Un photodétecteur pour tissu intelligent fait à partir de protéines de soie

Inde

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Inde | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
19 juillet 2017

En exploitant les propriétés de la fibroïne, une protéine de soie, des chercheurs de l’IIT Kharagpur ont conçu un photodétecteur « portable » pour l’incorporer dans un tissu intelligent

Le marché des technologies « wearable  » (technologies « portables » ou « mettables ») est en pleine expansion et de plus en plus d’appareils de ce type voient le jour. Conçus pour être portés comme lunettes, vêtement, au poignet avec les bracelets connectés, voire à l’intérieur du corps, les appareils « wearable  » contiennent un système informatique et électronique qui peut collecter des données directement sur l’utilisateur et les transmettre par Wi-Fi ou Bluetooth pour analyse. Leurs applications pour la grande consommation intéressent également le secteur militaire.

Ces technologies nécessitent de répondre à des critères de biocompatibilité, de flexibilité et d’autonomie pour être réellement utilisables. Une innovation développée par Samit K. Ray et son équipe à l’Indian Institute of Technology (IIT) de Kharagpur (Bengale Occidental) répond à ces critères en plus d’être biodégradable car faite à base de protéine de soie : la fibroïne.

La fibroïne est une protéine produite naturellement par les vers à soie qui est régulièrement utilisée en biotechnologie pour ses propriétés spécifiques : résistance mécanique, stabilité thermique et biocompatibilité.

L’équipe du Professeur Ray a ainsi conçu un photodétecteur hybride grâce à des nanostructures faites d’oxyde de zinc fixées sur de la fibroïne dans laquelle sont incorporées des nanoparticules d’or. Ce photodétecteur convertit les signaux lumineux en courant électrique, et est sensible tant au rayonnement visible qu’à l’ultraviolet.

Remplaçant le silicone, matériau rigide et cassant, comme semi-conducteur, l’oxyde de zinc est au contraire flexible et produit même du courant électrique lorsqu’il est soumis à une contrainte mécanique : le photodétecteur est ainsi auto-alimenté par les mouvements de l’utilisateurs, lui conférant ainsi une plus grande autonomie.

Sources
‘IIT-Kharagpur team develops wearable technology from silk’, Economic Times, 14 Juin 2017

Rédacteur
Laurent Glattli
laurent.glattli[at]diplomatie.gouv.fr
Service pour la Science et la Technologie, Ambassade de France en Inde

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