Comprendre le rôle des bactéries intestinales pour soigner les douleurs viscérales

Irlande

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Irlande | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
30 juin 2017

Le microbiote intestinal serait impliqué dans le processus de déclenchement des douleurs viscérales. Créer des traitements pour le cibler permettrait de mieux guérir ces douleurs.

Des chercheurs de l’APC Microbiome Institute, centre spécialisé dans la santé intestinale basé à University College Cork et financé par Science Foundation Ireland, ont montré que chez les souris du moins, les bactéries intestinales jouaient un rôle clef dans la régulation de la douleur abdominale viscérale et des changements associés à cette dernière dans le cerveau et la moelle épinière. La douleur viscérale est un terme général utilisé pour décrire la douleur qui prend naissance dans les organes internes du corps. Elle touche une proportion significative de la population et est aussi une caractéristique commune aux désordres gastro-intestinaux fonctionnels, comme le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII). Aujourd’hui, à cause d’un manque de connaissances détaillées sur les mécanismes sous-jacents à ces douleurs, les traitements ne sont pas satisfaisants.
Les intestins humains hébergent environ 100 trillions de bactéries et autres microorganismes appelées dans leur ensemble ‘microbiote’. Le microbiote intestinal est impliqué dans des processus critiques, comme la digestion, le métabolisme, les réponses immunitaires et l’absorption de nutriments. Si l’on ignore encore beaucoup de la façon dont le microbiote influence le système nerveux, il devient de plus en plus clair que ces microorganismes des intestins peuvent influencer le cerveau et le comportement.

Les professeurs John Cryan et Ted Dinan, avec Dr. Monica Tramullas, stagiaire postdoctorale et Pauline Luczynski, chercheuse, ont travaillé avec des souris pour comprendre la façon dont la douleur viscérale émergeait. Pour observer comment les souris répondaient aux stimuli de douleur viscérale, ils ont isolé deux groupes, les unes grandissant dans un environnement sans microbe, les ‘souris sans microbe’, les autres dans un environnement inverse, les ‘souris avec microbe’. Les ‘souris sans microbe’ sont plus sensibles aux stimuli et leur moelle épinière, tout comme les zones du cerveau impliquées dans la modulation de la douleur et sa régulation émotionnelle, subit des changements. Les ‘souris avec microbes’ ont montré les changements inverses, ce qui suggère qu’il serait possible de renverser les changements en intervenant directement sur le microbiote.
Ces travaux ont des implications fortes sur notre compréhension des troubles gastro-intestinaux, comme le SII, et conforte l’hypothèse de s’intéresser au microbiote pour moduler les symptômes de douleur dans ces troubles et d’autres gastro-intestinaux.

Cette recherche est financée par SFI et par une bourse de l’Union Européenne. L’article co-écrit par Maria Viola, Gerard Clarke et Fergus Shanahan, a été publié dans la revue en ligne eLife.

Source :

Rédaction : Louise Aupetit – courriel : louise.aupetit[a]diplomatie.gouv.fr

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