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Entretien de Laurent Fabius avec "Les Echos" (8 avril 2014)

Q - Quel bilan tirez-vous de la diplomatie économique ?

R - De premiers résultats ont été obtenus, mais, compte tenu de l’ampleur de notre déficit, nous devons faire mieux. L’action de l’Etat a contribué à la signature d’importants contrats, notamment au Japon, en Turquie, aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite ou encore avec la Chine. Il faut amplifier cette action, particulièrement pour augmenter le nombre de nos PME exportatrices, principal défi du commerce extérieur français. Cela relève, bien sûr, d’abord des entreprises elles-mêmes. Mais cela concerne tous les ministères. Nous avons besoin aussi de mesures macroéconomiques générales favorables à la compétitivité - pacte de responsabilité, meilleur fonctionnement du marché du travail, financement des entreprises avec la BPI, élévation de notre niveau de gamme avec le soutien à l’innovation et à la recherche, fiscalité favorable. Le gouvernement ne peut évidemment pas se substituer aux entreprises mais il doit les aider, afin de faire valoir leurs atouts à l’international. C’est cela, la diplomatie économique, elle doit être poursuivie et amplifiée.

Q - Quel avantage comptez-vous tirer de l’élargissement de vos compétences sur le commerce extérieur ?

R - L’objectif est clair : davantage d’efficacité, c’est-à-dire de meilleurs résultats pour notre économie et pour l’emploi. Le commerce extérieur et le tourisme sont des priorités et ils relèvent désormais du Quai d’Orsay. La division de nos réseaux a été souvent critiquée, notamment par la Cour des comptes et plusieurs de mes prédécesseurs. Avec un organigramme simplifié, nous serons plus efficaces. Bien entendu, nos ambassadeurs continueront de remplir leurs autres missions : nous n’allons pas abandonner nos responsabilités en matière de paix et de sécurité, en matière de culture, d’éducation ou de coopération scientifique. Et Bercy jouera tout son rôle. Mais il y aura une plus grande cohérence entre les diverses missions qui contribuent au rayonnement de la France.

Q - Comment comptez-vous attirer les investissements étrangers en France ?

R - Les éléments fondamentaux de notre attractivité - le niveau de formation de nos salariés, la qualité de nos infrastructures, la performance de nos chercheurs - seront au coeur de nos priorités : nous allons continuer d’investir en la matière. Et fixer un horizon stable : rien n’est pire que l’instabilité des règles du jeu. Mais nous devrons aussi, à plus court terme, agir de manière concrète pour faciliter la venue des investisseurs. La fusion Ubifrance-AFII va dans le bon sens. Le Conseil de l’attractivité, réuni périodiquement par le président, va nous aider. J’ai engagé une réforme des visas et une modernisation de notre réseau consulaire, qui permet de simplifier les procédures pour nos publics cibles. Nous devons valoriser l’atout important que représente l’image positive de la culture et de l’art de vivre à la française. En matière de fiscalité, aspect majeur pour les investisseurs, l’exigence d’attractivité devra être prise en compte dans chaque décision. Bref, c’est l’addition d’un état d’esprit général favorable aux entrepreneurs et de mesures précises qui nous permettra d’avancer. Notre croissance dépend beaucoup de l’international, il nous faut être à cet égard parmi les meilleurs.


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