Accès rapide :

L’action de la France au Mali et au Sahel

Quelle est la situation générale au Mali ?

Le Mali est un État francophone situé au cœur du Sahel, avec lequel la France entretient des relations anciennes et étroites. En 2012 et 2013, un coup d’État et la prise de contrôle du nord par des groupes armés ont profondément déstabilisé le pays. Après que la France a lancé, le 11 janvier 2013, l’opération Serval, à la demande des autorités de transition et aux côtés des forces armées maliennes et africaines, l’ordre constitutionnel a été restauré et le pays a recouvré son intégrité territoriale. Mais de nombreux défis persistent et la France s’emploie, avec ses partenaires de la communauté internationale, à accompagner les autorités de Bamako pour y faire face.

Illust: Station de Missaboug, 139.5 ko, 631x407
Station de Missabougou : Grâce aux stations de Missabougou et de Kabala, la France et ses autres partenaires contribuent à améliorer la desserte en eau potable de la ville de Bamako. Avec 20 000 personnes gagnant un accès pérenne à une source et 150 000 autres dont la qualité du système est amélioré, les effets attendus sont tant économiques que sociaux et environnementaux.

Quels sont les enjeux et les menaces auxquels fait face le Mali ?

Le Mali est un pays sahélien à faible revenu, en voie de développement et confronté à des défis multiples. Dans un contexte de forte poussée démographique, la croissance économique est insuffisante pour fournir des emplois à l’ensemble de la population et réduire la pauvreté de façon significative. Les institutions publiques restent faibles et disposent de peu de moyens. Leur renforcement est essentiel pour la stabilité à long terme du Mali, et pour répondre aux besoins de la population en services de qualité.

La région sahélo-saharienne est particulièrement touchée par plusieurs trafics (drogue, armes, traite des êtres humains…), dont l’Europe est souvent la première destination (drogue notamment) et qui représentent une menace sérieuse pour la sécurité des populations et la stabilité des Etats. En effet, la violence, les flux financiers et la corruption engendrés par ces activités compromettent les possibilités de développement de l’économie licite et de l’État de droit et permettent l’implantation durable d’organisations criminelles. Ces trafics constituent également une menace pour les intérêts sécuritaires français et européens en raison des liens existants entre la criminalité organisée et certains groupes terroristes sahéliens, qui trouvent dans les trafics une source de financement.

À partir du milieu des années 2000, le nord du Mali a constitué un terrain d’implantation pour les groupes terroristes (Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansar Eddine, et Al-Mourabitoune). Les capacités de ces groupes ont été considérablement réduites à la suite de l’intervention française lancée le 11 janvier 2013. Les groupes cherchent, aujourd’hui, à se reconstituer et la menace persiste au-delà du Mali sur le territoire nigérien et dans le sud de la Libye.

Si la crise de 2012 trouve ses origines dans des faiblesses en matière de gouvernance, elle est aussi due à la résurgence de la rébellion touarègue et de leurs revendications pour une plus grande autonomie. La recherche d’un accord politique sur cette question constitue donc un défi important pour parvenir à une paix durable dans l’ensemble du pays.

Illust: Hôpital de Sévaré :, 159 ko, 640x427
Hôpital de Sévaré : Cofinancé à hauteur de 16 millions d’euros par l’AFD et le Royaume de Belgique, l’Hôpital Sominé Dolo de Sévaré, au centre du Mali, marque un nouveau pas vers le progrès médical et l’amélioration de l’offre de soins au Mali. Fonctionnel depuis octobre 2012, il a réalisé en 2013 plus de 2 000 interventions chirurgicales et plus de 4 000 patients ont été enregistrées aux urgences. Grâce à son positionnement central, il a aussi permis la prise en charge médicale de plus de 200 blessés de guerre pendant les événements tragiques que le Mali a connus.

L’action de la France au Mali repose sur trois piliers : politique, militaire et développement.

Sur le plan politique, des négociations entre le gouvernement et les groupes rebelles non terroristes sont actuellement conduites par l’Algérie avec l’appui de la communauté internationale, à la demande des autorités maliennes. La France soutient pleinement la médiation algérienne, qui doit permettre d’aboutir à une paix durable. Nous encourageons régulièrement les parties à s’investir pleinement dans les discussions en cours.

