Les vaisseaux sanguins sensibles à l’oxyde nitrique ?

Hong Kong

Brève
Hong Kong | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
23 juin 2017

Le système cardio-vasculaire est un réseau interrelié de vaisseaux sanguins (veines et artères), relié au cœur et aux poumons qui apporte l’oxygène et les nutriments à tous les organes et tissus du corps. Les vaisseaux sanguins forment un circuit fermé à travers lequel le sang circule, et permettent à la fois la distribution des éléments nutritifs et la récupération des déchets métaboliques.

Les vaisseaux sanguins sont constitués d’une paroi possédant trois tuniques :

  • La tunique interne : intima, composée d’une couche cellulaire d’endothélium et tapissant la surface interne des vaisseaux, (également présentes dans le système lymphatique) ;
  • La tunique moyenne : média, constituant la couche intermédiaire et composée de fibres musculaires et élastiques ;
  • La tunique externe : adventice, constituant la couche externe et composée de fibres de collagènes et de tissus fibreux.

Le système cardio-vasculaire humain (crédits image)

Les pathologies liées au dysfonctionnement du système vasculaire sont multiples, en particulier lorsque le fonctionnement des cellules endothéliales (cellules tapissant la surface interne des vaisseaux sanguins, intima) est perturbé. Cela entraîne une série de conséquences pouvant conduire au durcissement des artères (athérosclérose) et à la formation de caillots sanguins. Ce dysfonctionnement cible en particulier les organes comme le cœur (qui ont pour rôle de faire circuler le sang), ou les reins (qui ont pour rôle de filtrer le sang en éliminant les déchets toxiques). Idée clé : Chaque minute, les reins filtrent environ 1 litre de sang, soit 1/5 de la quantité pompée par le cœur. D’autres pathologies, comme le diabète, l’hypercholestérolémie, l’obésité, ou liées à une pression excessive du sang contre les parois des artères, peuvent entraîner de l’hypertension artérielle, et ainsi augmenter les risques de maladies cardio-vasculaires ou provoquer une insuffisance rénale. Les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Elles représentent plus de 30% de la mortalité totale mondiale, et regroupe parmi elles les plus connues : l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’infarctus du myocarde et l’angine de poitrine (qui peuvent provoquer un apport insuffisant en oxygène).

Les différentes couches du vaisseau sanguin (crédits image : Sanofi-Aventis France)

Les cellules endothéliales produisent une molécule appelée oxyde nitrique. Cette molécule anti-inflammatoire, favorise la vasodilatation des vaisseaux, une meilleure circulation du flux sanguin dans le corps, et régule les dommages du système cardio-vasculaire. Elle a cependant une durée de vie très courte (quelques secondes). Le professeur Huang YU de l’Université Chinoise de Hong Kong, s’intéresse depuis plusieurs années au fonctionnement des cellules endothéliales dans le système vasculaire et à l’influence de l’oxyde nitrique sur les patients atteint de maladies cardio-vasculaires.

  • D’après les recherches du Pr. Yu et de son équipe :
    L’oxyde nitrique agit comme un "régulateur" chez les patients sans pathologie cardio-vasculaire. Un flux sanguin régulé de manière normale stimule les cellules endothéliales, et ainsi la production d’oxyde nitrique. A l’inverse, lorsque le flux sanguin est perturbé (exemple : artère bouchée), cela induit une plus grande production de stress oxydant (molécules d’oxygène destructives appelées radicaux libres "free radicals") à l’intérieur des vaisseaux, qui entraîne une inflammation et réduit la capacité de l’oxyde nitrique à protéger les vaisseaux sanguins. Cette équipe de scientifiques a également réalisé des expériences sur des souris de laboratoire pour comprendre comment le diabète pouvait influencer la production d’oxyde nitrique dans les cellules endothéliales. Les résultats de ces expériences montrent que le diabète aurait pour effet de réduire la production d’oxyde nitrique, mais que les traitements médicaux permettent de la compenser.
  • Les recherches se poursuivent :
    Certains compléments ayant un rôle antioxydants peuvent favoriser la production d’oxyde nitrique (exemple : vitamine D). Cette équipe de chercheurs (en collaboration avec "Hong Kong Food Health Bureau"), entend prouver l’effet bénéfique des polyphénols (contenue dans le thé vert et noir, le vin rouge, ainsi que des herbes chinoises) pour prévenir des maladies cardio-vasculaires.

Les facteurs qui favorisent ou réduisent la production d’oxyde nitrique (crédits image : CUHK)

Sources :
http://www.cuhk.edu.hk/english/features/huang_yu.html

http://ihome.sbs.cuhk.edu.hk/YAOXiaoQiang/ourresearch/reference/journal/BBA1772907.pdf

http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs317/fr/

https://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/infarctus-du-myocarde

http://campus.cerimes.fr/cardiologie-et-maladies-vasculaires/poly-cardiologie-et-maladies-vasculaires2.pdf

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3107403

http://www.exobiologie.info/diabete/25%20circulation.pdf

Rédactrice : Justine ONG, Chargée de mission scientifique – Hong Kong

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