Fujitsu va construire le superordinateur le plus puissant du Japon pour les universités de Tokyo et de Tsukuba

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Brève
Japon | Sciences et technologies de l’information et de la communication : TIC, télécoms, micro-nanotechnologies, informatique | Big Data
24 mai 2016

Fujitsu a annoncé la commande d’un superordinateur de 25 pétaflops pour le centre conjoint de l’Université de Tokyo et de l’Université de Tsukuba dédié au Calcul haute performance, soit plus du double de la puissance de calcul de la machine japonaise étendard actuelle, le K computer [1].

L’Université de Tokyo et l’Université de Tsukuba ont annoncé la commande à Fujistsu d’un superordinateur de 25 pétaflops qui sera déployé dans le centre conjoint dédié au calcul haute performance opéré par les deux universités (JCAHPC - « Joint Center for Advanced High-Performance Computing » [2]). Le superordinateur, baptisé « Oakforest-PACS » ou « post T2K system », consistera en un cluster de 8208 serveurs Fujitsu x86 « PRIMERGY » et son lancement est prévu pour décembre 2016. Le cluster sera installé sur le site de recherche du campus de Kashiwa-no-Ha de l’Université de Tokyo (à mi-chemin entre Tokyo et Tsukuba).
Le centre JCAHPC est le premier centre de collaboration où des universités opèreront conjointement un système unique.

Le système sera basé sur les processeurs Intel Xeon Phi « Knights Landing » (et des interconnexions à grande vitesse « Omni-path », optimisées pour le parallélisme) et est censé être très compact, puisque 8 nœuds de calcul devront tenir dans des châssis 2U [3]. Le système utilisera également les dernières technologies de refroidissements à l’eau chaude (« hot water cooling technology »). Fujitsu sera également chargé de fournir un middleware (Software Technical Computing Suite) afin de permettre une affectation optimale des tâches et un système de gestion global du système.

Ces caractéristiques lui permettraient de devenir ainsi le supercalculateur le plus puissant du Japon, devant le célèbre K computer, qui avait permis au pays de détenir la machine la plus puissante au monde entre 2011 et 2012 (la machine la plus puissante actuellement, Tianhe-2, est située en Chine). Pour avoir un ordre d’idée, la puissance de calcul estimée du « T2K Open Supercomputer » lui permettrait d’être classé deuxième au dernier classement du Top500 (classement biannuel des supercalculateurs les plus puissants au monde [4]).

Le système sera accessible pour les chercheurs des deux universités et également au niveau national, puisqu’intégré à l’infrastructure partagée HPCI [5] (« High Performance Computing Infrastructure »). Il servira également pour former les étudiants au Calcul haute performance.

L’Université de Tokyo et l’Université de Tsukuba avaient lancé dès 2006 avec l’Université de Kyoto un programme de design de spécifications conjointes pour un système de Calcul haute performance (le « T2K Open Supercomputer », T2K pour Tokyo-Tsukuba-Kyoto []), mais dans lequel chacune des trois institutions possédaient leurs propres clusters x86. Les systèmes de l’Université de Tokyo et de Tsukuba ayant été arrêtés en 2014, les deux universités ont décidés de déployer un superordinateur commun, qu’ils opéreront conjointement.

Le projet montre le dynamisme du Japon dans le domaine du Calcul haute performance, alors que les détails du projet Flagship 2020, qui vise à redonner le leadership mondial au Japon d’ici 2020, doivent être annoncés en 2016.

Sources
Communiqué de presse du JCAHPC (en anglais), 10 mai 2016 : http://jcahpc.jp/files/release_en_160509.pdf
Article de Inside HPC, 10 mai 2016 (en anglais) « Fujitsu to Build 25 Petaflop Supercomputer at JCAHPC in Japan » : http://insidehpc.com/2016/05/fujitsu-receives-order-for-new-supercomputer-system/
Communiqué de presse de Fujitsu, 10 mai 2016 (en anglais) : « Fujitsu Receives Order for New Supercomputer System » : http://www.fujitsu.com/global/about/resources/news/press-releases/2016/0510-02.html

En savoir plus
[1] Pour plus de détails : rapport sur le Calcul haute performance au Japon (avril 2016) : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/japon/article/rapport-sur-le-calcul-haute-performance-au-japon
[2] Le site du JCAHPC (en japonais) : http://jcahpc.jp/
Présentation au JCAHPC (en anglais) : http://www.ccs.tsukuba.ac.jp/files/ex-review/JCAHPC-ccs-eval-2014.pdf?bcsi_scan_96404f7f6439614d=1&bcsi_scan_76859af71b923077=0&bcsi_scan_filename=JCAHPC-ccs-eval-2014.pdf
[3] Un « U » (pour Rack Unit) est une unité de mesure standard utilisée pour désigner la taille des modules informatiques à monter les uns au-dessus des autres dans des racks (utilisé pour les serveurs, datacenters, etc.) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rack_19_pouces
[4] Classement du Top500 de novembre 2015 (en anglais) : http://www.top500.org/lists/2015/11/
[5] Le site du HPCI (« High Performance Computing Infrastructure »), l’infrastructure nationale commune de Calcul haute performance : http://www.hpci-office.jp/
[6] Le site du T2K (en anglais) : http://www.open-supercomputer.org/

Rédacteur
Yan-Tarō CLOCHARD – ch.mission.stic[at]ambafrance-jp.org

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