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L’enseignement supérieur irlandais chamboulé par le Brexit ?

Irlande

Actualité
Irlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
1er février 2017

La sortie du Royaume-Uni pourrait fortement impacter le secteur de l’enseignement supérieur en Irlande.

La Higher Education Authority (HEA), agence nationale irlandaise de l’enseignement supérieur, a publié un rapport mettant en avant les bénéfices que pourrait tirer l’Irlande du Brexit mais également les menaces. Le bilan parait alors mitigé.

Au niveau de la recherche, la Grande-Bretagne est très active dans les projets Horizon 2020 (deuxième en termes de subventions obtenues - 15.2% - et première en nombre de coordinations ou en nombre de participations). Dans le cas où le Royaume-Uni se retire, le choix dans les consortia pourrait se porter sur l’Irlande qui est anglophone et a de bonnes capacités de coordination.
En revanche, les opportunités de collaboration entre les deux pays pourraient s’amoindrir. En effet, il existe des programmes de coopérations spécifiques bilatéraux (cf. Interreg), en plus des projets Horizon 2020, dans lesquels l’Irlande et le Royaume-Uni collaborent très souvent, main dans la main. Il en est de même pour la mobilité des chercheurs. En 2014-2015, 2 330 chercheurs irlandais travaillaient au sein d’institutions britanniques. Le Hard Brexit mettrait à mal toutes ces coopérations entre les deux pays.

Au niveau de l’enseignement supérieur, l’Irlande pourrait tirer son épingle du jeu dans le cadre d’Erasmus+. Près de 27 000 étudiants (sur un total de 500 000) partent en mobilité Erasmus+ au Royaume-Uni. Dans le cas d’un Hard Brexit, certains étudiants pourraient considérer l’Irlande pour leur échange avec des universités de qualité, attractives et internationalisées, venant grossir le total de 27 598 étudiants internationaux dont 4 900 étudiants Erasmus+ que compte déjà le pays.
En revanche, près de 12 000 étudiants irlandais sont inscrits dans l’enseignement supérieur britannique. L’accès, en tant que citoyens européens, aux différents avantages (prêts étudiants, frais de scolarités appliqués) prendrait ainsi fin. De plus, si l’Irlande pourrait voir son nombre d’étudiants internationaux s’accroître, elle n’aurait pas la capacité d’accueil des étudiants étrangers au Royaume-Uni.

En conclusion, tout va dépendre du futur modèle d’association de la Grande-Bretagne avec l’Union Européenne et en particulier des programmes européens Erasmus+ et Horizon2020. Cependant, il parait déjà clair qu’il y aura un impact au sein du paysage de l’enseignement supérieur irlandais, sans compter la question entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord connaissant d’ores et déjà des remous institutionnels et qui pourraient se répercuter sur la République d’Irlande…

Source :
“Brexit and Irish Higher Education and Research : challenges and opportunities” – Higher Education Authority, 28/11/2016 : http://www.hea.ie/sites/default/files/brexit_and_ireland_final.28.11.16.pdf
Rédaction : Guillaume RAVIER – courriel : guillaume.ravier[a]diplomatie.gouv.fr

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