Au-dessus du volcan : 4ème Demo Day à IndieBio

États-Unis

Brève
États-Unis | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
18 février 2017

Sans complètement s’abandonner à l’autocélébration parfois grandiloquente qui accompagne la mise en visibilité publique de tendances émergentes (‘Biology is reinventing the world’, juste après que le logiciel ait dévoré celui-ci), force est de reconnaître que la formulation prudente –‘une dynamique est en marche’- que nous avions utilisée il y a un an à propos d’IndieBio, le premier accélérateur au monde intégralement dédié aux startups de biotechnologies, constitue un assez joli exemple de sous-estimation.

L’effervescence de la biologie synthétique, qui ouvre des perspectives de marché faramineuses (on estime celui-ci à hauteur de 11.4 milliards de dollars pour 2021, avec une croissance annuelle de 24% [1]), suscite des appétences entrepreneuriales sans précédent : 192 startups des Etats-Unis ont cumulé 828 M$ d’investissement en 2016. La réduction drastique des coûts de séquençage du génome ainsi que des équipements combinée à la sécularisation croissante dans l’espace public de l’éthique du hacking ont construit le terreau de ce bouillonnement dont IndieBio, qui en avait été le catalyseur à sa création il y a un peu plus de deux ans, constitue désormais le symptôme abouti.

Rappelons-en le principe : le programme offre deux fois par an aux startups qu’il a préalablement sélectionnées (une petite quinzaine deux fois par an) un investissement initial dans chacune des sociétés de 200 000 $ en cash plus 50 000 $ en nature (le programme lui-même) en échange de 8% du capital. En sus, et de manière optionnelle, IndieBio offre la possibilité d’une obligation convertible de 150 000 $ à 20% de réduction pour un valuation cap de 2.5 M$. En plus des éléments classiques de mentoring de ce type de dispositif, les promotions ont également accès, dans le même esprit que les dispositifs d’incubation à infrastructures partagées, à un laboratoire mutualisé et un espace de co-working, mais plus encore à une introduction à l’écosystème local d’investissement.

Le 9 février dernier, se tenait à San Francisco le quatrième Demo Day d’IndieBio en présence de plus de mille participants, dont au moins trois cents investisseurs, mais aussi de régulateurs, de représentants de groupes industriels et d’une couverture médiatique sans précédent. Treize nouvelles sociétés ont à l’occasion de ce rituel présenté leur état d’avancement :

  • Scaled Biolabs utilise des puces microfluidiques intelligentes qui permettent de mener en parallèle des milliers d’expérimentations cellulaires. Elle est en clôture imminente de son premier tour de table à 3M$.
  • DXRX Medical développe une application de santé numérique et de télémédecine pour le traitement de l’addiction alcoolique.
  • BioInspira a développé un réseau de bio-capteurs qui permet la détection de composés chimiques (méthane, éthane, méthylmercaptan) en suspension en temps réel pour les bâtiments et infrastructures industriels. Elle a déjà levé 1.5 M$ et lance un second tour à 3 M$.
  • Animal Biome propose un dispositif médical de test du microbiome des chats et des chiens pour le suivi et le traitement de leurs maladies chroniques, notamment digestives, et une ligne de probiotiques associés. Elle lève 1.8 M$.
  • A2A Pharmaceuticals offre une plate-forme d’apprentissage automatique pour le design à volume élevé et l’évaluation de molécules thérapeutiques dans le traitement d’infections bactériennes résistantes aux antibiotiques et de cancers. Elle est en voie de concrétiser une première levée de fonds à 5 M$.
  • Pure Cultures développe et produit des lignes de prébiotiques et probiotiques pour la santé animale industrielle et domestique comme alternative aux antibiotiques. Elle effectue un tour initial à 2 M$.
  • Venomyx Therapeutics développe, à base de nanoanticorps, le premier anti-venin universel contre les morsures de serpent. Elle vient de signer un accord de licensing avec un industriel pharmaceutique indien de 200 M$.
  • ViaeX Technologies développe un système biodégradable et à coût réduit de nanofiltration biologique de l’air et de l’eau qui cible de manière sélective bactéries et agents polluants. Elle entame un tour de table initial de 4M$.
  • NeuroQore commercialise un système thérapeutique fondé sur la stimulation magnétique transcrânienne répétitive unidirectionnelle pour le traitement de la dépression et de désordres psychiatriques et neurologiques. Elle vient de lever 2 M$.
  • GEA Enzymes, startup chilienne, manipule des activités enzymatiques spécifiques pour créer des protéines de synthèse à destination de l’industrie alimentaire (en particulier chocolatière) pour réduire les niveaux d’acides gras saturés. Elle vient de lever 2 M$.
  • Mendel Health automatise, par le biais de leur histoire médicale personnelle et l’analyse génétique, la mise en relation entre les patients atteints de cancers et les essais cliniques. Elle clôture une levée initiale de 2 M$.
  • Ravata Solutions propose un dispositif microfluidique et électronique automatisé d’altération génétique à haut volume d’embryons (pour le moment) animaux. Elle est en voie de lever 2.5 M$.
  • Catalog, enfin, offre un dispositif d’encodage et de stockage infini dans le temps d’information à volume élevé dans de l’ADN synthétique préexistant (donc sans besoin de synthèse nouvelle, ce qui réduit les coûts par un facteur de plusieurs millions). Elle vient de clôturer sa levée initiale de 5 M$.

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