Focus : Écoles d’été et chantiers-écoles : quand les missions du MEAE forment les futurs archéologues étrangers

Les chantiers de fouille sont particulièrement intéressants pour l’apprentissage des étudiants locaux, soit qu’ils permettent de combler une lacune en termes de formation dans certains pays, soit qu’ils reposent sur des méthodologies spécifiques qui y sont peu développées. Ainsi, en Azerbaïdjan et en Thaïlande par exemple, les initiatives des chefs de missions ont débouché sur des programmes originaux.

Dès 2010, la mission Boyuk Kesik (Azerbaïdjan), à l’initiative de sa responsable Bertille Lyonnet en réponse à une forte demande des partenaires azerbaïdjanais, a contribué à la formation des étudiants de l’université de Bakou. Celle-ci ne compte pas de formation doctorale en archéologie. Les membres de l’Institut d’archéologie et d’ethnologie ont également bénéficié de cette formation. Dans le cadre des campagnes de fouille, une dizaine d’étudiants ont suivi un apprentissage en anthropologie, en paléobotanique ou en étude du matériel lithique ou osseux et ont bénéficié de cours généraux – par exemple sur la stratigraphie. Ces premières expériences ont débouché sur le projet d’une école d’été.

Plus à l’Est, la Mission paléolithique franco-thaïe, lancée en 2002 et consacrée aux habitats et environnements préhistoriques du Nord de la Thaïlande, repose à l’initiative de son responsable Valéry Zeitoun sur l’exploitation des sites mis au jour sous la forme de chantiers-écoles depuis 2005.

Ainsi, au cours des 10 dernières années, les trois phases de fouille effectuées sur différents sites ont contribué à la formation des étudiants en archéologie et en anthropologie de l’université Silpakorn (Bangkok) et de l’école de formation des maîtres de l’université Rajaphad. Les personnels du Fine Arts Department ont pu suivre une formation complémentaire auprès des spécialistes de l’équipe française, dans le cadre d’un projet soutenu par l’organisation sans but lucratif SPAFA (Southeast Asian Ministers of Education Organisation Project in Archaeology and Fine Arts). Dans leurs dimensions techniques (tamisage, démontage de sépultures, nettoyage du matériel archéologique) comme théoriques et interprétatives (cartographie, bases de données, etc.), ce sont tous les aspects de la recherche archéologique qui leur ont été présentés.

En impliquant régulièrement les populations locales, notamment les lycéens, et en les sensibilisant aux problématiques de la préservation des sites, ces chantiers-écoles se présentent comme des relais très importants de la coopération franco-thaïlandaise, tout en contribuant à la diffusion du savoir-faire français.

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Apprentissage de l’anthropologie : un étudiant à l’Université de Bakou et Modwene et une doctorante à l’Université de Lyon 2. Photo : Mission Boyuk Kesik, Bertille Lyonnet

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Etude des macrorestes archéobotaniques au microscope : une étudiante azerbaïdjanaise étudiant aujourd’hui en France. Photo : Mission Boyuk Kesik, Bertille Lyonnet

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Site de Ban Fa Suai : explication sur un reste dentaire. Photo : Mission paléolithique franco-thaïe, Valéry Zeitoun

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Site de Ban Fa Suai : explication de stratigraphie par Valéry Zeitoun. Photo : Mission paléolithique franco-thaïe, Valéry Zeitoun

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Chantier-école sur le site de Doi Pha Kan. Photo : Mission paléolithique franco-thaïe, Valéry Zeitoun

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Prise de mesure sur le site de Doi Pha Kan. Photo : Mission paléolithique franco-thaïe, Valéry Zeitoun

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Visite du SPAFA sur le site de Doi Pha Kan. Photo : Mission paléolithique franco-thaïe, Valéry Zeitoun

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