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Les chercheurs de l’Université de Gand mettent en place un système de traitement des eaux usées dans les communautés urbaines pauvres

Belgique

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Belgique | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement | Agronomie et alimentation
2 mars 2017

L’Inde connaît un problème majeur d’assainissement, notamment à cause du manque de toilettes et de faibles connaissances en matière de mesures d’hygiène qui, chaque année, coûtent des milliards de dollars à l’économie indienne. Des chercheurs de l’Université de Gand (UGent) ont mis au point une technique basique qui pourrait être utile.

De nombreux indiens souffrent de problèmes de santé et meurent à cause des bactéries, virus et autres agents pathogènes présents dans les eaux usées déversées dans l’environnement. Le gouvernement a lancé un plan de de construction de toilettes de grande échelle, mais, dans de nombreux cas, il n’existe aucun réseau d’égouts auquel raccorder les sanitaires.

« Du coup l’eau se déverse dans les fosses septiques, puis directement dans la nature » a expliqué Korneel Rabaey, directeur du département de biochimie et microbiologie. « Dans les grandes villes comme Mumbai, ils possèdent des usines de traitement, mais dans tous les bidonvilles et villages, un tel système n’est pas possible ».

Une solution pourrait être de traiter les eaux usées avec des produits chimiques mais ces derniers sont chers à produire, à transporter et à stocker. Donc Rabeay et ses collègues proposent de les fabriquer sur place.
Les eaux usées contiennent des sels, et les chlorures présents dans ces sels peuvent être transformés en chlore grâce à l’utilisation de l’électricité. Le chlore, un désinfectant chimique, tue les agents pathogènes présents. Après l’élimination des résidus de chlore, l’eau peut être utilisée.

L’équation chimique est plutôt simple, mais le défi réside dans la capacité à construire de nombreuses des unités de production suffisamment robustes et facile à installer et entretenir. « Nous devons y arriver pour que la personne qui vienne nettoyer les toilettes puisse aussi entretenir le système de traitement », a expliqué Rabaey.

L’électricité peut provenir du réseau électrique, ou de panneaux solaires si nécessaire, bien que cela induise des coûts additionnels. Pour le moment, le système fonctionne avec 600 watts, soit l’équivalent énergétique de 10 ampoules. « Avec un toilette pour 100 personnes, c’est un coût raisonnable », a déclaré Rabaey.

Après avoir testé le système sur les toilettes d’une habitation, les chercheurs travaillent désormais sur des toilettes communautaires, associant le traitement électrochimique à un filtre naturel à base de terre et de cailloux qui nettoie l’eau davantage.

Cette eau est actuellement utilisée pour les pelouses autour de l’installation mais l’étape suivante consiste à utiliser celle-ci pour arroser les potagers et jardins. Celle-ci se révèle être un bon fertilisant car le traitement ne filtre par le nitrogène naturellement présent dans l’eau.
« Nous ne produisons pas d’eau potable », souligne Rabaey. « Nous produisons une eau plus propre pour l’environnement ».

Source  : Ian Mundell, Flanders Today en ligne, publié le 1er mars 2017.

Contact (Université de Gand) : Korneel Rabaey, korneel.rabaey[a]ugent.be

Rédacteur(s) : Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr), et Elise Lefèvre, stagiaire chargée de mission universitaire (elise.lefevre[a]diplomatie.gouv.fr)

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