Des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles découvrent un moyen d’améliorer le diagnostic du cancer du sein

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Belgique | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
24 juillet 2017

Emmenés par François Fuks et Christos Sotiriou, des chercheurs du Centre de Recherche de l’ULB sur le Cancer (U-CRC) ont découvert une signature basée sur des changements de méthylation de l’ADN dans le cancer du sein, qui améliore le diagnostic et prédit, au moment du diagnostic, si la patiente répondra à la chimiothérapie. Cette signature améliore aussi le diagnostic de nombreux autres cancers, y compris le mélanome et le cancer du poumon. Forts de ces travaux, les laboratoires des Pr. Fuks et Sotiriou démarrent avec la société Diagenode, un projet BioWin visant à développer un test basé sur cette nouvelle signature pour un usage en routine clinique.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes en Belgique avec plus de 10.000 cas diagnostiqués chaque année. Une femme sur neuf en sera atteinte au cours de sa vie dans notre pays. Bien que les progrès majeurs dans le domaine des thérapies aient amélioré la survie des patientes, cette maladie demeure la principale cause de décès par cancer chez les femmes, en Belgique tout comme dans le reste du monde.

Un défi majeur de l’oncologie moderne réside dans l’amélioration du diagnostic dans le but de trouver le traitement optimal. En effet, l’agressivité et l’efficacité d’un même traitement peuvent varier considérablement d’un patient à l’autre. Ceci est dû aux différences individuelles dans le profil moléculaire des tumeurs. Ces différences peuvent être utilisées pour prédire si un patient répondra mieux à une thérapie donnée et aide les médecins à choisir le meilleur traitement pour leur patient. Cette « médecine personnalisée » est une nouvelle façon de diagnostiquer et de traiter les patients atteints de cancer qui devrait sauver de nombreuses vies.

Les différences dans le profil moléculaire des tumeurs comprennent entre autres des changements dans les modifications épigénétiques de l’ADN. Parmi celles-ci, la méthylation de l’ADN est devenue très importante en oncologie, car le profil de cette marque est altéré dans la majorité des cancers. La méthylation de l’ADN est très robuste et facile à mesurer, et est donc un excellent biomarqueur pour la médecine personnalisée.

Publication Journal of Clinical Investigation

Des chercheurs de la Faculté de Médecine de l’ULB et de l’Institut Jules Bordet, tous deux membres du Centre de Recherche de l’ULB sur le Cancer (U-CRC), ont découvert une signature basée sur des changements de méthylation de l’ADN dans le cancer du sein, qui améliore le diagnostic en quantifiant les cellules immunitaires dans les tumeurs. Cette signature prédit également, au moment du diagnostic, si la patiente répondra à la chimiothérapie, traitement actuellement le plus souvent administré.

Les équipes du Pr. François Fuks (directeur du Laboratoire d’Epigénétique du Cancer à l’ULB) et le Dr. Christos Sotiriou (directeur du Laboratoire de Recherche Translationnelle du Cancer du Sein de l’Institut Jules Bordet) ont également montré que cette signature améliore le diagnostic de nombreux autres cancers, y compris le mélanome et le cancer du poumon. Ces résultats ont été brevetés, puis publiés ce 17 juillet 2017 dans la revue Journal of Clinical Investigation. Les auteurs principaux de cette étude étaient le Dr. Jana Jeschke et le Dr. Martin Bizet.

Projet BioWin

La demande pour un test visant à prédire l’efficacité de la chimiothérapie pour le cancer du sein est essentielle, car la majorité des patientes reçoivent ce traitement par défaut. Cela signifie que de nombreuses patientes ne reçoivent sans doute pas le traitement optimal immédiatement après le diagnostic et un temps précieux est perdu, ce qui diminue les chances de survie.

Pour améliorer cette situation, Diagenode, une société wallonne basée à Liège et spécialisée dans les essais diagnostiques et les outils de recherche en épigénétique, s’est associée aux laboratoires du Pr. Fuks et du Pr. Sotiriou pour développer un test basé sur cette nouvelle signature pour un usage en routine clinique. Ce test sera offert aux oncologues pour les aider à choisir le meilleur traitement pour leurs patientes. Ce projet ambitieux et opportun est soutenu par le pôle de compétitivité santé de Wallonie, BioWin, à hauteur de 3,7 millions d’euros.

A terme, le projet devrait permettre de transposer la recherche académique vers l’application clinique, pour une meilleure prise en charge des patientes atteintes d’un cancer du sein.

L’étude publiée dans Journal of Clinical Investigation a reçu le soutien du Fonds national de recherche scientifique (FNRS), du Télévie, du projet BRUBREAST du plan INNOVIRIS de la Région de Bruxelles-capitale, du programme Pôles d’attraction interuniversitaires (PAI), de la Fondation belge contre le cancer, de la Fondation de recherche sur le cancer du sein (BCRF) et du Fonds Gaston Ithier.

Source : Communiqué publié par l’Université Libre de Bruxelles. Article publié dans la revue Journal of Clinical Investigation (DOI : 10.1172/JCI91095)

Contact scientifique : François Fuks, Centre de Recherche de l’Université Libre de Bruxelles sur le Cander, Laboratoire d’Epigénétique du Cancer : ffuks[a]ulb.ac.be, +32 (0)2 555 62 45

Contact presse : Service Communication Recherche de l’Université Libre de Bruxelles, Nancy Dath : ndath[a]ulb.ac.be, +32 (0)2 650 92 03 ; Nathalie Gobbe : ngobbe[a]ulb.ac.be, +32 (0)2 650 92 06

Rédacteur(s) : Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr) et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr).

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