L’Institut Fraunhofer IGB à la tête d’un consortium européen pour développer de nouvelles approches thérapeutiques contre la sclérose en plaques

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Allemagne | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
5 mai 2017

L’Institut Fraunhofer d’ingénierie des interfaces et de biotechnologie IGB (Stuttgart) est coordinateur d’un projet européen destiné à développer de nouvelles techniques de traitement pour la sclérose en plaques. Le projet, nommé N2B-patch, réunit onze partenaires des milieux de la recherche et de l’industrie de huit pays. Il est financé par la Commission européenne à hauteur de six millions d’euros pour une durée de quatre ans.

Les substances médicamenteuses sont généralement introduites dans l’organisme par voie sanguine, soit de façon directe grâce à une injection, soit de façon indirecte, par exemple à travers le système digestif. Dans de nombreuses maladies, les substances actives doivent être transportées jusqu’au site d’action voulu de la façon la plus précise possible. Cependant, certains mécanismes de protection peuvent rendre cette tâche difficile. C’est notamment le cas lorsqu’une substance vise le système nerveux central et se heurte à la barrière hémato-encéphalique (sang-cerveau).

Le consortium va donc tenter de développer une nouvelle méthode d’administration médicamenteuse par le biais de la région olfactive. Cette approche permettra aux substances actives de passer outre la voie sanguine pour atteindre le cerveau directement. En effet, le cerveau et le liquide cérébro-spinal dans lequel il baigne ne sont séparés de la cavité nasale que par l’os éthmoïde et quelques couches de cellules. Le médicament pourrait ainsi traverser facilement cette barrière et rejoindre le cerveau directement. Le système thérapeutique se compose donc d’une part de la substance active – une biomolécule stimulant la régénération des cellules nerveuses – et d’autre part d’une formulation spéciale sous forme d’hydrogel contenant la substance – ou « patch ».

Afin d’introduire ce gel dans le nez, les chercheurs développeront également un applicateur spécial. L’appareil sera une combinaison entre un endoscope déjà disponible sur le marché et un système de mélange spécifique. Celui-ci sera nécessaire car le site d’action est difficilement atteignable et le gel ne peut pas être placé à cet endroit s’il est déjà solidifié. Il faut donc apporter les bases liquides séparément afin de ne donner au gel sa consistance adhésive finale qu’une fois positionné sur le site d’action.

Puisque la zone est difficile à atteindre, l’application du patch sera conduite par un praticien, et non par le patient lui-même. La substance sera ensuite relâchée sur une période plus longue et aucune procédure supplémentaire ne sera requise pour retirer le patch. Dans les cas de longs traitements, un nouveau patch devra simplement être posé.


Source : “Nose2Brain – Effizientere Therapie von Multipler Sklerose”, communiqué de l’Institut Fraunhofer d’ingénierie des interfaces et de biotechnologie, 25/04/2017 – https://www.igb.fraunhofer.de/de/presse-medien/presseinformationen/2017/nose2brain.html

Rédactrice : Laura Voisin, laura.voisin[at]diplomatie.gouv.fr – www.science-allemagne.fr

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