Evaluation de la stratégie néerlandaise des secteurs de pointe

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Pays-Bas | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
5 septembre 2017

Six ans après le lancement de la stratégie néerlandaise des secteurs de pointe, un rapport souligne l’impact positif de cette stratégie sur les systèmes d’innovation mais relève que la prédominance de la dimension économique a conduit à peu d’innovations radicales.

Depuis 2011, les Pays-Bas mettent en œuvre la stratégie des secteurs de pointe (« topsectors »), portée par le Ministère des affaires économiques, en coopération avec le Ministère de l’éducation, de la culture et de la recherche. Cette stratégie cherche à mettre en place une plateforme afin de permettre aux entreprises, aux universités et centres de recherche et au gouvernement de créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre d’un système d’innovation efficace et de répondre aux défis sociétaux actuels. L’objectif est double : renforcer la compétitivité des Pays-Bas dans les secteurs pour lesquels ils disposent d’un avantage comparatif et créer les conditions nécessaires à l’innovation (capital humain, législation…). Pour la période 2016-2019, neufs domaines ont été identifiés : chimie, industries créatives, énergies, systèmes et matériels haute technologie, logistique, sciences de la vie, matières premières, eau et agriculture et alimentation.

A la demande du Ministère des affaires économiques, un rapport d’évaluation de la stratégie des secteurs de pointe a été présenté par le cabinet Dialogic avant l’été 2017 (Evaluation Topsectoraanpak). Selon ce rapport, la stratégie des secteurs de pointe serait globalement efficace : cette stratégie aurait renforcé les systèmes d’innovation en créant une dynamique au sein de secteurs auparavant fragmentés. La stratégie aurait notamment permis de mettre en place des programmes de recherche plus axés sur la demande dans les universités et centres de recherche, de renforcer le capital humain et de promouvoir les exportations.

Le rapport soulève également plusieurs limites pour cette approche. La dimension économique de la stratégie serait prédominante : la définition des secteurs de pointe a été faite en fonction des intérêts économiques et non pas des défis sociétaux. Par ailleurs, en se concentrant sur la dimension économique et les aspects structurels (mise en réseau des acteurs…), peu de nouvelles connaissances innovantes auraient été produites.

Enfin, le rapport identifie plusieurs recommandations afin d’améliorer l’approche des secteurs de pointe dans les prochaines années :

  • Définir de manière plus précise l’organisation, les objectifs et la gouvernance des secteurs de pointe afin d’en améliorer la transparence ;
  • Ne pas impliquer uniquement les universités de recherche mais renforcer la participation des régions et des universités des sciences appliquées ;
  • Définir les secteurs de pointe en fonction des défis sociétaux et non pas uniquement des intérêts économiques ;
  • Renforcer la dimension transversale des secteurs de pointe afin d’encourager les innovations.

Le rapport a été transmis au Parlement néerlandais et ses conclusions devraient être débattues au cours des prochains mois.

Plus d’informations :
Rapport « Evaluatie Topsectorenaanpak », Dialogic, 07/04/2017

Source  :
« Miljarden voor topsectoren leveren nauwelijks baanbrekende innovaties op », 27/07/2017, Het Financieele Dagblad

Rédacteur  : Emilie Baffie, emilie.baffie[at]diplomatie.gouv.fr

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