L’enseignement supérieur, révélateur de fracture sociale ?

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Irlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
9 mars 2017

Le quotidien Irish Times a diffusé des chiffres pointant une division des classes sociales et une division régionale au sein de l’enseignement supérieur irlandais.

Y aurait-il des inégalités au sein de l’enseignement supérieur irlandais ? C’est ce que le quotidien Irish Times montre en publiant des chiffres qui pointent du doigt une division sociale et géographiques au sein de l’enseignement supérieur irlandais. Ainsi, plus de 75% des étudiants dans certains colleges dépendent d’une bourse, selon ces nouveaux chiffres. Les bacheliers venant des milieux sociaux les plus aisés s’orientent davantage vers des universités offrant des cursus plus exigeants. De manière analogue, les étudiants bénéficiaires d’une bourse sont plus nombreux dans les instituts de technologie, et en particulier dans les établissements situés en région.
Pour la dernière année universitaire, University College Dublin (UCD) enregistrait le plus faible taux d’étudiants bénéficiaires de bourses - 27%, suivie de près par Trinity College Dublin (TCD) avec un taux de 28%. En revanche, Letterkenny Institute of Technology (LyIT) détient la plus forte concentration de boursiers (73%), suivi par Athlone Institute of Technology (AIT) avec 73% et Institute of Technology de Carlow (71%).

Ces chiffres vont ainsi permettre au Ministère de l’éducation de mettre en place des actions afin de corriger ce biais. Par exemple, les universités sont très fortement incitées à accepter des étudiants venus de milieux plus défavorisés. Les bourses sont des indicateurs importants de l’accès à l’enseignement supérieur puisque le critère d’éligibilité se base sur les revenus des parents de l’étudiant, à savoir un revenu annuel de 40 000€ par ménage.
Bien que le nombre d’étudiants dans le supérieur ne cesse d’augmenter, ces chiffres montrent que les étudiants venus de milieux aisés conservent les meilleures formations au sein des universités les plus cotées. Le nombre d’étudiants venant de milieux défavorisés a augmenté, étant à 22% en 2012, il a atteint les 26% en 2016. L’augmentation a été plus forte au sein des instituts de technologie que dans les universités. Mr. Richard Bruton, ministre de l’Education, a mis en garde les universités qui ne reçoivent pas suffisamment d’étudiants défavorisés, au risque de perdre des financements dans les années à venir. Cette volonté politique fait partie du nouveau cadre de système de performances des universités et colleges, qui s’applique pendant les cinq prochaines années.

Malgré la mise en place des exemptions des frais de scolarité il y a vingt ans, des recherches montrent que l’impact est peu significatif en termes d’inclusion sociale, en particulier dans les zones urbaines. Par exemple, 99% des bacheliers du quartier aisé de Dublin 6 se dirigent vers l’enseignement supérieur contre seulement 15% à Dublin 7, quartier défavorisé.
UCD et TCD ont déclaré investir des montants conséquents afin de remédier à la situation et ainsi augmenter le nombre d’étudiants sous-représentés, tels que ceux ayant des handicaps ou bien les étudiants plus âgés.

Source :
“New figure expose class divide in higher education” – Irish Times, 07/02/2017 : http://www.irishtimes.com/news/education/new-figures-expose-class-divide-in-higher-education-1.2965895
Rédaction : Guillaume Ravier – courriel : guillaume.ravier[a]diplomatie.gouv.fr

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