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A quelques semaines du départ, Tom Vilsack fait le bilan du rôle et des activités de l’USDA concernant la recherche en agronomie et en alimentation

États-Unis

Brève
États-Unis | Agronomie et alimentation
7 janvier 2017

A quelques semaines de la fin du second mandat de Barack Obama et de son cabinet, Tom Vilsack, Secrétaire à l’Agriculture depuis 2009, soit depuis la première mandature d’Obama, revient sur le rôle et les actions de l’USDA dans le domaine de la recherche en agriculture et en alimentation et tire le bilan de l’Administration Obama sur ces sujets [1].

La recherche, une des missions fondatrices de l’USDA

La recherche a toujours occupé une place importante au sein du ministère américain de l’Agriculture (USDA - US Department of Agriculture). A sa création, en 1862, l’USDA avait pour principales missions « d’acquérir et de diffuser parmi la population des États-Unis des informations utiles sur des sujets liés à l’agriculture ». [2]. Si aujourd’hui, l’USDA a vu ses missions se multiplier, la recherche n’en demeure pas moins un élément central. Quatre agences de l’USDA ont une activité centrée sur la recherche en agronomie, en alimentation et plus largement sur l’ensemble des sujets couverts par l’USDA. [3] :

  • L’ARS (Agricultural Research Service), créé en 1953, est l’agence de recherche de l’USDA. Elle est missionée pour répondre, à travers ses travaux de recherche, aux principales problématiques agricoles, et permettre la diffusion des connaissances établies. Elle emploie directement plus de 2000 scientifiques. [4]
  • L’ERS (Economic Research Service), agence fédérale de statistiques, est responsable de la collecte et de l’analyse des données économiques et sociologiques dans les domaines de l’agriculture, du développement rural et de l’alimentation. [5]
  • Le NASS (National Agricultural Statistics Service), est également une agence fédérale du système statistique. Elle mène plusieurs centaines d’études par an sur l’ensemble des aspects de l’agriculture américaine (niveau de production, prix des produits agricoles, revenu des agriculteurs, recensement agricole, etc.). [6]
  • La NIFA (National Institute of Food and Agriculture), créée en 2008, est chargée des financements à travers trois mécanismes de financement : les "competitive grants" (incluant notamment l’’Initiative Agriculture and Food Research" - AFRI), les "formula grants" (destinés aux “land-grant institutions”, aux écoles forestières et aux écoles vétérinaires) et les "non-competitive grants" (délivrées aux travaux nécessitant un renouvellement de financement pour être menés à terme, ou encore, lorsqu’une situation d’urgence ou de danger important pour la santé ou la sécurité impose un financement immédiat) [7]

L’activité de ces quatre agences est coordonnée par l’Office of the Chief Scientist (OCS), créé en 2009, qui détermine les priorités. [8]. En 2012, l’OCS a défini un plan d’action, toujours en vigueur aujourd’hui, déterminant 7 thématiques prioritaires : l’offre alimentaire mondiale et la sécurité alimentaire, le climat et les besoins énergétiques, l’usage durable des ressources naturelles, la nutrition et l’obésité infantile, la sécurité sanitaire des aliments, l’éducation et la culture scientifique, et le développement rural. Ces priorités peuvent être complétées par les différentes lois agricoles. [9]. Dernièrement, lors de l’adoption de la dernière loi d’orientation agricole, Farm Bill, en 2014, il a notamment été décidé de se concentrer sur la santé animale en y consacrant 5 millions de dollars par an ou encore d’augmenter les financements alloués à la recherche sur les cultures spécialisées (fruits et légumes principalement). [10].

Bilan de Tom Vilsack sur le rôle de l’USDA dans la recherche sous l’administration Obama

Après huit années passées à la tête de l’USDA, Tom Vilsack revient sur les réalisations menées par son institution dans le domaine de la recherche et les chantiers engagés sous l’Administration Obama en termes de restructuration des institutions, d’investissements réalisés et de projets mis en place.

La réorganisation de la recherche agronomique américaine était déjà amorcées quelques années avant l’arrivée de l’Administration Obama [11], et a été validée par le "Food, Conservation, and Energy Act" de 2008, actant la création de l’OCS et de la NIFA. Cependant, Tom Vilsack met en avant le rôle joué par l’Administration Obama dans le renforcement et la stabilisation de l’OCS en y créant des postes permanents. C’est également sous l’Administration Obama, qu’a été créée la Fondation pour la recherche en agriculture et en alimentation, qui permet de lever des fonds pour financer la recherche et l’innovation en agriculture et en alimentation. L’USDA a apporté 200 millions de dollars lors de sa création (autorisation par le Congrès via le Farm Bill 2014), complétés par des fonds privés. [12]. Par la création de cette fondation l’Administration Obama affiche sa volonté à travailler étroitement avec les partenaires privés.

Tom Vilsack revient également sur les investissements réalisés dans la recherche et le maintien du budget consacré par l’USDA. De 2009 à 2015, l’USDA a investi 19 milliards de dollars dans la recherche tant interne (ARS) qu’externe (financée à travers les programmes de la NIFA), contre 16,7 milliards de dollars durant les sept premières années de l’Administration Bush [13]. Entre 2,4 et 3,2 milliards de dollars chaque année (2,7 en moyenne) ont été consacrés à la recherche au sein de l’USDA [14]. L’Administration Bush a augmenter lles budgets de recherche agricole, l’ère Obama a poursuivi ces efforts moins régulièrement. On notera cependant, qu’une nouvelle augmentation a été mis en place pour l’année fiscale 2016. [15]. Depuis 2009, les résultats en matière d’innovation ont été significatifs : 883 demandes de brevets déposées, 405 brevets obtenus et 1151 nouvelles déclarations d’inventions.

Le bilan de l’Administration Obama se traduit également dans les actions et programmes menés sur les thématiques prioritaires, à savoir : la production agricole durable, la lutte contre le changement climatique, la lutte contre l’obésité et la sécurité alimentaire dans le monde. Tom Vilsack met en avant dans son édito quelques programmes phares développés sur ces sujets. On citera par exemple :

  • la mise en place du plan en faveur de la santé des polinisateurs. La "National Strategy to promote the health of Honey bees and other pollinators" en 2015, a permis de concentrer un important effort de recherche sur la compréhension et l’identification des facteurs de stress affectant les populations de pollinisateurs et les pratiques de contrôle. Les résultats servent de base pour définir des actions [16] ;
  • la création des "Climate hubs" régionaux qui visent à rendre accessible les résultats de recherche et les connaissances acquises sur les questions d’adaptation et de mitigation des effets du changement climatique, en fonction des conditions spécifiques des régions. Ils ont également pour objectif, de produire à partir de ces données des éléments d’aide à la décision et des guides de bonnes pratiques destinés aux agriculteurs et autres acteurs [17] ;
  • ou encore l’implication des chercheurs de l’USDA dans des programmes internationaux dédiés à l’amélioration des qualités nutritives du brocoli, des tomates ou encore du maïs.

Enfin, Tom Vilsack salue le rôle de l’USDA en matière de recherche, tant pour ses découvertes scientifiques capables de révolutionner l’activité agricole, que pour sa capacité à répondre aux crises, notamment lors de l’épidémie de grippe aviaire H5N1 en 2014 et 2015.

A quelques semaines de l’investiture du prochain président, il est encore difficile de dire qu’elle sera l’importance accordée à ces sujets. Le prochain Secrétaire à l’Agriculture n’a pas encore été désigné.


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