Le sport comme moyen de lutter contre la sclérose en plaques

Danemark

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Danemark | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
31 août 2017

Une équipe de chercheurs dano-allemande a montré que la pratique d’exercices physiques permet à la fois de réduire les symptômes de la sclérose en plaque, d’en ralentir la progression, mais également de protéger le système nerveux contre la maladie.

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune [1] affectant le système nerveux central. Elle s’attaque aux cellules synthétisant la myéline, une membrane biologique s’enroulant autour des axones [2] et leur servant de gaine protectrice. Les lésions qu’elle entraine provoquent des perturbations motrices, sensitives et cognitives, avec un risque de handicap irréversible. Des traitements médicaux existent pour en réduire les poussées et améliorer la qualité de vie des patients, ils ne permettent néanmoins pas de lutter contre la progression de la maladie.

Une équipe de chercheurs danois (universités d’Aarhus et du Sud-Danemark) et allemands (centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf) vient de montrer qu’une pratique sportive pouvait réduire les symptômes de la sclérose en plaques, ralentir sa progression et protéger le système nerveux contre la maladie. Leurs résultats ont été publiés fin juillet 2017 dans la revue Multiple Sclerosis Journal.

Pendant une durée de six mois, les chercheurs ont suivi 35 patients atteints de sclérose en plaques. La moitié a été soumise à un programme d’exercices de résistance musculaire (gainage, exercices avec élastiques…), tandis que l’autre moitié n’a pas modifié son rythme de vie. Au terme de l’expérimentation, la taille du cerveau avait diminué dans les deux groupes en raison des lésions provoquées par la maladie, mais le rétrécissement était moindre chez les patients soumis au programme d’exercices physiques. Les effets positifs du sport s’additionnaient même à ceux des éventuels traitements médicaux. Les chercheurs ont aussi pu observer une croissance dans de petites zones du cerveau en réponse aux efforts physiques.

Par le passé, il était conseillé aux patients atteints par cette maladie de ne pas pratiquer d’activité physique, par peur d’exacerber la maladie. Il avait été pourtant démontré, depuis une quinzaine d’années, que des exercices physiques avaient un impact positif sur la capacité des patients à marcher, leur niveau de fatigue, leur force musculaire, etc. Le fait que l’activité physique protège le cerveau et le système nerveux, tel que prouvé par cette équipe dano-allemande, est quelque chose de tout à fait nouveau.

Les raisons exactes du phénomène ne sont pas encore connues. Les chercheurs impliqués souhaitent poursuivre leurs études en la matière. À l’heure actuelle, il n’est en tout cas pas question pour eux de remplacer les médicaments par le sport ou de se lancer dans une activité sportive sans encadrement d’un spécialiste.


[1] Auto-immune : le système de défense du corps, censé le protéger contre des agressions extérieures, se retourne contre ses propres cellules et les attaque pour des raisons encore mal connues.
[2] Axone : prolongement unique par lequel un neurone communique avec sa cellule cible.


Sources  :


Auteurs  : Alexis David (ad[a]institutfrancais.dk), Nathalie Avallone (na[a]institutfrancais.dk)

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