L’eau, source de crispation et d’innovation

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Israël | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
2 mars 2017

L’eau en Israël est source de conflit. Alors que les ressources naturelles sont extrêmement limitées, de nombreux projets émergent pour subvenir aux besoins d’une population croissante, allant de la création du canal de la paix aux usines de dessalement.

On estime qu’un pays est en zone de confort hydrique lorsque la quantité d’eau disponible est supérieure à 2500 m3 par habitant et par an. Israël, tout comme la Jordanie et les territoires palestiniens, font partis des 36 pays en stress hydrique le plus important [1]. Au niveau des ressources en eau, on distingue les eaux de surface et les aquifères. Pour les eaux de surface, l’unique fleuve de la région est le Jourdain, né de plusieurs sources au pied du mont Hermon à la frontière syro-libanaise et enrichi par quelques affluents comme le Yarmouk (venu de Jordanie). Les travaux du canal national ont été achevés en 1964 pour prélever 320 millions de m3 d’eau par an afin d’alimenter le sud d’Israël en eau. Alors qu’à l’origine 1350 Mm3/an se déversaient du Jourdain dans la mer Morte, aujourd’hui et après les prélèvements des différents pays impliqués, ce ne sont plus que 300 Mm3/an qui s’y déversent, causant des dégâts colossaux à cette mer [2]. La construction d’un canal pour relier la mer Rouge et la mer Morte, prolongeant le golfe d’Aqaba, est une possibilité qui pourrait apporter de l’eau à la Jordanie, Israël et aux territoires palestiniens. Ici encore des investissements colossaux sont en jeu dans le secteur de la construction notamment, avec un financement qui s’élèverait à 400 millions de dollars [3].

Pour la partie souterraine, Israël et les territoires palestiniens se partagent deux aquifères. Le premier aquifère montagneux (700 Mm3/an) est utilisé à 80 % par les israéliens et 20 % par les habitants de la Cisjordanie. Le second aquifère est côtier (500 Mm3/an) mais ne produit pas suffisamment d’eau pour la population côtière et il est dans l’incapacité de se renouveler dans sa totalité. Reste donc la possibilité de dessaler l’eau de mer. Aux usines d’Ashkelon et de Palmachim s’est ajoutée en 2010 à Hadera la plus grande usine de dessalement fonctionnant sur le principe d’osmose inverse (127 Mm3/an). Cette technologie, qui nécessite un plus grand investissement initial (269 M d’euros) [4], est peu gourmande en électricité. Ces investissements importants permettent l’émergence de nouvelles idées et de nouvelles start-up comme ROTEC-water [5]. Bien sûr, le traitement de l’eau est lui aussi une priorité, source d’innovation pour les start-up, comme Emefcy qui a été nommée en 2013 par Global Cleantech dans les cent entreprises les plus innovantes [6].

L’eau n’a pas fini de faire couler de l’encre en Israël. Et l’investissement financier n’a pas fini d’être source de développements technologiques.

Sources :
[1] Word Resource Institute : http://www.wri.org/blog/2013/12/world%E2%80%99s-36-most-water-stressed-countries
[2] Le dessous des cartes, Israel – Palestine la guerre de l’eau (17/03/2010)
[3] http://www.lesclesdumoyenorient.com/Le-canal-de-la-paix-une-reponse-a-la-crise-hydrique-en-Jordanie.html
[4] Summary of the Environmental Document for the Desalination Plant in Hadera, SINAPSA LTD, Febrary 2007
[5] ROTEC managing team http://www.rotec-water.com/about-rotec/management-team
[6] http://www.forbes.com/sites/heatherclancy/2014/01/22/9-startups-tapping-the-600-billion-cleantech-water-sector/#18e021f562ae

Rédacteur : Samuel Cousin, post-doctorant à l’Institut Weizmann

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