Le patient recentré au cœur du système de soins

Suède

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Suède | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie | Big Data | Médecine individualisée
5 octobre 2017

Replacer le patient au cœur du système de santé, telle est la nouvelle vision guidant la refonte des soins en Suède, réponse à la quête d’une prise en charge des patients toujours plus performante et à coûts contrôlés.

Melvin Samson, directeur de l’hôpital Karolinska le rappelle bien lorsqu’il proclame « le patient d’abord ». Selon lui, le patient ne doit plus avoir à se déplacer entre de multiples services et le ‘’médecin du futur’’ doit passer d’une position dominante, quasi-divine, à une position de guide. Parallèlement, le ‘’patient du futur’’ évoluera d’une position passive à une position active. Pour se faire, de multiples moyens sont mis en place, et notamment une large utilisation des outils numériques et des « Big Data » dans le milieu de la santé.
C’est une des raisons pour lesquelles l’édification du nouvel hôpital Karolinska, débutée en 2012, est coordonnée avec la mise en place d’une organisation innovante du système de soins sous la houlette du centre d’innovations de l’hôpital (Innovationsplatsen). Cette nouvelle organisation prévoit 7 sphères principales : la santé de l’enfant et de la femme, la prise en charge du cœur et des vaisseaux, la neurologie, les pathologies cancéreuses, la traumatologie et la médecine réparatrice, l’inflammation et infection, la médecine du grand âge. Ces sept domaines peuvent être envisagés selon plusieurs circonstances médicales : situation aiguë, en période intensive ou post opératoire ou encore, en simple consultation.

Dans ce système particulier, la pathologie du patient, aussi transversale soit elle, a toutes les chances de voir ses caractéristiques classée parmi l’une de ces grandes sphères. Ainsi, ce sont dorénavant les spécialistes qui se déplacent d’un service à l’autre (un médecin spécialisé en infectiologie aura par exemple à se déplacer entre la sphère Cœur et vaisseaux, Neurologie, Inflammation et Infection, Grand Âge) et non plus le patient, ce qui n’est pas sans nécessiter un effort réel d’adaptation, parfois difficile, de la part des médecins.
Par ailleurs, cette réforme s’appuie sur de nouvelles agences publiques, créées pour accompagner cette évolution à l’exemple de l’Agence de e-santé (eHälsomyndigheten) qui coordonne les initiatives du gouvernement dans le domaine. Cette agence a soutenu l’élaboration d’un service appelé « Health for Me » qui est un compte personnel de santé dans lequel chaque personne peut enregistrer ses informations de santé et ainsi disposer d’une vue d’ensemble présentant sa santé. Il est également possible d’y télécharger ses ordonnances électroniques afin qu’elles soient transférées dans toutes les pharmacies, au niveau national et international. Une partie de la gestion des soins est ainsi déléguée au patient qui n’est plus simplement un patient au sens étymologique du terme mais bel et bien une personne active et, de ce fait, décisionnaire. A terme, cette politique basée sur un engagement personnel et la responsabilisation de chacun vis-à-vis de sa propre santé, ambitionne d’établir un système de soin dont l’équilibre reposerait sur une meilleure prévention et non plus les traitements curatifs.

Rédactrice : Anaïs Charon
contact : clement.brousse[at]diplomatie.gouv.fr

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