ALZHEIMER ET IDIOMES : LES EFFETS BÉNÉFIQUES DU BILINGUISME

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3 mars 2017

Une étude menée par des chercheurs de l’Hôpital San Raffaele de Milan démontre que la maladie d’Alzheimer se présente plus tardivement chez les personnes qui sont bilingues et avec surtout des symptômes moins intenses.

Cette recherche vient d’être publiée sur la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) avec le titre : “The impact of bilingualism on brain reserve and metabolic connectivity in Alzheimer’s dementia”. Le travail a été supervisé par Daniela Perani, à la fois directrice de l’Unité "d’imagerie cérébrale moléculaire et structurelle in vivo de l’homme" de l’Hôpital San Raffaele et professeure à l’Università Vita-Salute San Raffaele.

L’investigation se concentre sur la maladie d’Alzheimer et sur sa manifestation chez des patients qui parlent une ou deux langues. Selon le Rapport Mondial Alzheimer 2015, il y a presque 1.241.000 personnes atteintes de démence en Italie avec une tendance à l’augmentation. Cette maladie se caractérise notamment par des troubles de mémoire et de l’humeur et des difficultés à communiquer et à s’orienter.

Les chercheurs ont utilisé une méthode d’imagerie appelée FDG-PET sur un échantillon de 85 personnes, dont certaines monolingues italien et d’autres bilingues, plus précisément provenant du Haut-Adige. Les observations ont montré que les personnes bilingues possèdent une plus grande “réserve cérébrale” qui permet de freiner l’avancement de la maladie. La recherche a permis de mettre en évidence que les personnes bilingues atteintes d’Alzheimer sont en moyenne de cinq ans plus âgés que les monolingues et ont une plus grande capacité à reconnaître les lieux et les visages.

En outre, la capacité à parler deux langues tout au long de la vie comporte une modification de la fonction cérébrale à deux niveaux, à la fois sur l’activité métabolique frontale et sur la connectivité entre les zones du cerveau, ce qui permet de réduire les effets négatifs de la maladie.

Quand on fait référence à une personne bilingue, on inclut les personnes qui parlent des langues nationales, mais également des dialectes de leur région de provenance. Par conséquent, cette recherche montre indirectement que défendre une “politique des langues” qui vise à promouvoir les dialectes locaux ou soutenir une utilisation des langues tout au long de la vie peut avoir de nombreux bénéfices.

Source : www.galileonet.it/2017/01/bilinguismo-protegge-dallalzheimer-cosi/

Plus d’informations : www.pnas.org/content/114/7/1690.abstract

Rédacteur : Chiara Pellegrino, chiara.pellegrino[a]institutfrancais.it

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