Hong Kong, Territoire à la pointe de la recherche sur les maladies infectieuses

Hong Kong

Rapport
Hong Kong | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
13 février 2017

Les maladies infectieuses sont un problème majeur de santé publique : d’une part, elles sont l’une des principales causes de mortalité et de morbidité dans le monde (avec de fortes disparités en fonction du niveau de développement des pays), et d’autre part, l’ensemble des évolutions sociétales, environnementales et climatiques à l’œuvre sur la planète influencent continuellement le comportement et l’émergence de ces maladies. Leur impact socio-économique est conséquent.

Hong Kong fut le siège de plusieurs pandémies, de l’épidémie de peste de la fin du XIXe siècle qui a permis à Alexandre Yersin de découvrir le bacille de la peste en 1894 à la première identification du virus de grippe aviaire A(H5N1) à la suite de l’épidémie de 1997 et surtout la pandémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui a fait de nombreuses victimes en Chine et dans la région administrative spéciale en 2002-2003. Le sujet des maladies infectieuses continue aujourd’hui de susciter les réactions des médias et des services publics à chaque nouvelle annonce de cas à Hong Kong ou les provinces chinoises voisines.

Les instances de gouvernance du monde académique sont également promptes à promouvoir la thématique. En mars 2016 par exemple, c’est à l’Université de Hong Kong que la « Commission on a Global Health Risk Framework for the Future » de l’Académie de Médecine américaine est venue présenter en Asie le contenu de son rapport détaillant des recommandations de stratégies à mettre en place pour faire face à l’émergence de maladies.

Cependant, il ne s’agit pas seulement d’annonces et d’effets d’annonce, la recherche à Hong Kong est reconnue et très active dans le domaine des maladies infectieuses. Les financements provenant du Gouvernement de Hong Kong disponibles pour la discipline sont importants (Theme-based Research Scheme du RGC (Research Grant Committee),[1] et Health and Medical Research Fund (HMRF) du Food and Health Bureau,[2], programmes de financement de la recherche pour lesquels les maladies infectieuses font partie des thématiques prioritaires).

La Hong Kong University et la Chinese University of Hong Kong se concurrencent pour le leadership.

A l’université de Hong Kong (HKU)

Ce laboratoire du Department of Microbiology, a été lancé en 2005 par le Ministère de la Science et de la Technologie du gouvernement chinois (Ministry of Science and Technology - MOST) suite à la contribution remarquable des chercheurs de HKU lors de l’épidémie de SRAS qui a touché la Chine et Hong Kong en 2002-2003 (c’est à l’Université de Hong Kong qu’a été identifié le coronavirus responsable de la maladie).

Le laboratoire travaille en collaboration avec le State Key Laboratory for Prevention and control of Infectious diseases (China CDC), le State Key Laboratory of Virology (Institute of Virology, Wuhan) et le State Key Laboratory for Biosafety and Pathogenic Microorganisms (Academy of Military Medical Sciences, Beijing). Il n’est pas en mesure de directement participer aux programmes de recherche nationaux chinois, mais il a cependant acquisune large renommée nationale et internationale. Le laboratoire est formé de 11 chercheurs d’équipe à la tête de 5 équipes de recherche (Novel and emerging infectious diseases and microbial genomics, Novel and emerging antibiotic resistance, Respiratory Pathogens Including Influenza Viruses, Microbial pathogenesis, Molecular studies of emerging pathogens). Il est dirigé par les professeurs Kwok-Yung YUEN (pour Hong Kong) et Yi GUAN (pour la Chine continentale).

Le Pôle de Recherche Pasteur de l’Université de Hong Kong (HKU-Pasteur Research Pole) est un laboratoire de recherche fondé en 1999 à la suite d’un accord de partenariat signé entre l’Institut Pasteur de Paris et l’Université de Hong Kong. Ce laboratoire spécialisé dans la recherche fondamentale sur les maladies infectieuses, en particulier les infections respiratoires d’origine virale, est membre depuis 2004 du Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP) qui inclut aujourd’hui 33 instituts répartis sur les 5 continents, et fait partie intégrante de l’école de santé publique de HKU (School of Public Health) depuis 2013.
Le laboratoire est codirigé par les professeurs Roberto BRUZZONE et Malik PEIRIS.

