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Entretien de Laurent Fabius avec "Le Parisien" : « Le gouvernement peut et doit aider les entreprises » (extraits - 6 avril 2014)

Laurent Fabius s’exprime sur ce rattachement inédit, qui met le ministre des Affaires étrangères à la tête d’un grand pôle international défendant tous les intérêts de la France.

Q : Lors du dernier remaniement, vous avez hérité, en plus des Affaires étrangères, du Développement international. Qu’est-ce que cela recouvre exactement ?

Laurent Fabius : Le Quai d’Orsay aura compétence pour la diplomatie en général, ainsi que pour les affaires européennes, le développement, les Français de l’étranger, la francophonie. En plus, le commerce extérieur et le tourisme en relèveront désormais. Cela permettra d’unifier l’action extérieure de l’Etat sous une même autorité. Le but est l’efficacité et la cohérence, au service notamment du redressement économique, priorité du gouvernement.

Q : Mais jusqu’à présent le commerce extérieur était rattaché à Bercy…

Nous travaillerons, bien sûr, avec le ministère de l’Economie. La dualité des réseaux — Bercy-Quai d’Orsay — a été souvent critiquée dans le passé, comme source de difficultés. On ne peut pas parler à longueur de temps de simplification et ne pas réaliser les réformes en ce sens. D’ailleurs, plusieurs de mes prédécesseurs et la Cour des comptes l’avaient recommandé. Attention ! Ce n’est pas parce que nos ambassadeurs s’occuperont davantage de commerce et de tourisme qu’ils devront moins s’occuper d’éducation, de culture, de science, de stratégie : l’action extérieure de la France est un tout.

Q : Le déficit commercial s’élève à 60 Mds€ en 2013. Comment enrayer la spirale négative ?

Le déficit commercial est trop élevé, c’est un fait. La clé, c’est l’amélioration de la compétitivité des entreprises : c’est l’objectif du pacte de responsabilité. Le gouvernement n’entend évidemment pas se substituer aux entreprises, mais il peut et doit les aider. Elever la gamme de nos produits en soutenant la recherche et l’innovation, améliorer le fonctionnement du marché du travail, éviter que les prélèvements soient pénalisants. A côté de toutes ces mesures générales, nous avons besoin d’actions ciblées pour appuyer nos entreprises sur les marchés internationaux et pour augmenter le nombre de nos entreprises exportatrices, en particulier les PME. Tel est le rôle de la diplomatie économique, qui va monter en puissance. Nous devons également agir sur notre attractivité pour attirer en France davantage de capitaux, d’entrepreneurs, de touristes, d’étudiants, de chercheurs, afin de nourrir notre croissance, donc l’emploi.

(Source : Le Parisien)


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