Les instituts de recherche en sciences sociales à l’honneur

Norvège

Rapport
Norvège | Sciences Humaines et sociales
24 février 2017

Le Conseil National de la Recherche a rendu public un rapport d’évaluation des instituts de recherche en sciences sociales norvégiens, réalisé au cours de l’année 2016 par un panel de chercheurs en sciences sociales.

Les instituts de recherche sont des organisations à but non lucratif, financés en partie par des subventions publiques et en partie par des bourses ou sur projet. En sciences sociales, les instituts (abrégés en « IRSS » dans cet article) travaillent sur des domaines variés, du développement international à l’éducation.

Réalisées périodiquement, de telles évaluations visent à obtenir un panorama des performances des instituts financés par le Conseil National de la Recherche par rapport aux objectifs de pertinence, de qualité et de formation qui leurs sont fixés. La présente évaluation a été effectuée à partir d’une grande variété de supports, tels que des questionnaires d’autoévaluation, des entretiens, une analyse bibliographique et statistiques, ainsi que des cas d’études proposés par les instituts eux-mêmes.

LES INSTITUTS DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES NORVEGIENS

Mis à part le Chr. Michelsen Institute, créé en 1930, la majorité des IRSS ont été fondés après la seconde guerre mondiale. D’abord dans les principales villes (Oslo, Trondheim, Bergen) puis, dans les années 70-80, dans des villes secondaires dans le cadre d’une politique de développement régional.

L’évaluation de 2016 concerne 24 instituts, répartis en 3 catégories :

  • Les instituts à orientation internationale ;
  • Les instituts travaillant sur problématiques sociétales ;
  • Les instituts à ancrage régional.

Une évaluation de chacun des instituts est disponible dans le rapport complet.
Le secteur des instituts en général occupe une part importante de la recherche en Norvège, avec une part de 23% des dépenses nationales en R&D (11 millions de couronnes). Le Conseil national de la recherche joue un rôle prépondérant depuis 2009, en prenant en charge l’attribution des financements pour tous les instituts. Auparavant, les différents ministères nationaux étaient responsables des instituts relevant de leur domaine de compétence.

RESULTATS DE L’EVALUATION

Selon les évaluateurs, les IRSS sont un véritable atout national.
Ils effectuent une recherche plus appliquée que les laboratoires universitaires, en étroite coopération avec leurs partenaires et « clients ». En parallèle, ils maintiennent des axes de recherches fondamentaux, contrairement aux consultants privés.

Chaque institut se constitue ainsi en « porteur de savoir », assurant la continuité d’une ligne de recherche dans un domaine donné. Les connaissances produites par les IRSS bénéficient à l’établissement des politiques publiques. Les instituts nationaux, centrés sur l’Etat-providence et les problèmes sociétaux, tendent naturellement à remplir les besoins des autorités publiques. De même, les instituts régionaux sont plus connectés aux besoins des politiques locaux. Par ailleurs, plus d’un tiers des instituts s’adresse explicitement au secteur économique.

Les coopérations internationales, essentielles en sciences sociales, sont bien présentes parmi les IRSS. Ils participent aux programmes européens et ont ainsi reçu 12m€ dans le cadre de FP7 et 4,7m€ dans le cadre de H2020.

Les IRSS participent également à la formation des chercheurs, en accueillant 35 doctorants par an en moyenne.

L’évaluation souligne deux principaux problèmes :

  • Le recrutement à l’extérieur d’Oslo, en particulier à cause de la difficulté pour le partenaire du chercheur de trouver du travail dans la même région, et à cause de la concurrence des universités ;
  • L’accès aux bases de données et aux bibliothèques pour les instituts les plus petits.

RECOMMANDATIONS

Le panel clôt le rapport par une série de recommandations destinées au gouvernement, au conseil national de la recherche et aux instituts eux-mêmes.
Il préconise notamment aux gouvernements de revoir l’organisation du travail entre les universités et les instituts, en prenant en compte les singularités des instituts ; et au Conseil National de la Recherche d’adapter ses critères de financement, créés pour les sciences naturelles, aux sciences sociales.

NB : L’utilisation d’études de cas pour l’évaluation des impacts

Cette technique est inspirée de UK Research Excellence Framework. 71 études de cas visant à montrer les impacts sociétaux des IRSS ont été soumises. Leur analyse a permis de montrer un large éventail d’impacts, tant sur l’entrepreneuriat que sur le secteur public, l’éducation ou l’environnement. L’hétérogénéité des cas rend l’évaluation difficile, mais le panel évaluatif encourage le RCN à perfectionner ce moyen d’évaluation.

Article original et rapport

Rédactrice : Camille Crapart

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