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Dans la gouvernance de l’économie mondiale

Depuis 1990, le monde a connu plus de quarante crises financières et monétaires. D´autres crises récurrentes, comme les crises alimentaires et énergétiques, nous rappellent notre interdépendance. Nous devons parvenir à faire preuve d’unité face à des défis globaux tels que le changement climatique ou l’approvisionnement énergétique, comme l’a montré le succès de la signature de l’Accord de Paris sur le climat en décembre 2015.Au-delà, nous faisons face à des déséquilibres économiques mondiaux, notamment des balances des paiements, des réserves de change, et liés à l’accroissement des dettes publiques.

La création du G20 au niveau des Chefs d’État et de Gouvernement comme « principal forum de coopération économique internationale », au sommet de Washington en 2008, dans un contexte de crise, est une première réponse à ces défis.

Nous observons ainsi la mise en place d’un multilatéralisme à plusieurs vitesses, avec une coexistence de « clubs » de différents formats (G7, G20, BRICS, IBSA), qui pose la question des enceintes pertinentes de gouvernance de la mondialisation. Quatre principes semblent devoir structurer la nouvelle architecture qui se met en place :

Une gouvernance internationale plus représentative des nouvelles réalités économiques.

Le G20, dont les membres représentent 85% du PIB mondial et 2/3 de la population de la planète, a déjà conduit à des progrès importants dans la réforme de la gouvernance mondiale, puisqu’il a été à l’origine d’une réforme décidée en 2010 et mise en place à partir de 2016, qui améliore la représentativité des pays émergents au sein du FMI et de la Banque mondiale.

Une gouvernance économique internationale plus efficace

Le G20 dispose d’une capacité d’impulsion et d’initiative politique inégalée. Il a démontré son efficacité dans la réponse à la crise économique et financière de 2008-2009, et a permis depuis lors d’éviter la tentation du protectionnisme. Il a notamment engagé un vaste programme de régulation financière et s’est attaqué aux paradis fiscaux.

Par ailleurs, le maintien d’un format de discussion en G7, qui fonctionne parallèlement au G20 a montré sa pertinence. Par la proximité de vues de ses membres, le G7 permet à la France et à ses partenaires des pays développés de donner des impulsions politiques rapides et efficaces, qui bénéficient ensuite aux travaux du G20 et d’autres enceintes multilatérales.

Une gouvernance internationale plus inclusive.

Par leur composition universelle, par leur capacité à croiser tous les sujets de la mondialisation, les Nations Unies ont un rôle irremplaçable à jouer, en partenariat avec les institutions de Bretton Woods, en contribuant à la définition d’une approche équilibrée entre les dimensions économique, sociale et environnementale du développement.

Le rôle du G20 n’est pas contradictoire avec la prééminence des Nations Unies dans les relations internationales. Le G20 est en effet un forum informel qui n’entend pas se substituer à l’enceinte des Nations Unies, mais son histoire récente a montré qu’il peut apporter un leadership essentiel. Par ailleurs, aussi bien le G7 que le G20 entretiennent des échanges nourris avec les pays en développement, avec les organisations régionales et internationales et avec les acteurs de la société civile (représentants des syndicats, du patronat, ONG, organisations représentatives des femmes et de la jeunesse, think tanks..), dialogue qui vient nourrir leurs travaux.

Une gouvernance internationale plus sociale.

La prise en compte de la dimension sociale de la mondialisation a été trop longtemps négligée et la France souhaite désormais que cette dimension soit intégrée par l’ensemble des organisations internationales, qu’il s’agisse des institutions financières ou de l’OMC.

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