La Fondation Novo Nordisk soutient la recherche pour combattre la résistance aux antimicrobiens

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Danemark | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
1er mars 2017

La résistance aux antimicrobiens est l’une des grandes problématiques actuelles en matière de santé. Au Danemark, la Fondation Novo Nordisk soutient la recherche dans ce domaine, notamment à travers son programme de bourses "Challenge Programme" et son centre de recherche sur la bio-durabilité.

La résistance aux antimicrobiens est l’une des grandes problématiques actuelles dans le secteur de la santé. Elle désigne la résistance des différents types de micro-organismes aux médicaments antibactériens, antiviraux, antiparasitaires et antifongiques [1]. Face aux risques importants que cela représente, telle la résurgence de maladies infectieuses incurables [2], l’Organisation mondiale de la santé a lancé un programme à ce sujet en 2015. Il consiste notamment à faire connaitre le problème, à renforcer les connaissances, à optimiser l’usage des agents antimicrobiens et à garantir des investissements durables pour combattre la résistance [3].

Au Danemark, la Fondation Novo Nordisk s’intéresse particulièrement à ce sujet. Elle fait partie du groupe danois Novo, rassemblant les multinationales Novo Nordisk et Novozymes spécialisées respectivement dans le secteur pharmaceutique et des biotechnologies. La Fondation Novo Nordisk décerne des prix et finance la recherche en distribuant de nombreuses bourses au sein des institutions publiques de recherche dans les domaines de la biomédecine, des biotechnologies, de la médecine générale ou des soins infirmiers. Entre 2013 et 2015, ses financements s’échelonnaient de 98 à 125 millions € ; en 2016, ils devraient atteindre 255 millions €.

Chaque année, la Fondation attribue des bourses au travers du "Challenge Programme", destiné à soutenir la recherche stratégique dans les domaines de la santé, la biomédecine et les biotechnologies [4]. Dans son appel à candidatures 2016, deux axes de recherche étaient privilégiés : la résistance aux antibiotiques et/ou les alternatives aux antibiotiques et les produits biopharmaceutiques par prise orale. À partir de 2017, cinq projets de l’université de Copenhague et de l’université technique du Danemark (DTU) vont ainsi bénéficier chacun d’environ 8 millions € sur une période de six ans. Les projets portent sur des sujets variés tels que l’analyse des eaux usées pour améliorer la compréhension de la résistance aux antibiotiques, ou encore la production de nouveaux antibiotiques, par exemple à partir de bactéries ou de peptides.

Cet axe de recherche est également développé par la Fondation Novo Nordisk dans le cadre de son centre de recherche sur la bio-durabilité (The Novo Nordisk Foundation Center for Biosustainability - CFB), créé en 2011 en partenariat avec la DTU. La finalité de ce laboratoire est de trouver des solutions pour permettre la transition vers une société plus durable en fabriquant des produits chimiques à partir non plus de pétrole, mais de procédés biologiques.

C’est pourtant une équipe de chercheurs du CFB qui a mis récemment au point une méthode novatrice de diagnostic concernant la résistance microbienne dans les intestins. De très nombreuses bactéries sont naturellement présentes dans les intestins, permettant le bon fonctionnement de notre organisme. Ces bactéries possèdent des gènes de résistance antibiotique, leur permettant de survivre dans le corps même lors d’une prise de médicaments. Cependant, des échanges de gènes de résistance peuvent se produire avec des bactéries infectieuses. Celles-ci deviennent alors résistantes aux traitements supposés les éliminer. Des chercheurs du CFB ont développé une méthode très rapide et peu couteuse permettant d’identifier rapidement le groupe de gènes de résistance dans les intestins, aussi appelé le "résistome". Cette méthode nommée "poreFUME" repose sur le séquençage rapide des gènes, sans recours à la culture de bactéries fécales. Le délai d’obtention des résultats est ainsi réduit à un ou deux jours au lieu de plusieurs semaines. PoreFUME permet donc de mettre en place rapidement un traitement antibiotique adapté aux patients, avant que le résistome n’ait le temps de muter.


[1] “Résistance aux antimicrobiens”, Organisation Mondiale de la Santé, http://www.who.int/antimicrobial-resistance/fr
[2] "L’OMS alerte sur des « superbactéries » résistantes aux antibiotiques", Le Monde, 27/02/2017, http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/02/27/l-oms-alerte-sur-des-superbacteries-resistantes-aux-antibiotiques_5086486_1651302.html#uXI2UcLXIfui3e04.99
[3] "Plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens", Organisation Mondiale de la Santé, http://www.who.int/antimicrobial-resistance/global-action-plan/fr
[4] Les appels à candidatures du "Challenge Programme" sont ouverts aux chercheurs étrangers, à condition que le porteur principal travaille dans une université danoise. http://novonordiskfonden.dk/en/content/challenge-programme-2017


Sources :


Auteurs : Alexis David (ad[a]institutfrancais.dk), Nathalie Avallone (na[a]institutfrancais.dk)

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