Une trentaine de personnes (chercheurs, post-doctorants, étudiants, techniciens, administration) travaillent au HKU-Pasteur Research Pole, et les différents axes de recherche sont menés par 4 chargés de recherche (principal investigators). L’équipe du Dr. Sumana Sanyal se concentre sur les techniques de biologie cellulaire et moléculaire pour explorer les interactions entre virus (grippe, dengue, Zika) et hôte. L’équipe du Dr. Suki Lee est spécialisée dans l’étude de la réponse immunitaire de l’organisme après infection par le virus de la grippe. Les recherches du Dr. Chris Mok combinent virologie fondamentale et études cliniques en partenariat avec le First Affiliated Hospital de la Guangzhou Medical University autour de virus émergents responsables d’épidémies dans la région et dans le monde (grippes aviaires et porcines, MERS). Enfin, la quatrième équipe dirigée par le Dr. Sophie Valkenburg (recrutée en 2015) s’intéresse à la réponse immunitaire adaptative lors de l’infection par le virus de la grippe et cherche à développer un vaccin universel contre le virus.

HKU-Pasteur Research Pole jouit également d’une forte réputation en terme d’enseignement avec sa série de cours (niveau Master, Doctorat) : Virologie, Immunologie, Biologie Cellulaire. Depuis 2004, 700 étudiants de toute nationalité ont été formés.

Le Centre of Influenza Research (School of Public Health, The University of Hong Kong) rassemble plusieurs équipes de différents laboratoires de HKU dont la recherche se concentre sur le virus de la grippe et les pathologies associées. Il met en place une politique de recherche pluridisciplinaire et intègre recherche fondamentale, épidémiologie et recherche clinique à l’interface homme-animal. Ses objectifs sont de comprendre l’évolution des différents virus de grippe et les mécanismes d’émergence des épidémies, étudier la pathogénicité et les mécanismes de transmission des pathologies associées à ces virus, mettre en place des outils pour le contrôle, la prévention et l’intervention, développer de nouvelles stratégies cliniques (diagnostic, vaccins).

Le centre est l’un des 12 laboratoires à travers le monde désigné comme « laboratoire de référence H5 de l’OMS » (WHO H5 reference laboratory). Sa mission est de fournir à l’OMS des données liées à la circulation des virus de la grippe, évaluer les risques attribuables à la circulation de ces virus, et conseiller l’OMS sur la sélection des souches de virus les plus adéquates pour le développement de vaccins pré-pandémiques. Le centre est également impliqué dans des missions d’assistance et de formation dans la région.

Le Centre of Influenza Research est dirigé par le professeur Malik PEIRIS.

La School of Public Health de HKU (dirigée depuis 2017 par le Prof. Keiji FUKUDA) a été désignée comme WHO Collaborating Centre for Infectious Disease Epidemiology and Control en 2014, pour une durée de 4 ans. Ce centre est dirigé par le Prof. Gabriel LEUNG (Doyen de la Faculté de Médecine Li Ka Shing, HKU) et le Dr. Wing-hong SETO (SPH, HKU). Les centres collaborateurs de l’OMS sont des institutions, instituts de recherche, départements d’universités ou d’instituts universitaires qui sont désignés par le(la) Directeur(trice) général(e) pour mener des activités de soutien en faveur des programmes de l’Organisation. Ce centre collaborateur est impliqué dans le perfectionnement des moyens de prévention et de contrôle des infections, notamment pour le virus de la grippe, le renforcement des capacités de surveillance locale de la situation de la résistance aux antimicrobiens, et enfin développer des stratégies de réponse d’urgence lors d’épidémies de nouveaux pathogènes émergents.

