Le graphène, nouvelle pierre philosophale ?

Irlande

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Irlande | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
2 août 2017

Trinity College Dublin fait partie des universités dans la course mondiale pour trouver la formule pour commercialiser le graphène, le nouveau matériau aux propriétés magiques.

Le graphène est nouveau matériau magique. Il s’agit du premier matériau 2D au monde, le plus fin qui soit connu aujourd’hui – pas plus épais qu’un atome. Extrêmement léger, et presque complètement transparent, il est aussi très solide – presque 200 fois plus que l’acier. Il possède des propriétés conductrices de génie qui pourront être utiles dans les ordinateurs, smartphones et capteurs mais est aussi une barrière très efficace : rien, pas même l’hélium, peut le traverser – ce matériau pourrait aussi être un atout de poids dans la filtration et purification de l’eau.

Le graphène a été isolé pour la première fois en 2004 par les professeurs Andre Geim et Kostya Novoselov, de l’Université de Manchester, découverte qui les a conduits à recevoir, six ans plus tard, le Prix Nobel de Physique. Dix ans plus tard, au centre Amber de Trinity College Dublin, l’équipe du professeur Jonathan Coleman a réussi à produire du graphène dans … un Moulinex. Ainsi, aujourd’hui, que ce soit à Dublin ou à Manchester, les deux universités travaillent de près avec le secteur industriel pour trouver un moyen d’augmenter la production de graphène et de l’incorporer dans des produits et les rendre plus solides, plus durables, plus souples et plus efficaces. Le graphène possède en effet cette particularité de ne pas pouvoir être façonné comme n’importe quel métal au risque de perdre ses propriétés.

Si Manchester se targue d’être la maison du graphène, les universités du monde entier travaillent à développer des utilisations dans des domaines variés, allant de l’énergie à l’électronique en passant par la biomédecine. La course est donc lancée. En effet, s’il n’existe pas encore d’estimation sur ce que pourrait représenter en termes de revenus l’industrie du graphène, on sait que ceux générés dans l’industrie aéronautique pourraient atteindre les dizaines de milliards d’euros. Ainsi, pour des institutions comme le centre Amber ou l’Université de Manchester, le graphène produirait un retour sur investissement concret sur la recherche : pour chaque produit commercialisé, l’institut recevra une redevance qui ira directement dans son budget de financement de la recherche.

Source :
"Turning graphene into gold" – The Irish Times, 24/07/2017 : http://www.irishtimes.com/news/science/turning-graphene-into-gold-1.3165134#.WXb95BgMsZc.twitter

Rédaction : Louise Aupetit – courriel : louise.aupetit[a]diplomatie.gouv.fr

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