion des ressources naturelles. Animé par l’ONG « CARI », ce collectif fait connaître les enjeux relatifs au processus de désertification. La communauté scientifique est représentée par le Comité scientifique français de la désertification (CSFD), qui contribue activement aux travaux du Comité Scientifique et Technique et de l’interface science politique de la CNULCD.

L’action de la France s’organise autour de plusieurs axes :

  • soutien technique et financier à la Convention Désertification et participation active aux différentes réunions des organes de la Convention et aux travaux de cette dernière ;
  • appui à la structuration sous-régionale en Afrique : la France apporte notamment son soutien financier et/ou technique à l’Observatoire du Sahara et du Sahel et au Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel ;
  • appui à des initiatives multilatérales : la France apporte un soutien technique à l’initiative Banque mondiale/Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) TerrAfrica visant à augmenter le niveau et l’efficacité des investissements pour la gestion durable des terres en Afrique subsaharienne ;
  • Financement de projets de coopération : l’Agence française de développement (AFD) et le fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) financent des projets contribuant au développement durable des territoires ruraux des pays affectés par la désertification. Sur la période 2012-2013, le niveau d’engagement annuel a atteint 200 M€.

Échéances

- 15e réunion du Comité chargé de l’examen et de la mise en œuvre de la Convention (CRIC15, date et lieu à préciser)

La 15e réunion du comité chargé de l’examen et de la mise en œuvre de la Convention sera une session essentielle pour le futur de la Convention puisqu’y seront notamment discutés les résultats intermédiaires :

  • du programme d’appui du mécanisme mondial à l’établissement des cibles nationales de LDN ;
  • du groupe intergouvernemental en charge de proposer le futur cadre stratégique de la convention.

- Journée mondiale de la lutte contre la désertification (17 juin)

Comme chaque année depuis 1995, la Journée mondiale de la lutte contre la désertification permettra de sensibiliser le public à la lutte contre la désertification et les effets de la sécheresse.

- 13e Conférence des Parties de la convention désertification (COP13, automne 2017, lieu à préciser)

La prochaine Conférence des Parties de la Convention (COP13) se tiendra en automne 2017. Les résultats obtenus par les pays dans l’établissement et la mise en œuvre de leurs cibles nationales pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres devraient y être présentés et des décisions seront prises sur la future stratégie de la Convention.

Documents de référence

Mise à jour : 25.03.16

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