Comment réduire l’utilisation d’antibiotiques en production animale à l’horizon 2030

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Belgique | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
2 octobre 2017

D’importantes quantités d’antibiotiques sont utilisées à des fins de traitement et de prévention des maladies animales. Leur usage comme promoteurs de croissance est interdit en Europe, mais cette pratique est encore d’actualité dans de nombreux pays du monde.

« À l’échelle globale, la consommation d’antibiotiques en production animale représente aujourd’hui près de trois fois leur usage en santé humaine et de nombreux travaux suggèrent un lien entre cet usage excessif et l’apparition d’infections résistantes aux antibiotiques chez l’homme », rappelle l’Université Libre de Bruxelles.

Un consortium international de chercheurs emmenés par Thomas Van Boeckel – ancien bioingénieur de l’ULB – actuellement en Postdoc à l’ETH Zürich, et parmi lesquels on retrouve également le Dr Marius Gilbert du Laboratoire d’Épidémiologie spatiale de l’ULB, publie cette semaine la première évaluation globale de l’effet de différentes politiques d’intervention visant à réduire l’utilisation future d’antibiotiques en production animale.

L’étude révèle que la consommation mondiale d’antibiotiques dans l’élevage devrait augmenter de près de 52% à l’horizon 2030 pour atteindre un total de 200,000 tonnes, en l’absence d’intervention. « Il s’agit d’une révision à la hausse de prévisions déjà pessimistes publiées en 20101, liées à l’obtention de données plus récentes et fiables sur l’utilisation d’antibiotiques en Chine », précise l’ULB.

Différents types d’interventions et de régulations devraient permettre de réduire cette consommation. L’utilisation d’une tarification de l’usage pourrait par exemple générer plusieurs milliards de dollars qui pourraient être investis dans la recherche de nouveaux antibiotiques ou dans l’amélioration des bonnes pratiques en matière de production animale pour réduire le besoin en antibiotiques. « Ceci pourrait être particulièrement important dans les pays à faible et à moyens revenus », souligne l’auteur de l’étude, Thomas Van Boeckel.

En comparaison d’une situation de Statu quo, une régulation globale autorisant un maximum de 50 mg d’antimicrobiens par kg d’animal par an dans les pays de l’OCDE pourrait déjà permettre de réduire la consommation de 60% sans affecter le développement du secteur de l’élevage dans les pays les plus pauvres. De telles politiques pourraient cependant être difficiles à mettre en œuvre dans certains pays. Une solution alternative qui consisterait à imposer un surcoût de 50% sur les antimicrobiens d’usage vétérinaire pourrait réduire la consommation globale de 31% et générer un revenu entre 1.7 et 4.6 milliards de dollars.

Une des limites de l’évaluation faite dans cette étude est l’accès à des données suffisantes sur les ventes, les volumes et les prix d’antimicrobiens. L’étude se base en effet sur des données publiques récoltées uniquement dans 37 pays. Différents acteurs de la production d’antimicrobiens à usage vétérinaire ont été contactés pour cette étude, mais aucun n’a accepté de partager de données en matière de volumes de production ou de prix.

Source : lien vers l’article publié le 1er octobre 2017 sur DailyScience.be : http://dailyscience.be/2017/10/01/les-yeux-et-les-oreilles-de-daily-science-90/

Contact : Christian Du Brulle, rédacteur en chef Dailyscience.be, cdb[a]dailyscience.be

Rédacteur(s) : Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr) et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr).

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