Ecosystème de la Recherche et de l’Innovation à Singapour

Singapour

Brève
Singapour | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
24 août 2016

Singapour est classé régulièrement comme l’un des pays du monde les plus propices à l’innovation et à la création d’entreprise, et avec un volume de dépenses dans la Recherche et le Développement (R&D) évalué à 2.3% du PIB.La Cité-état a su créer de véritables hub innovants regroupant géographiquement les principaux acteurs de la Recherche structurés sous forme de clusters dynamiques. Premier pays du classement pour la facilité à faire des affaires (Banque Mondiale), avec plus de 50 000 postes en R&D et de nouveaux financements conséquents, Singapour mise sur l’innovation comme "ressource" stratégique et nouveau pilier à visibilité internationale.

Ecosystème et Innovation

L’écosystème de R&D singapourien favorise les liens entre institutions publiques, universités, centres de recherche et entreprises, via des clusters et des projets communs avec transfert technologique. De plus, la petite taille de Singapour lui impose un vivier de chercheurs limité, et donc la nécessité d’établir des priorités. Les axes stratégiques et les priorités de recherche, et donc de financement, sont déterminés par le gouvernement, via des plans quinquennaux notamment, permettant d’injecter d’importantes sommes dans la recherche et l’innovation. Cette organisation en matière d’innovation technologique a permis à Singapour de se classer à la 2ème place dans le classement World Economic Forum 2016 (Global Competitiveness Report).

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Le nouveau plan quinquennal RIE2020 consolide le dynamisme de l’innovation et des efforts de recherche multidisciplinaires à Singapour. Ce plan 2016-2020 émis par le RIEC (Research, Innovation and Enterprise Council) réinjecte plus de S$ 19 milliards, en augmentation de 18% par rapport au plan précédent.
Un exemple de secteur porté par cet effort d’investissement est la R&D biomédicale (Health and Biomedical Sciences (HBMS) qui implique plus de 7 000 chercheurs au sein de plus de 50 entreprises, des universités, et de 30 instituts du secteur public.

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Cartographie

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Carte du paysage de la R&D à Singapour (crédits : Agency for Science, Technology and Research)

Carte du paysage de la R&D à Singapour (source avant édition : Agency for Science, Technology and Research )

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Clusters existants

Singapour a choisi de créer des infrastructures qui réunissent étroitement instituts de recherche publics, laboratoires privés et des agences gouvernementales, pour stimuler les collaborations et l’innovation. De plus, cette stratégie permet de proposer des services coordonnés, une synergie, et une économie d’échelle. Ainsi les universités et instituts de recherche sont incités à nouer des alliances stratégiques avec les entreprises, de la multinationale aux PME, pour réaliser des consortia de recherche. Ces alliances sont un moyen d’attraction de l’activité de R&D et d’innovation des entreprises à Singapour.

Le principal projet de cluster scientifique a été réalisé à One North, géographiquement proche du campus de NUS, la principale université singapourienne, qui comprend Biopolis et Fusionopolis. Avec 18 entités de recherches, centres et consortiums situés principalement à Biopolis et Fusionopolis, A*STAR représente la communauté de recherche la plus large de Singapour. L’effectif humain est de plus de 5 200 personnes dont 4 300 chercheurs et techniciens.

Biopolis

Ce site, créé en 2003, regroupe des acteurs privés et publics qui mènent des recherches dans le domaine de la biologie. Il s’agit de huit bâtiments principaux qui portent des noms évocateurs de leurs activités, comme Immunos, Neuros ou Proteos. Les six domaines clés d’activité sur lesquels se concentre l’effort de recherche de Biopolis sont, la recherche génétique sur le cancer, les cellules souches et la médecine régénérative, les maladies infectieuses et l’immunologie, les maladies métaboliques, la biologie du développement cellulaire, et l’ingénierie biomédicale .

Fusionopolis I et II

Ce centre regroupe les activités dans un domaine technique particulier qui constitue le point commun de tous les acteurs de Fusionopolis, les sciences de l’ingénieur et les nouvelles technologies. On retrouve, au sein de Fusionopolis, A*STAR et trois de ses instituts de recherche, orientés vers les sciences et l’ingénierie. Est également présente la Media Development Authority qui est autant une autorité de développement que de régulation.

