Evaluations des universités nationales japonaises pour l’enveloppe destinée à la gestion universitaire pour l’année fiscale 2017

Japon

Japon | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
14 mars 2017

Le Ministère japonais de l’Education, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie (MEXT) a publié, le 12 janvier 2017, les résultats des évaluations des universités nationales menées pour établir le montant de la subvention destinée à la gestion de chaque université pour l’année fiscale 2017 (du 1er avril 2017 au 31 mars 2018).

Dans le cadre de la réforme universitaire, les 86 universités nationales du Japon avaient été classées en trois catégories (voir ci-dessous), à leur demande, en avril 2015. Cette décision avait été prise en vue de bien partager l’enveloppe publique destinée à la gestion des universités nationales, qui s’élève à 1100 milliards de yens (9 milliards d’euros) pour l’année fiscale 2017, en fonction de la stratégie et des efforts de chaque université. Les trois catégories étaient les suivantes :

1. Universités qui se consacrent à la formation en ressources humaines et à la recherche en répondant aux besoins des régions (55 universités, dont l’Université de Fukushima et l’Université de Shizuoka),

2. Universités qui constituent des centres d’éducation ou de recherche spécialisés dans un domaine (15 universités, dont la Tokyo Medical and Dental University et le National Graduate Institute for Policy Studies ou GRIPS),

3. Universités ayant une capacité de formation et de recherche d’une qualité comparable à celle des universités de 1er plan mondial (16 universités, dont l’Université de Tokyo et l’Université de Kyoto)

La règle de partage de l’enveloppe a été changée depuis le classement des universités en trois groupes. Si auparavant la part de chaque université ne dépendait que de sa taille et de son excellence, chaque université se voit à présent retirer un pourcentage de sa part, créant ainsi une somme qui est redistribuée entre les universités selon les résultats des évaluations. Ce taux de récupération est compris pour l’année fiscale 2017 de moins de 80% à plus de 110%.

Les évaluations ont été réalisées sur le contenu et l’avancement des stratégies des universités en tenant compte de la vision définie pour leur catégorie, chaque université pouvant proposer plusieurs objectifs. 177 propositions ont été faites par les 55 universités de la 1ère catégorie, 53 par les 15 universités de la 2e catégorie et 68 par les 16 universités de la 3e catégorie.

Par exemple, l’Université de Tsukuba a défini comme objectif de faire passer la part de ses étudiants étrangers de 19,7% en 2013 à 25% en 2019 dans le cadre de sa stratégie « Offre d’une éducation de haute qualité en tant qu’un centre international de formation de ressources humaines au moyen d’une coopération sans frontière ». L’Université d’Agriculture et de Technologie de Tokyo s’est fixée comme objectif d’augmenter de 30% d’ici 2021 le montant des fonds de recherche mis à la disposition de ses professeurs permanents grâce à des projets de recherche conjoints avec des entreprises dans le cadre de sa stratégie « Renforcement de la capacité de recherche de pointe en vue de rivaliser avec des universités étrangères ». L’Université de Tokyo a choisi comme objectif de faire passer la part des femmes dans l’ensemble de ses chercheurs de 16,5% en 2014 à 25% en 2021 dans le cadre de sa stratégie « Déroulement stratégique visant à la création de nouvelles valeurs ».

Selon les résultats publiés le 12 janvier 2017, l’Université de Fukushima et la Hamamatsu University School of Medecine ont été placées en tête de la 1ère catégorie, avec un taux de récupération de 113,0%. Le dernier rang est occupé par l’Université de Toyama avec 80,5%. Dans la 2ème catégorie, la Tokyo Medical and Dental University s’est retrouvée au premier rang avec 110%, suivie du Nara Institute of Science and Technology avec 108,5%. Le National Institute of Fitness and Sports in Kanoya a été classé à la dernière place avec 78,3%. Dans la 3ème catégorie, l’Université de Kyoto a occupé la meilleure place avec un taux de récupération de 108,5%, suivie de l’Université de Kyushu avec 107,0% et du Tokyo Institute of Technology avec 106,75%. L’Université Hitotsubashi a été placée au dernier rang avec 87,6%.

L’enveloppe destinée à la gestion universitaire représente 30 à 40% des ressources financières des universités nationales. Compte tenu de la situation difficile du budget de l’Etat, cette enveloppe diminue régulièrement d’environ 1% chaque année depuis 2004, année où le statut des universités nationales a changé pour celui d’organismes indépendants (Independent Administrative Institute : IAI). Cela amène certaines universités à recruter la plupart de leurs jeunes enseignants-chercheurs en CDD, à diminuer le nombre d’agents auxiliaires de recherche et même à diminuer le nombre d’enseignants-chercheurs. Cette tendance pourrait contribuer à la détérioration de la recherche fondamentale du pays, qui demande des efforts de longue durée. Devant cette situation, le gouvernement et les universités sont à la recherche d’autres sources de financement, en collaboration notamment avec le secteur industriel privé. /.

Les résultats des évaluations des 16 universités de la 3e catégorie sont les suivants (nom d’université et son taux de récupération) :
1. Université de Kyoto 108,5%
2. Université de Kyushu 107,0%
3. Tokyo Institute of Technology 106,7%
4. Université de Hokkaido 103,0%
5. Université de Tokyo 102,0%
6. Université de Kanazawa 100,9%
7. Tokyo University of Agriculture and Technology 100,2%
8. Université d’Osaka 99,6%
9. Université du Tohoku 99,3%
10. Université de Kobe 97,7%
11. Université de Nagoya 94,9%
12. Université de Tsukuba 91,7%
13. Université d’Okayama 90,8%
14. Université d’Hiroshima 88,1%
15. Université de Chiba 87,8%
16. Université d’Hitotsubashi 87,6%

Sources
Résultats des évaluations des universités nationales pour les soutiens par catégorie (MEXT) (en japonais)

Rédacteur
Kumiko UEHARA – interprete.sst [at]ambafrance-jp.org

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