Décès de Bertram Kostant : le MIT rend hommage au mathématicien.

États-Unis

Brève
États-Unis | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
31 mars 2017

Bertram Kostant, mathématicien et professeur émérite de mathématiques au MIT, est décédé le 2 février 2017 à Roslindale (Massachusetts), à l’âge de 88 ans. Bertram fut professeur de mathématiques au MIT de 1962 jusqu’à sa retraite en 1993, après laquelle il continua à parcourir le monde à l’invitation de nombreuses universités. L’héritage qu’il nous laisse s’étend sur près de 60 ans de recherches ayant abouti à une centaine de publications. Sa capacité à connecter des concepts apparemment sans lien a fait de lui un théoricien important des mathématiques et de la physique théorique.

Bertram Kostant, né le 24 mai 1928 à Brooklyn, obtient un Bachelor de mathématiques à Purdue University en 1950. Il étudie à l’Université de Chicago grâce à une bourse de la Commission à l’énergie atomique américaine. Il y obtient un Master en 1951 et un doctorat en 1954. C’est lors de ses études à l’Université de Chicago qu’il se découvre une passion pour les groupes de Lie (groupes de symétrie qui sont au cœur de nombreuses théories en géométrie, algèbre et physique mathématique). Et c’est autour de ces objets mathématiques que gravitent la majorité de ses recherches et théories.

Après son doctorat, Kostant a enseigné à Princeton University jusqu’en 1956, puis à UC Berkeley jusqu’en 1962, date à laquelle il a rejoint le MIT, jusqu’à sa retraite.

La particularité des recherches de Kostant résulte de sa capacité à établir des liens, des ponts entre les mathématiques pures, notamment les groupes de Lie, et la physique théorique, et en particulier la physique quantique théorique. Dans les années 60 et 70, il est l’un des principaux concepteurs de la théorie de quantification géométrique, qui découle de l’idée de quantifier des orbites co-adjointes pour en obtenir des représentations géométriques. Cette théorie permet d’expliquer formellement le passage de la physique classique à la physique quantique, en se basant sur la géométrie symplectique.

Pour ses recherches, Bertram Kostant a reçu de nombreuses récompenses, particulièrement à Paris en 1959 la bourse Guggenheim pour « sa capacité exceptionnelle dans la recherche académique ». Il a été élu à l’Académie américaine des Arts et des Sciences en 1962, puis à l’Académie nationale des Sciences en 1978. Il a reçu en 1990 le prix Steele de la Société mathématique américaine. Il a été fait docteur émérite de l’Université de Cordoue en Argentine en 1989, de celle de Salamanque en Espagne en 1992 et de l’Université Purdue en 1997.

Même après avoir pris sa retraite, Bertram Kostant a continué d’inspirer des générations de scientifiques au MIT et à travers le monde. Il a été professeur invité en 2001 à Berkeley, et a tenu en 2012 la leçon inaugurale des membres de la Société américaine de mathématiques. En juin dernier, Bertram s’est rendu à Rio de Janeiro pour le Colloque sur les méthodes de théorie des groupes en physique, pendant lequel il a reçu la prestigieuse Médaille Wigner « pour ses contributions fondamentales à la théorie des représentations qui ont mené à de nouvelles branches des mathématiques et de la physique ».

Un hommage lui sera rendu au MIT au mois de mai [1].


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