Les universités chercheuses d’or en Californie du Sud

États-Unis

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États-Unis | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
28 avril 2017

En cette année 2017 d’incertitude concernant les budgets accordés par le gouvernement aux divers organismes et établissements liés à l’éducation et à la recherche, les établissements de la Californie du Sud se tournent vers d’autres soutiens financiers.

L’University of California San Diego (UCSD) vient de faire le pari de lever 2 milliards de dollars en fonds privés sur la prochaine décennie [1]. C’est le double de ce qu’elle avait recueilli dans sa précédente campagne. Cet appel aux donations s’inscrit dans un chantier de grande envergure. L’université prévoit d’élargir massivement son campus en améliorant et/ou créant infrastructures, classes, matériel, hébergement et bourses, pour permettre l’accueil de 6000 étudiants supplémentaires à La Jolla.

UCSD a déjà commencé à recevoir du soutien de la part des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft - un phénomène qu’on observe de plus en plus fréquemment [2] [3] - via un don de 75 millions de dollars de la part d’un fondateur de Facebook. Cette contribution est la plus importante que l’université n’aie jamais reçue et s’annonce de bon augure pour l’ambition de UCSD. L’an dernier déjà, UCSD avait atteint un record de 213 millions de dollars de donations [4] [5]. Sans surprise, le donateur Taner Halicioglu n’est pas complètement inconnu de l’établissement : c’est un ancien élève de UCSD.
L’Université of California Irvine (UC Irvine) a elle aussi reçu un soutien financier important : le 24 avril 2017, la Samueli Foundation lui fait un don de 30 millions de dollars pour la création d’un bâtiment de pointe dédiée à une recherche collaborative et interdisciplinaire dans le domaine de l’ingénierie, de l’informatique et des sciences physiques [6].

De son côté, le California Institute of Technology (Caltech) situé à Pasadena avait lui aussi lancé une campagne l’an dernier dans le but d’obtenir ce même montant de 2 milliards de dollars . Du fait de son repositionnement sur les avancées technologiques en santé [7] , l’institut touche principalement les grands donateurs. Le couple Cherng à la tête du groupe Panda Express vient de lui accorder 30 millions de dollars [8].

Anciennement, l’engagement des alumni représentait déjà une part conséquente des financements mais la tendance connaît une forte évolution.

Aujourd’hui, en Californie du Sud, les universités misent également sur leurs programmes d’entreprenariats. Inquiètes de rater le prochain Snapchat, les entreprises et investisseurs de la région gardent un œil permanent sur les jeunes talents et startups prometteurs qui en sont issus [9]. Les universités se tiennent prêtes à recueillir ces investissements, à l’image de UCLA qui grâce à son VC Fund et sa politique entrepreneuriale s’est classée au 1er rang des universités américaines pour le nombre de startups créées à partir de recherches menées sur son campus selon une étude de l’Institut Milken, et au 15ème pour le transfert de technologie en général [10].


Rédacteurs :

[2France-Science, GAFAM : les bienfaiteurs insolites de la biomédecine, 14 octobre 2016

[3Il est à noter que ces contributions réduisent considérablement le revenu imposable de ces entreprises multimilliardaires

[4San Diego Union Tribune, UCSD raises record $213 million, 11 octobre 2016

[5Ce montant serait à remettre en perspective face à la levée de fonds de UC San Francisco qui a atteint près de 596 millions de dollars l’an dernier.

[9LA Times, L.A. venture capitalists who missed Snapchat don’t want to make the same mistake twice18 avril 2017

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