Recherche pour le développement

La France et la recherche pour le développement

La politique française de recherche pour le développement

Les changements climatiques, les crises environnementales, les maladies émergentes, les mouvements de population ou la sécurité alimentaire sont autant d’enjeux globaux qui concernent conjointement les pays dits « développés » et « en développement ».

L’adoption en septembre 2015 de l’agenda 2030 pour le développement durable par les Nations-Unies à New-York puis de l’accord de Paris sur le climat en décembre 2015 ont bien montré l’universalité de ces enjeux, devenus « objectifs de développement durable » (ODD), et la nature systémique des réponses à y apporter.

La science et la recherche sont, dans cette perspective, de formidables outils de co-construction des savoirs et d’éclairage des débats.

Plus que jamais les communautés scientifiques du Nord et du Sud sont amenées à collaborer et agir avec les acteurs du développement pour formuler et traiter ces questions en appui aux politiques publiques. Pour cette raison la France a investi de longue date dans une diplomatie scientifique permettant d’affermir le rôle des communautés scientifiques internationales, en particulier des pays en développement, et de renforcer les capacités des institutions scientifiques de ces pays, afin qu’elles soient capables de relever les défis économiques, environnementaux, sociaux et culturels du développement.

Cette ambition d’un développement durable accompagné par la recherche, a trouvé en France une concrétisation dans la Loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale du 7 juillet 2014, venue rappeler que la recherche apporte une contribution éminente au dispositif d’aide au développement français. La recherche pour le développement représente en effet de façon constante depuis plusieurs années environ 350M€ annuel, soit 4% de l’aide publique au développement française, déclinés en action de formation, de recherche et d’innovation avec les pays partenaires.

La loi du 7 juillet 2014 soulignait aussi le besoin de rendre plus accessible aux partenaires étrangers l’offre de recherche française. Le comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) du 30 novembre 2016 a décidé, pour atteindre cet objectif, de renforcer la concertation et la coordination entre établissements d’enseignement supérieur et de recherche, d’appuyer la présence de scientifiques français dans les panels scientifiques intergouvernementaux dédiés aux problématiques globales et de renouveler les modalités de financement de la recherche pour le développement. En particulier, le CICID a prévu que l’AFD promeuve plus systématiquement la recherche notamment dans les opérations qu’elle finance et que les financements de l’Agence nationale de la recherche soient ouverts aux recherches conduites avec les pays en développement, pour l’appui à la mise en œuvre des ODD et à la lutte contre les dérèglements climatiques.

De façon générale la politique française de recherche au service du développement poursuit quatre principaux objectifs :

  • Participer à la constitution d’une expertise scientifique mondiale capable d’accompagner les décideurs publics dans la réponse aux enjeux globaux ;
  • Accompagner par la recherche et la formation les transformations politiques, sociales et économiques des pays en développement ;
  • Renforcer les capacités des institutions scientifiques des pays les moins avancés en vue de leur reconnaissance au meilleur niveau international et de leur contribution aux défis du développement ;
  • Valoriser la recherche française et francophone dans les enceintes multilatérales et internationales.

Les moyens au service de la recherche pour le développement

La France, notamment par l’action du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), entretient un dispositif de coopération scientifique et de recherche pour le développement sans équivalent dans le monde, qui constitue un atout majeur pour notre rayonnement international, scientifique, mais aussi culturel et économique.

La France dispose en effet d’organismes dédiés à la recherche pour le développement, en particulier, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) dont le MEAE assure la cotutelle avec le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR). Ces organismes, encouragés chaque fois que possible à mutualiser leur présence et activités, sont engagés avec l’Etat par des contrats d’objectifs. Implantés historiquement sur l’ensemble de la planète dans la ceinture intertropicale, ils disposent d’un vaste réseau de partenariats. De nombreux autres établissements de recherche et d’enseignement supérieur (universités et grandes écoles) contribuent également à renforcer ce dispositif.

Dans le cadre de la mise en œuvre d’actions recherche au service du développement, le MEAE s’appuie également sur d’autres moyens, tels que :

  • Un réseau de conseillers et d’attachés pour la science et la technologie et d’attachés en charge des coopérations scientifiques et universitaires, représentant près de 150 personnes à l’étranger ayant pour mission d’informer, de soutenir et de mettre en contact les institutions de recherche et les chercheurs.
  • Le pilotage et le financement d’une expertise technique de haut niveau dans le domaine de la recherche, en santé notamment, confiée à l’opérateur Expertise France, et placée essentiellement auprès des instituts membres du réseau international des Instituts Pasteur, des sites « sud » de l’Agence nationale de la recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS), et des centres de recherche africains comme le Centre International de Recherche Médicale de Franceville (CIRMF) au Gabon.
  • Des partenariats scientifiques cofinancés et pérennes, sont mis en œuvre avec d’autres pays : une soixantaine de programmes partenariaux Hubert Curien (PHC), dont certains développés avec le Sud, financent en lien avec le MENESR des déplacements pour amorcer des coopérations entre équipes de recherche, en favorisant la participation active de jeunes chercheurs. Le MEAE met également en œuvre des programmes thématiques régionaux de recherche (en Asie, Amérique du Sud, Afrique, mais aussi en Méditerranée) qui structurent les capacités de recherche dans ces régions, ainsi que d’autres programmes de soutien à la recherche (CEFIPRA avec l’Inde, ECOS en Amérique latine, Fonds en Amérique du Nord, etc.). L’ensemble de ces programmes représentent plus de 8 M € de financement du MEAE.
  • A la suite du Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP) qui a permis au MEAE de financer des projets de renforcement des capacités de recherche (Corus, Aires-Sud, Parraf, Malinea, Agricora), le fonds de solidarité pour les projets innovants, les sociétés civiles, la francophonie et le développement humain (FSPI) continuera, à travers des projets bilatéraux, à appuyer l’enseignement supérieur et la recherche dans les pays les moins avancés.
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  • La France est présente dans les grandes enceintes scientifiques, dont les conventions intergouvernementales (Institut Polaire) et les Programmes mondiaux de recherche, en particulier ceux portant sur le climat, et s’appuie sur la science pour peser dans les enceintes multilatérales. Les échanges et coopérations permettent notamment la réalisation de l’espace européen de la recherche et pèsent sur les priorités qui lui sont assignées.
  • Enfin, dans le domaine des sciences humaines et sociales, 27 Instituts de recherche français à l’étranger (IFRE) placés sous la double tutelle du MEAE et du CNRS, contribuent à la fois à une coopération scientifique d’excellence, aux débats d’idées et à la transmission des savoirs aux niveaux local et régional, en particulier dans les pays en développement où ils sont implantés en majorité.

Pour en savoir plus :

Mise à jour : avril 2017

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