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Les nanotechnologies en France

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Les nanoparticules sont des particules dont au moins une dimension est comprise entre 1 et 100 nanomètres (milliardième de mètre). Leurs propriétés physiques, chimiques, voire biologiques découlent spécifiquement de cette taille nanométrique. Elles ouvrent donc à l’industrie des perspectives nombreuses et variées. Leur emploi à grande échelle suppose cependant que soit mieux compris et maîtrisé leur impact sur la santé et l’environnement, de la fabrication à l’usage des produits concernés, jusqu’à leur fin de vie.

Les nanotechnologies alimentent toutes les disciplines : physique, chimie, médecine ou écologie. Elles permettent de contrôler les processus de fabrication de nanostructures, d’en mesurer les caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et de les intégrer dans des structures plus larges. À la clef, on trouve d’innombrables applications, et autant de défis à relever, aussi bien scientifiques que sociétaux.

Les nanotechnologies trouvent leur origine dans la course à la miniaturisation illustrée surtout par l’industrie de la microélectronique. Mais elles ne prennent corps en tant que discipline qu’à la suite de la découverte de nouveaux microscopes (microscopes à sonde locale) et de nouvelles molécules (fullerènes et nanotubes). Le nanomonde est souvent déroutant car les phénomènes qui y deviennent prépondérants ne sont pas perceptibles à notre échelle. La physique quantique décrit les lois qui régissent les nano-objets, trop petits pour être visibles à l’œil nu et de ce fait parfois inquiétants.

Loin derrière les trois grands des nanotechnologies (Chine, États-Unis, Japon), la France qui se situe au 5ème rang de la production mondiale, est en retrait en matière de brevets.

En France, de nombreux rapports sur les nanotechnologies ont été publiés, au cours de ces cinq dernières années : en moyenne, deux rapports officiels par an (Académie des Sciences et des technologies, Office parlementaire d’évaluation des choix technologiques) sans compter ceux des différentes revues ou agences.

Leur recommandation est toujours la même : renforcer et soutenir financièrement la recherche multidisciplinaire autour de grands pôles de compétence qui servent de « têtes de pont » et ainsi pouvoir créer des « réseaux nano ». Les grands acteurs français de recherche dans le domaine - le Centre national de recherche scientifique (CNRS), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l’Institut national de recherche en informatique et automatique (INRIA), Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) - ainsi qu’un certain nombre d’universités ont réuni leurs efforts autour de cinq pôles de compétitivité (Ile de France, Grand Est, Sud Est, Rhône-Alpes et Grand Sud-Ouest).

Le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) est l’établissement de recherche le plus en pointe sur les nanotechnologies. Le Plan Nanotechs « Nano-Innov » lancé le 5 mai 2009 par la ministre de la Recherche, concentre la recherche et la production de nanotechnologie autour de 3 grands centres d’intégration : Saclay (CEA), Grenoble (CEA) et Toulouse (aérospatial).

Les nanotechnologies, un enjeu économique

Le marché mondial des nanotechnologies, avec l’engagement massif des budgets de recherche et développement pour l’accélération de l’innovation, est estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars par an d’ici 2010. Selon les prévisions de la National Science Foundation américaine, les biens et les services générés par cette dynamique pourraient même représenter jusqu’à mille milliards de dollars chaque année entre 2010 et 2015.

Éthique et société

Les technologies émergentes soulèvent souvent des inquiétudes dans le public et les nanotechnologies n’échappent pas à la règle.

La quantité de nanomatériaux fabriqués va augmenter rapidement, avec des risques de libération de nanoparticules dans l’environnement. Ne faut-il pas être plus exigeant sur les normes de sécurité ?

Dans le domaine de la médecine, les médicaments délivrés sous forme de nanovecteurs sont prometteurs, mais est-on vraiment sûr qu’ils n’atteindront que les cellules malades ?

Un autre sujet de préoccupation est la miniaturisation toujours croissante des composants électroniques qui permettent maintenant l’identification et la localisation des personnes par des dispositifs intégrés de façon transparente dans notre environnement.

Toutes ces questions ne laissent pas indifférents les organismes officiels (l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’Union européenne) et un dialogue citoyen a été initié.

Les pistes à privilégier pour les pouvoirs publics :

1) Évaluer les risques réels liés aux nouvelles technologies ; en associant des agences et des instituts tels l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement (AFSSE), l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), l’INSERM… Sans pour autant tomber dans le catastrophisme, ces recherches devant être menées en parallèle avec les recherches scientifiques portant sur leurs applications et diffuser l’ensemble des résultats auprès du plus grand nombre de citoyens.

2) Des règles d’éthique sont indispensables. Elles doivent être fixées au niveau international (ONU) Ces règles doivent être contraignantes sur l’utilisation des nanobiotechnologies afin d’éviter les dérives possibles dans des domaines tels que le respect de la vie privée, l’utilisation de cellules souches embryonnaires, les utilisations militaires dévoyées.

3) Des normes internationales concernant les modes de fabrication des nano-objets doivent être fixées (le pays qui établirait le premier des normes de ce type se trouverait facilement en position de monopole). La « brevetabilité » devra être précisément définie.

4) Aider à la création et à la survie de petites entreprises au niveau européen pour rééquilibrer les conditions de concurrence dans le domaine des marchés publics.

Mise en ligne : 13.07.10

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