Mediapolis

C’est un projet du même type que Biopolis et Fusionopolis mais sur un secteur différent, celui des médias. Le but est de créer un centre de recherche regroupant des acteurs variés mais réunis par leurs domaines d’activités. Ce projet est récent et devrait être totalement achevé en 2020. Le géant des médias et de la diffusion publique, MediaCorp, s’y est installé en 2015.

Campus for Research Excellence and Technological Enterprise (CREATE)

CREATE est un ambitieux projet de recherche collaborative lancé par la NRF. Le projet consiste à travailler avec les universités internationales les plus reconnues et les centres de R&D des entreprises privées pour développer des projets de recherche innovants. CREATE a donc pour but de réunir ces différents acteurs au sein d’un même campus créé spécialement pour cela. Le but est de favoriser le transfert de technologies, les coopérations privé-public, la création de start-up et les projets de recherche innovants. Le campus en lui-même est composé de trois bâtiments pour une surface de 67.000 m² et une capacité d’accueil d’environ 1200 chercheurs. Le coût total des travaux dépasse les 200 millions d’euros.
La première institution étrangère à avoir officiellement pris part à ce projet est l’Institut Technologique du Massachussetts (MIT). Ont ensuite suivis l’Institut Technologique Fédéral Suisse de Zurich (ETH) ainsi que l’institut technologique Technion-Israël. L’Université de Jérusalem, l’Institut Technologique de Munich (TUM), l’Université de Berkeley et l’Université de Ben-Gourion ont ensuite rejoint le projet CREATE. Les trois dernières à avoir pris part à ce projet sont l’Université de Pékin, l’Université de Shangaï Jiao Tong et l’Université de Cambridge.

[Pour consulter le site internet de CREATE, cliquez-ici]

Les Universités

Les universités à Singapour (le nombre d'étudiants par université fluctue par semestre et les thématiques décritent n'ont pour vocation que d'aider le lecteur à se rendre compte des spécialités de chaque université)

Six universités nationales à Singapour sont financées sur des fonds publics : 5 universités autonomes (NUS, NTU, SMU, SUTD et SIT) et une université privée (UniSIM). Grâce à leur statut d’autonomie, les universités ont une flexibilité de stratégie et d’innovation pour pouvoir se différencier entres elles, dans leur quête à l’excellence en terme d’éducation, de recherche et de service.

Il existe actuellement cinq universités autonomes à Singapour délivrant des diplômes nationaux. Les deux premières universités, la National University of Singapore (NUS) et la Nanyang Technological University (NTU) sont situées à proximité des parcs technologiques, qui accueillent de nombreuses entreprises. La troisième université, Singapore Management University (SMU), à vocation économique et commerciale, s’est installée à la rentrée 2005 sur un nouveau campus de 4,5 hectares au cœur du centre-ville pour être proche du quartier d’affaires et des banques. Une quatrième université, Singapore University of Technology and Design (SUTD), a accueilli ses premiers étudiants en avril 2012 afin de soutenir la demande croissante de formation universitaire.
Depuis 2009, le Singapore Institute of Technology (SIT), vise à fournir une éducation diplômante complémentaire aux élèves des écoles polytechniques, de type licence professionnelle. Elle est devenue une université autonome en 2014 et propose donc ses propres diplômes depuis.

Autres clusters

Le Bioprocessing Technology Institute (BTI) d’A*STAR est un centre de recherche dédié à l’industrie biologique dans lequel les partenaires privés (Baxter, GlaxoSmithKline, Lonza, Roche) ont investi 2 Milliards SGD dans des projets de R&D, avec 1000 emplois à la clé.
Il existe également des clusters thématiques d’entreprises locales et internationales, développés par JTC Corporation, qui bénéficient d’infrastructures et de services partagés :
MedTech Hub dans les technologies médicales, créé en 2012 .
Surface Engineering Hub, créé en 2012 sur l’ingénierie de surface des métaux, appliquée à différents secteurs industriels .
Chemistry Hub, ou des entreprises chimiques telles que 3M, Bayer ou BASF sont co-localisées à Jurong Island avec l’ICES (Institute of Chemical and Engineering Sciences) d’A*STAR .

Rédacteur :
Antoine de Marassé – Chargé de mission scientifique (Sciences de l’Ingénieur) – Institut Français Singapour – Ambassade de France – antoine.demarasse chez ambafrance-sg.org

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