Egalité des genres dans les universités : l’Irlande peut (bien) mieux faire

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Irlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
2 août 2017

Un récent rapport sur l’égalité des genres dans l’enseignement supérieur montre que la situation en Irlande n’évolue pas : les femmes continuent de souffrir d’inégalités dans leurs carrières universitaires, peu, si ce n’est aucune d’entre elles se retrouvent à des postes à responsabilité.

La Higher Education Authority (HEA), agence nationale irlandaise en charge de l’enseignement supérieur, vient de publier un rapport sur l’égalité des genres : Higher Education Institutional Staff Profiles by Gender. Ce rapport s’intéresse aux profils du personnel dans les institutions d’enseignement supérieur et montre, entre autres, qu’aucune femme n’a été présidente d’une université en Irlande depuis au moins 400 ans et que seulement 21% des professeurs dans les universités irlandaises sont des femmes. Une situation étonnante puisque les femmes sont plus nombreuses aux postes à responsabilité moindre.

Une situation qui ne semble pas montrer de signes de progression
En effet, le rapport de la HEA montre que 53% des étudiants, 54% des doctorants et 51% des enseignants (lecturers) sont des femmes. Mais plus les fonctions deviennent importantes, plus le déséquilibre se crée : 64% des maîtres de conférences, 71% des professeurs associés (associate professors) et 79% des professeurs titulaires (full professors) sont des hommes. Les statistiques sont les moins bonnes à la National University of Ireland, Galway (NUIG), où seulement 12% des professeurs sont des femmes, par comparaison avec l’University of Limerick (UL) par exemple, qui en compte 31%.
Ces statistiques montrent surtout qu’il n’y a presque pas eu d’évolution depuis 2014, année charnière pendant laquelle la question de la discrimination des genres dans les universités irlandaises est rentrée dans l’histoire juridique. En effet, deux femmes, membres du corps enseignant de la NUIG avaient traîné leur employeur devant les tribunaux. NUIG avait été reconnue coupable de discrimination et n’avait pas fait appel de la décision.
La publication de ce rapport a suscité un tollé dans la presse et sur les réseaux sociaux. Prof. Jane Ohlmeyer, de Trinity College Dublin, personnalité académique de renom en Irlande, siégeant notamment au conseil d’administration de l’Irish Research Council (agence de financement de la recherche), s’est montrée particulièrement virulente sur le sujet. Dans une interview accordée à l’Irish Times, elle a mis en cause un système patriarcal dans lequel des « hommes médiocres » peuvent prendre la place des femmes.

La Charte Athena SWAN pour améliorer la situation ?
Cette situation semble d’autant plus paradoxale que les universités ont signé la Charte Athena SWAN en faveur de l’égalité des genres dans les universités. Cette charte stipule notamment qu’il doit y avoir au minimum une représentation de 40% de chaque genre dans l’autorité gouvernante, le Conseil d’Administration et la direction générale de chaque établissement. Si ces objectifs ne sont pas atteints, les universités risquent de perdre des financements cruciaux (dans leur budget de fonctionnement et de recherche).
Pour le moment, cinq des sept universités d’Irlande (University College Cork, Trinity College Dublin, Dublin City University, University College Dublin et University of Limerick) ont atteint le premier stade prévu par la Charte et se sont vues remettre la médaille de bronze Athena. D’ici 2019, tous les établissements d’enseignement supérieur devront avoir reçu la médaille de bronze, et d’ici 2023 la médaille d’argent, pour être éligibles au financement.

Sources :

Rédaction : Louise Aupetit – courriel : louise.aupetit[a]diplomatie.gouv.fr

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