En avril 2016, le centre a organisé au sein de la School of Public Health de HKU une journée de symposium sur la transmission et le contrôle des pathogènes respiratoires à l’occasion de la signature d’un mémorandum d’entente entre la School of Public Health et le State Key Laboratory of Respiratory Disease (Guangzhou Medical University).
Remarque : la région administrative de Hong Kong compte 5 autres centres collaborateurs de l’OMS.

A la Chinese University of Hong Kong (CUHK)

Il s’agit de l’autre pôle de recherche majeur sur les maladies infectieuses à Hong Kong, bénéficiant de fortes interactions avec la Chine continentale (China Center for Disease Control and Prevention  ; Institute of Microbiology, Chinese Academy of Sciences, Beijing ; Liuzhou Centre for Disease Control and Prevention, Guanxi province) mais aussi aux Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni. Ce centre a été fondé en 2004 par le Prof. Joseph SUNG (Vice-Chancellor de CUHK), un autre scientifique qui s’est illustré pendant la crise du SRAS à Hong Kong en 2003 (désigné « Asian Hero » par le magazine Time). Il est actuellement dirigé par le Prof. David HUI, secondé par les Prof. Paul CHAN et Shui Shan LEE. Le centre est rattaché à la Faculté de Médecine de CUHK et à la School of Public Health and Primary Care. Les laboratoires se situent au Prince of Wales Hospital à Shatin.

Avec une équipe d’environ 15 chercheurs, les recherches du Stanley Ho Centre for Emerging Infectious Diseases se concentrent sur 6 domaines :

  • virus de la grippe (équipe coordonnée par le Prof. Paul CHAN)
  • VIH/Sida (équipe coordonnée par le Prof. Shui Shan LEE)
  • Épidémiologie des maladies infectieuses (équipe coordonnée par le Prof. Shui Shan LEE)
  • Tumorigenèse virale (équipe coordonnée par le Prof. Hsiang-Fu KUNG)
  • SRAS, MERS et contrôle de l’infection (équipe coordonnée par le Prof. David HUI)
  • Tuberculose

Les directeurs du centre sont impliqués dans les réseaux de santé publique régionaux et internationaux (OMS, Centre for Health Protection du Gouvernement de Hong Kong…).

Par ailleurs, le Département de microbiologie de CUHK (dirigé par le Prof. Paul CHAN) a mis en place un axe de recherche centré sur les virus respiratoires humains.

En 2013, la School of Public Health and Primary Care de CUHK a créé le Centre for Global Health , une plateforme visant à réunir les parties prenantes locales et internationale de la santé publique. L’une des composantes de ce centre s’intéresse tout particulièrement aux maladies infectieuses et réunit 3 chercheurs de l’école de santé publique de CUHK : les Prof. Tammy MEYERS, Xiaolin WEI et Greta TAM[3].

Ailleurs à Hong Kong

Le Prof. Yong XIE (Division of Life Science, HKUST) dirige un laboratoire dont les axes de recherche abordent également les maladies infectieuses. Il travaille notamment sur l’immunogénicité de virus à l’origine de maladies infectieuses (syndrome pied-bouche chez le porc, et papillomavirus humain).

L’école de médecine vétérinaire de CityU (School of Veterinary Medicine) s’intéresse en autres thématiques à l’émergence des zoonoses.
L’équipe du Prof. Dirk U. PFEIFFER travaille notamment sur l’analyse spatiale et temporelle des données épidémiologiques, le développement de systèmes d’information sanitaire, la modélisation informatique des maladies animales, en associant recherche de terrain.

La University of Hong Kong (HKU) et la Hong Kong Polytechnic University (PolyU) se sont associées en 2015 pour mettre en place une fondation, Respiratory Virus Research Foundation , afin de promouvoir et de supporter la recherche en virologie à Hong Kong et de favoriser la mise en application de ses résultats. Le transfert technologique de la recherche fondamentale en biologie, ou son transfert commercial, reste encore relativement peu développé. La fondation est présidée par Antony Leung, PDG, Nan Fung Group, Prof. Paul Cheung Ying-sheung, vice président adjoint de HKU et directeur du bureau de transfert technologique de l’université, et Ir. Prof. Alexander Wai Ping-kong, vice président "Research Development"[4].

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