Dégradation du polyuréthane par un champignon

Chine

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Chine | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
29 juin 2017

Une espèce de champignon trouvée par des chercheurs chinois et pakistanais serait capable de dégrader le polyuréthane (PUR), matière plastique jusqu’à maintenant non dégradable.

L’équipe chinoise menée par le Pr. XU Jianchu, du Kunming Institute of Botany de la Chinese Academy of Sciences (CAS), a participé à la découverte dans une décharge d’Islamabad, au Pakistan. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la revue Environmental Pollution, le 15 mars 2017.

Aspergillus tubingensis sous son nom scientifique, est un champignon qui peut se développer sur la surface des matières plastiques. L’utilisation d’un microscope électronique à balayage (MEB) a permis de mettre en évidence que le mycélium, l’équivalent des « racines », participe à la séparation physique des polymères en colonisant la surface du matériau. En examinant de plus près son action à l’aide d’un spectroscope infrarouge muni d’un accessoire à réflectance totale atténuée (ATR-FTIR), les chercheurs ont mis en évidence que les enzymes secrétées par le mycélium sont capables de briser les liaisons entres les polymères constituant le polyuréthane. Ils ont également testé différents milieux de culture : la culture sur plaque, la culture liquide et la technique d’enfouissement dans le sol. En deux mois, un film polyuréthane a été complètement décomposé en petits morceaux sous culture liquide. D’autres facteurs peuvent influencer la performance du champignon comme le pH du milieu ou la température. Le prochain objectif est la détermination des conditions idéales pour la croissance du champignon et la dégradation du plastique.

Le polyuréthane est un polymère versatile largement utilisé pour la fabrication de mousses flexibles et rigides, d’adhésifs, de pneus, mais aussi de fibres synthétiques. Il fait partie des « big six » avec le polyéthylène (PE), le polypropylène (PP), le polychlorure de vinyle (PVC), le polystyrène (PS), et le polyéthylène téréphtalate (PET), dans le domaine des polymères, matière plastique bon marché largement produit et consommé dans le monde. Jusqu’alors non biodégradable, cette découverte pourrait ouvrir la voie à un meilleur contrôle de la pollution des eaux et des sols par le polyuréthane.

En savoir plus

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749117300295

Sources

https://news.cgtn.com/news/3d41444e78497a4d/share_p.html
http://english.cas.cn/newsroom/research_news/201703/t20170330_175543.shtml

Rédacteur

Yvonne TRAN : yvonne.tran[a]diplomatie.gouv.fr

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