Caractérisation des épigénomes causant la progression de tumeurs

Espagne

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Espagne | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
30 juin 2017

Une équipe de chercheurs de l’Institut de Recherches Biomédicales de Bellvitge (IDIBELL) a caractérisé les épigénomes complets des tumeurs les plus fréquentes, dont le cancer du côlon, du poumon et du sein.

Une équipe de chercheurs de Barcelone dirigée par Manel Esteller de l’Institut de Recherche Biomédicale de Bellvitge (IDIBELL) a permis de caractériser les épigénomes complets des tumeurs les plus fréquentes. Ce sont toutes les modifications épigénétiques des gènes inhibant ces tumeurs. Ces modifications impliquent une progression de la tumeur en question, il est donc important de les connaître pour pouvoir les empêcher.

En effet, les gènes inhibiteurs des tumeurs perdent leur fonction protectrice à la suite d’une modification chimique déterminée, appelée marque épigénétique. Il s’agit le plus souvent une méthylation de l’ADN qui stoppe leur expression.

L’équipe a mis en place une méthode permettant d’analyser l’ensemble des méthylations de cellules cancéreuses de tumeurs solides. Au total, le génome humain possède 28 millions de sites qui peuvent engendrer un contrôle de l’expression génétique par méthylation. Les techniques les plus utilisées permettent seulement d’en étudier 1 million. Cette étude a dépassé cette limite.

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Exemples de trois épigénomes complets correspondant au cancer du côlon d’un patient. Le cercle concentrique intérieur correspond à un tissu du colon normal, le cercle intermédiaire à une tumeur et le cercle extérieur à une métastase dérivée de cette tumeur. La progression de la tumeur est représentée par un éclaircissement du bleu, ce qui indique la perte des signaux épigénétiques corrects. A l’extérieur, les couleurs représentent les 23 chromosomes humains. / Crédits : IDIBELL

Cette analyse a montré que beaucoup de gènes inhibiteurs de cancers ont leur activité significativement freinée dans les organes affectés par la maladie, mais qu’il existait également d’autres altérations épigénétiques dans des régions chromosomiques lointaines qui affectent ces mêmes organes. Ce fait serait expliqué par la proximité de ces séquences dans la configuration tridimensionnelle des cellules. L’étude montre que pour certains longs fragments d’ADN, tous les gènes avoisinant souffrent d’une altération du signal chimique, comme s’ils formaient des blocs affectés à l’unisson de manière épigénétique.

Les résultats de cette étude ont été publiés le 5 juin dernier dans la revue Oncogene. Toutes les données obtenues durant cette étude sont désormais publiques et accessibles pour de prochaines analyses bioinformatiques afin de mieux comprendre l’origine et la progression de ces tumeurs.

Source

“Obtenidos los epigenomas completos de los tumores más frecuentes”, SINC, 06/06/2017

Référence bibliographique

Vidal E, Sayols S, Moran S, Guillaumet-Adkins A, Schroeder MP, Royo R, Orozco M, Gut M, Gut I, Lopez-Bigas N, Heyn H, Esteller M. A DNA Methylation Map of Human Cancer at Single Base-Pair Resolution. Oncogene, DOI : 10.1038/onc.2017.176, 2017

Liens d’intérêt

« Nous avons tous un génome et DES épigénomes », INRA

Rédacteur

Cécile Malavaud - cecile.malavaud[a]diplomatie.gouv.fr

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