Sur le plan militaire, afin de soutenir les pays sahéliens dans leur lutte contre le terrorisme, la France a lancé, le 1er août, l’opération Barkhane. Forte de 3000 hommes, elle a succédé à l’opération Serval. Sa zone d’opération s’étend désormais sur cinq pays du Sahel : la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

En matière d’aide au développement, nous sommes, avec l’Union européenne, un des principaux bailleurs des États du Sahel. Nous avons co-organisé, avec le Mali et l’Union européenne, la conférence « Ensemble pour le renouveau du Mali », le 15 mai 2013, qui a permis de mobiliser 3,3 milliards d’euros de financements. Le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad font partie des pays pauvres prioritaires de notre aide au développement. Pour la période 2014-2016, les engagements prévisionnels de l’Agence française de développement dans ces six États sont de 1,28 milliard d’euros. De son côté, l’Union européenne alloue au Mali une enveloppe de 615 millions d’euros dans le cadre du onzième Fonds européen de développement sur la période 2014-2020.

Dans le cadre de cette aide, l’Agence française de développement a financé, aux côtés de la Belgique, la reconstruction de l’Hôpital Somine Dolo de Mopti, qui est aujourd’hui plus grand et moderne, qui compte du personnel qualifié, notamment des spécialistes, et forme les étudiants en médecine. En 2013 plus de 2000 interventions chirurgicales y ont été réalisées et plus de 4000 patients ont été enregistrés aux urgences. Grâce à son positionnement central, l’Hôpital Somine Dolo a permis la prise en charge médicale de plus de 200 blessés de guerre pendant les événements tragiques que le Mali a connus. Autre exemple de notre soutien financier en faveur du développement du Mali, un vaste projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako a été lancé : la station de Kabala, qui complètera la station existante de Missabougou. 20000 habitants de Bamako gagneront ainsi un accès à l’eau et 150000 bénéficieront d’un système amélioré.

Illust: François Hollande et, 233.1 ko, 675x450
François Hollande et Ibrahim Boubacar Keita, président du Mali

Au Mali, la France agit en étroite coordination avec ses partenaires internationaux.

La France a veillé à nouer, dès l’origine, un dialogue étroit avec ses partenaires africains, notamment l’Union africaine et la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest. C’est ainsi que la force africaine MISMA a pu être constituée dès fin 2012.

Aux Nations Unies, la France s’est particulièrement mobilisée pour obtenir le vote de plusieurs résolutions, dont la résolution 2100, le 25 avril 2013, qui a permis la création de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA). Forte de plus de 9300 casques bleus, cette opération de maintien de la paix est aujourd’hui en première ligne pour améliorer la sécurité à long terme du Mali et accompagner le processus de négociations en cours entre le gouvernement et les groupes rebelles non terroristes.

Compte tenu des graves violations des droits de l’Homme commises pendant la crise, la France a promu un suivi attentif de la situation par le Conseil des droits de l’Homme et a fortement œuvré pour la création d’un mandat d’expert indépendant. La France s’est également mobilisée pour que les droits de l’Homme soient une composante importante de la MINUSMA, et rappelle constamment à toutes les parties concernées que la justice et la lutte contre l’impunité sont des éléments essentiels pour la réconciliation nationale.

L’Union européenne s’est également fortement investie au Mali. Elle a désigné un Représentant spécial et lancé trois missions de Politique de sécurité et défense commune au Sahel : une militaire en 2013, EUTM Mali, pour la formation et le conseil de l’armée malienne, et deux civiles, EUCAP Sahel Niger, en 2012, et EUCAP Sahel Mali, fin 2014.

Les objectifs poursuivis par la France au Mali

La forte implication de la France au Mali et au Sahel répond à plusieurs objectifs dont un des premiers est de réduire la menace terroriste. Les actions que nous conduisons en soutien aux forces armées des pays du Sahel visent à les aider à garantir la sécurité des territoires et des zones frontalières, avec l’opération Barkhane. Notre action vise également à renforcer les forces de sécurité locales sur le plus long terme.

La présence du président malien Ibrahim Boubacar Keïta lors de la marche républicaine du 11 janvier 2015, aux côtés du président de la République, illustre l’engagement commun de nos deux pays pour la paix et contre le terrorisme.

Notre mobilisation en termes d’aide au développement a pour but d’améliorer le développement humain, de garantir un développement économique et social et de contribuer à la stabilité durable du pays.

À travers notre action politique, nous encourageons, enfin, les autorités et les groupes rebelles non terroristes à s’engager pleinement dans la recherche d’une solution politique à la crise née de la rébellion de 2012. Un règlement négocié sera à même de conforter la cohésion du Mali, qui est depuis des siècles, et par essence, une terre d’échanges et un creuset de cultures.

Mise à jour : 15.01.15

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2015