L’eau, toujours un défi

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Israël | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
13 avril 2017

D’après les prévisions actuelles, il serait nécessaire, d’ici 2050, en Israël de multiplier les quantités d’eau produites par désalinisation par plus de deux. La désalinisation est une solution qui fonctionne pour combler le manque d’eau, mais c’est une solution coûteuse. Deux autres méthodes ont été proposées récemment lors d’une conférence qui s’est tenue au Technion : le traitement décentralisé des eaux et la récupération des eaux de ruissellement.

Décentraliser le traitement des eaux
A l’heure actuelle, 85% des eaux sales municipales sont récupérées, traitées et réutilisées pour l’irrigation. La nouveauté ici serait de récupérer localement l’eau provenant des douches et des lavabos, de la traiter et de la réutiliser pour les W.C. et l’arrosage des jardins. Le fait de décentraliser le traitement de l’eau présente des avantages économiques et environnementaux, et augmenterait l’implication de la population dans la problématique de l’eau. Plus précisément, la solution la plus avantageuse serait d’organiser le traitement de l’eau à l’échelle du pâté de maison. Ceci aurait comme avantage de réduire la quantité d’eau potable à introduire dans la ville ainsi que la quantité d’eau usée à envoyer vers les centrales de traitement à l’extérieur de la ville.
Il n’y a pas de réel obstacle technique à la décentralisation du traitement de l’eau, car de tels systèmes existent déjà. Les difficultés seraient au niveau juridique, parce qu’il n’y a pas encore de réglementation dans ce domaine.

Utiliser les eaux de ruissellement
Une autre possibilité serait de récupérer l’eau de ruissellement des villes (des toits, trottoirs,…). Des chercheurs du Technion et de l’Université Hébraïque ont réalisé une étude pilote sur la ville de Kfar Saba, dans trois zones différentes de la ville. La zone industrielle est celle qui fournit la plus grande quantité d’eau par unité de surface, car c’est la zone la plus construite. Mais il s’avère que la qualité de l’eau récupérée était mauvaise, présentant des niveaux relativement élevés de polluants comme le titane, le phosphore ou l’aluminium. Ces quantités étaient plus importantes que ce que l’on observe généralement dans les autres villes du globe. Les chercheurs expliquent cela par les longs intervalles qui séparent les pluies en Israël : les polluants s’accumulent sur les surfaces construites, et sont emportés par les fortes pluies. S’il s’écoule beaucoup de temps entre deux épisodes de fortes pluies, la quantité de polluants accumulés peut devenir importante.
Ces eaux pourraient néanmoins être utilisées pour l’irrigation, après un traitement approprié.

Sources : http://www.technion.ac.il/en/#2017/01/where-will-the-water-come-from/

Rédacteur : Tirtsa Ackermann, VI chercheuse à l’Université hébraïque de Jérusalem

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