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Nouveau brevet prometteur contre les effets négatifs des anesthésies sur le cerveau

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Actualité
Canada | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
17 février 2017

Un nouveau brevet américain attribué à un chercheur de l’Université de Toronto cible le « cerveau dans le brouillard » laissé par l’anesthésie.

Vingt ans de recherches méticuleuses ont mené à un nouveau brevet américain pour un expert en anesthésie de l’Université de Toronto.
Le brevet « Méthodes pour la prévention et / ou le traitement des troubles de la mémoire » est destiné à une classe de médicaments qui peuvent aider à atténuer des troubles coûteux comme le délire et le dysfonctionnement cognitifs qui affectent certains patients après des chirurgies sous anesthésie générale.

« C’est comme si les patients - jeunes et moins jeunes - se réveillaient, mais les rouages ne fonctionnent pas de manière habituelle », explique le Dr Beverley Orser, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto et anesthésiste au Sunnybrook Hospital. « Ils ne sont pas eux-mêmes », dit-elle. « Parfois, c’est vraiment manifeste, comme en cas de délire (hallucinations, changements d’humeur fréquents), parfois c’est plus subtil - comme quand soudainement dans la période postopératoire grand-mère ne comprend plus (quand on lui fournit une nouvelle information).

Le brevet d’Orser (no. 9,517,265) concerne une classe de médicaments qui ciblent un récepteur du cerveau qui bloque la capacité à fabriquer de nouveaux souvenirs. Il s’agit de l’un parmi plus de 100 brevets américains obtenus par des chercheurs de l’université de Toronto depuis 2011 avec l’aide du Bureau des Innovations et des Partenariats de l’université.

« Obtenir un brevet américain contribue à attirer l’intérêt commercial et nous l’espérons à provoquer une participation de l’industrie ».
Les brevets délivrés auprès de chercheurs de l’université de Toronto ont généré plus de 49 millions de dollars à travers de tels accords.

L’objectif d’Orser est de voir sa recherche passer du laboratoire à la salle d’opération le plus tôt possible pour bénéficier aux patients les plus à risque.
« On focalise seulement sur la célébration des patients qui survivent à une chirurgie, indique-elle, mais ce n’est pas assez. Ils doivent être bien portants. »

L’intérêt suscité par le brevet d’Orser devrait être prometteur puisque la capacité de réduire le délire postopératoire et le dysfonctionnement cognitif entraînerait d’énormes économies pour le système de santé ainsi que la tranquillité d’esprit des familles souvent déconcertées face à ces symptômes post opératoires.

Une étude menée par le Réseau de Santé universitaire à Toronto (University Health Network- UHN révèle que les troubles postopératoires coûtent 17 millions de dollars par an à ses quatre centres en raison de la prolongation des séjours à l’hôpital et du traitement supplémentaire requis pour les patients. La durée de la déficience cognitive peut varier, et est largement débattue si elle est permanente. En fait, un patient sur trois diagnostiqué souffre encore après sa sortie de l’hôpital. Un patient sur dix présente encore des symptômes trois mois après sa chirurgie, précise Orser.

Les responsables sont des drogues fortes telles que les anesthésiques inhalés comme l’éther ou au propofol - le médicament impliqué dans la mort du chanteur Michael Jackson - qui induisent l’inconscience pendant la chirurgie. L’équipe d’Orser a démontré que l’anesthésie et l’inflammation causée par la chirurgie peuvent augmenter l’activité d’un récepteur du cerveau qui bloque la capacité de fabriquer de nouveaux souvenirs. Elle décrit l’état post-opératoire comme une « empreinte » résiduelle de l’anesthésie générale dans le cerveau.

Et c’est étonnamment commun. Pour des raisons qui ne sont pas très claires, les patients courent un risque plus élevé s’ils subissent une chirurgie cardiaque ou une chirurgie vasculaire majeure (comme un pontage coronarien), s’ils sont placés en soins intensifs pour la chirurgie ou sont des patients âgés subissant une chirurgie de fracture de la hanche, ajoute Orser. En fait, on retrouve un tiers des chirurgies de fracture de la hanche dans ces états post opératoires. Éviter l’anesthésie n’est pas une option pour les patients de ces chirurgies.
En attendant que son brevet conduise à de nouveaux médicaments largement disponibles, elle recommande aux patients d’avoir une « bonne hygiène cérébrale » par l’exercice, une bonne nuit de sommeil, en traitant l’hypertension et en évitant la consommation d’alcool et de drogues récréatives afin de limiter les risques.

Source :
UofT News- 9 février 2017

Rédacteur :
Armelle Chataigner-Guidez, Assistante du conseiller pour la science & la technologie, Ambassade de France au Canada- armelle.chataigner-guidez[a]diplomatie.gouv.fr

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