NanoPack, un projet du Technion financé par l’Union Européenne

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Israël | Agronomie et alimentation
13 avril 2017

1,3 milliards de tonnes de nourriture est gaspillé chaque année et un quart est perdu pour des questions de conditionnement. Face à ces chiffres, l’Union Européen a décidé d’accorder à l’Université du Technion un financement de 7,7 millions d’euros pour le développement d’une nouvelle génération de film de stockage.

Le 16 janvier 2017, le programme européen Horizon 2020 a accordé la somme de 7,7 millions d’euro au projet NanoPack, développé à l’Université du Technion par la Docteure Ester Segal [1]. L’objectif de ce projet est de développer et démontrer l’utilisation d’un emballage antimicrobien de nouvelle génération qui permet de limiter la dégradation des denrées alimentaires due à la présence de micro-organismes. Ce projet devra faire ses preuves sous trois ans et l’enjeu est important. D’après l’Organisation des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture, un tiers des aliments produit dans le monde en 2015 est gâté ou gaspillé [2]. Et sur ce pourcentage, un quart de la nourriture est jeté en raison d’un stockage défectueux ou endommagé pendant le transport. Quand on rapporte cela au fait que 795 millions d’individus dans le monde (soit une personne sur neuf) [3] étaient en sous-alimentation en 2015, on comprend alors la portée d’un tel projet.

Pour comprendre comment ce film plastique agit, il faut zoomer à l’échelle du nanomètre (dix milles fois plus petit que le plus petit des grains de sable). En effet, les assemblages de petites molécules, appelés polymères, sont structurés en nanotubes (appelés nanotubes naturels Halloysite HNT). La taille de ces nanotubes est extrêmement importante dans les propriétés du polymère puisqu’elle empêche la diffusion des nanotubes dans les aliments. Ces nanotubes pourront ainsi délivrer très progressivement des huiles essentielles, auparavant validées par l’Union Européenne, qui présentent des propriétés antimicrobiennes et antifongiques.

Il existe déjà des matériaux utilisés pour le conditionnement, notamment ceux constitués de nanoparticules d’argent qui présentent elles aussi des propriétés antimicrobiennes, antifungiques mais également anti-levures et antivirales [4]. Cependant, ces matériaux font l’objet d’un fort contrôle de la part des États-Unis et de l’Union Européenne en raison des risques encore trop méconnus en cas de libération de ces particules dans notre alimentation.

Ce projet présente une autre caractéristique importante : il est soutenu par un consortium de dix-huit partenaires provenant du monde de l’industrie ou de la recherche académique de onze pays différents (dont la France) [5]. Il est également important de rappeler qu’Israël participe à de nombreux appels d’offres de projets européens, notamment avec sa participation à l’accord euro-israélien de stabilisation et d’association entré en vigueur en 2000 [6]. De plus, Israël est le premier pays non-européen associé au programme-cadre de recherche communautaire de l’Union Européen. Horizon 2020 a déjà permis à plus de 3000 projets israéliens de voir le jour et constitue un investissement de 1,375 milliards d’euro d’investissements, avec approximativement 1,7 milliards d’euro de retour sur investissement [7].

Rédacteur : Samuel Cousin, post-doctorant à l’Institut Weizmann

Sources :
[1] http://www.en.nvc.nl/news/item/horizon-2020-project-nanopack-voor-veilige-foodverpakkingen/
[2] http://www.fao.org/food-loss-and-food-waste/fr/
[3] Rapport sur l’insécurité alimentaire dans le monde 2015 http://www.fao.org/3/a-i4646f/index.html
[4] « Silver nanoparticles in polymeric matrices for fresh food packaging », Journal of King Saud University », Vol 28, Issue 4, 2016, 273-279
[5] http://www.technion.ac.il/en/2017/01/nanopack-for-safe-food-packaging/
[6] http://www.aurdip.fr/l-accord-d-association-ue-israel.html?lang=fr
[7] http://mfa.gov.il/MFA/InnovativeIsrael/Economy/Pages/20-years-of-Israeli-participation-in-Horizon-2020-10-January-2017.aspx

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