Une équipe de chercheurs portugais découvre un mécanisme de protection contre le sepsis.

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Portugal | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie | Médecine individualisée
11 juillet 2017

Une équipe dirigée par le chercheur portugais Miguel Soares a découvert un nouveau mécanisme ayant un effet protecteur contre le sepsis, une infection propagée par les différentes parties du corps et qui peut être mortelle.
L’étude est publiée jeudi dans la revue Cell et a été divulguée dans un communiqué de presse par l’Institut Gulbenkian des sciences (à Oeiras), appartenant à l’institution Miguel Soares.

Au cours des cinq dernières années, cette équipe a émis l’hypothèse que les patients qui résistent au sepsis développent une réponse protectrice qui maintient la fonction des organes vitaux, conférant une tolérance à l’infection.
« En utilisant des modèles expérimentaux du sepsis chez les rats, l’équipe Miguel Soares a découvert un mécanisme essentiel pour développer une tolérance, » selon le communiqué publié. Pour développer cette tolérance à l’infection, il est nécessaire de savoir comment les niveaux de fer sont contrôlés dans les différents tissus. Il était déjà connu que la forme du développement (pathogenèse) du sepsis est associée à une dérégulation du métabolisme du glucose (sucre).

« Ce que nous venons de découvrir est que ces deux phénomènes sont étroitement liés. Le contrôle du métabolisme du fer est nécessaire pour maintenir la production de glucose dans le foie, de telle sorte que ce sucre peut être utilisé comme une source essentielle d’énergie à d’autres organes » souligne le chercheur Miguel Soares, selon le communiqué.

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Miguel Soares - Source : Público.pt

Le chercheur Sebastian Weis, en post-doctorat avec Miguel Soares, a infecté des souris de laboratoire avec le sepsis et a comparé la progression de la maladie avec d’autres souris disposant ou non de ferritine, une protéine qui contrôle le fer dans le foie. Il a ainsi découvert que la ferritine était absolument nécessaire au foie, afin qu’il produise du glucose après l’infection, et de fait, protéger la souris du sepsis.

Les résultats des expériences menées à l’Hôpital Universitaire de Jena en Allemagne, montrent que la ferritine contrôle la production de glucose dans le foie, de manière à ce que les niveaux de glucose dans le sang soient toujours maintenus dans les limites permettant la survie. Sans ferritine, les niveaux de glucose descendent de manière constante, et les souris succombent au sepsis, comme l’indique le chercheur Sebastian Weis.

La raison pour laquelle la ferritine est nécessaire au foie pour la production de glucose réside dans le mécanisme moléculaire qui contrôle l’activité d’un ou plusieurs gènes impliqués dans le processus. La chercheuse Ana Rita Carlos, à l’origine de cette découverte, indiquait notamment que bien que le fer soit nécessaire aux fonctions cellulaires vitales, il doit être contrôlé dans la zone du foie, pour ne pas interférer avec la production de glucose. Le mécanisme moléculaire à travers duquel ce processus s’effectue dépend de la production de ferritine, un complexe protéique qui lie le fer et évite que celui-ci interfère avec la production de glucose.

A l’heure actuelle, le chercheur Miguel Soares considère que ces recherches n’ont pas de potentiel commercial immédiat, mais peuvent servir à traiter cette maladie sérieuse, touchant près 18 millions de personnes par an, pour 1400 décès par jour dans le monde.

Le système immunitaire d’un individu infecté tente d’éliminer les micro-organismes responsables de l’infection, dans de nombreux cas avec succès, mais provoque au cours de ce processus des changements importants dans le fonctionnement normal des organes vitaux comme le cerveau, le cœur, le foie, les reins et les poumons. Dans les cas plus graves, la pression artérielle diminue également et ces organes s’arrêtent de fonctionner, entraînant la mort du patient.

Sources :

Rédacteur : Amaury HOCQUET, Chargé de coopération scientifique à l’Institut Français du Portugal amaury.hocquet[at]ifp-lisboa.com

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