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Politique et interventions de la France

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Présentation

Pour tenter de relever les défis que pose l’éducation dans le monde et prendre sa part à l’effort collectif dans ce domaine, la France dispose d’une stratégie, d’instruments d’intervention et de nombreux partenariats.

Une stratégie pour l’éducation

Le Comité interministériel de la Coopération internationale et du développement (CICID), qui s’est réuni le 5 juin 2009, a adopté une nouvelle stratégie en matière d’éducation, de formation professionnelle et d’insertion.

La stratégie précédente, validée en 2005, s’inscrivait dans un contexte international placé sous l’égide de l’Éducation pour Tous et des Objectifs du millénaire pour le développement et dans un contexte français d’accompagnement du transfert à l’Agence Française de Développement de l’intégralité des projets en matière d’éducation de base. La nouvelle stratégie 2010-2015 va bien au-delà d’une simple mise à jour. Elle élargit délibérément le champ couvert par la stratégie de 2005 et propose une nouvelle approche pour répondre aux défis que pose l’avenir de la jeunesse et sa contribution au développement des pays du Sud, et ainsi tenter de répondre à cette question : quelles études et quelles formations pour quelle insertion économique et sociale ?

Huit engagements prioritaires y sont affirmés.

Engagement 1 : S’engager, dans les instances internationales (les réunions de haut niveau G8, G20) et auprès de la société civile, à poursuivre le plaidoyer en faveur de l’éducation au service du développement. La France sera particulièrement mobilisée avec les Britanniques en 2010, dans le cadre de la campagne liée à la coupe du monde de football, et au-delà pour optimiser les effets de cette mobilisation.

Engagement 2 : Renforcer le partenariat franco-britannique et l’élargir en l’incluant notamment dans une dynamique européenne.

Engagement 3 : Recentrer nos efforts sur les pays les plus en retard (en particulier les PMA d’Afrique Francophone), en utilisant notamment les atouts du numérique éducatif pour une meilleure qualité des formations.

Engagement 4 : Réaffirmer notre engagement dans l’initiative Fast Track, et explorer les pistes de financements innovants pour l’éducation.

Engagement 5 : Promouvoir l’objectif d’égalité hommes-femmes dans l’éducation en combinant une approche transversale et des actions spécifiques.

Engagement 6 : Poursuivre résolument notre action en faveur du renforcement des politiques sectorielles des États qui prennent en compte l’ensemble des sous-secteurs de l’éducation et de la formation.

Engagement 7 : Soutenir nos centres d’expertise en éducation [1] et appuyer la création de dispositifs de certification en matière de formation professionnelle, notamment vis-à-vis du secteur informel.

Engagement 8 : Renforcer l’assistance technique française dans les instances internationales (UNESCO, BIT, UNICEF, UE, UA, BM) et appuyer la structuration d’une expertise française tant publique que privée.

Des instruments d’intervention

L’Agence française de développement (AFD) est chargée de mettre en œuvre la politique d’aide au développement de la France. Elle réalise à ce titre les dons-projets inscrits aux programmes budgétaires du ministère des Affaires étrangères : elle est ainsi l’opérateur de la politique internationale française en matière d’éducation.

L’AFD gère aujourd’hui 58projets dans plus d’une vingtaine de pays.

Outre ces interventions directes auprès des partenaires de la France, l’AFD dispose depuis le 1erjanvier 2009 d’un outil d’analyse, d’évaluation et de prospective de grande qualité : le Pôle de Dakar.

Suite aux engagements de la communauté internationale sur l’éducation, en 2000, l’UNESCO a été chargée de coordonner et de suivre l’action internationale dans ce domaine. La France a dès l’année suivante, en 2001, souhaité renforcer le Bureau régional de cette organisation à Dakar (BREDA) par la création d’un centre de ressources spécialisé, chargé d’apporter un appui aux pays d’Afrique subsaharienne dans le diagnostic, la définition et la mise en œuvre des politiques publiques éducatives et le renforcement de leurs capacités. Ainsi est né le Pôle de Dakar, dont la vocation est de fournir un appui technique aux pays dans leur approche sectorielle de l’éducation.

Il a développé une méthodologie solide et reconnue, adossée aux recherches universitaires françaises (notamment celles menées à l’Université de Bourgogne, à Dijon) comme aux réflexions sectorielles de la Banque mondiale.

Les travaux d’analyse du Pôle embrassent les aspects démographiques, économiques, financiers ou encore institutionnels. Outils d’aide à la décision, ils doivent permettre aux autorités nationales d’arbitrer entre les différents choix systémiques et normatifs en jeu, avec une attention particulière aux liens entre coût unitaire et qualité de l’éducation. Ils s’effectuent bien entendu dans le respect du cadre macro-budgétaire général défini par les documents stratégiques de lutte contre la pauvreté, et en reprenant les indicateurs de résultats et d’impacts sectoriels exigés dans le cadre de l’initiative des Pays pauvres très endettés (PPTE).

Le Pôle de Dakar, qui intervient depuis 2002 dans 18 des 52 pays africains, procède à des diagnostics sectoriels, à l’identification et au suivi des programmes sectoriels, à la production de statistiques et de repères méthodologiques. Il appuie l’UNESCO dans son rôle de suivi de l’Éducation pour Tous et participe, aux côtés d’autres acteurs, au renforcement des capacités dans les pays partenaires.

La CONFEMEN est la plus ancienne institution de la Francophonie. Depuis sa création en 1960, la CONFEMEN œuvre pour la promotion de l’éducation et de la formation professionnelle et technique. Elle représente un espace de valeurs partagées, d’expertise et de solidarité agissante dans lequel s’enracine notre appartenance au monde francophone. Elle compte aujourd’hui 41 États membres.

La CONFEMEN a trois missions essentielles :
- informer les pays membres en matière éducative,
- organiser la réflexion sur des thèmes d’intérêt commun,
- assurer la concertation entre ministres et experts.

Afin de mener au mieux ses missions de réflexion, la Conférence s’est dotée d’un programme visant à « mettre en relation les aspects quantitatifs et qualitatifs des systèmes éducatifs et de dégager les choix possibles des stratégies éducatives les plus efficaces. ». Il s’agit du Programme d’analyse des systèmes éducatifs, le PASEC.

Le PASEC a vu le jour lors de la 43ème session ministérielle de la CONFEMEN, à Djibouti, en 1991. Les experts qui y travaillent réalisent des évaluations des acquis scolaires de l’enseignement primaire, en étroite collaboration avec les équipes nationales des pays concernés. Ses rapports et ses études, basés sur une méthodologie spécifique, contribuent au dialogue politique sur les questions de la qualité de l’éducation en Afrique francophone et dans l’Océan indien. Le programme participe à la diffusion des méthodes d’évaluation et au renforcement des capacités des pays du Sud. Les rapports et données produites sont publics.

Ses principaux objectifs consistent à :
- identifier des modèles d’école efficaces et peu coûteux, en procédant à des enquêtes par échantillonnage, puis en effectuant des comparaisons à l’échelle nationale et internationale ;
- développer dans chacun des États participants, une capacité interne et permanente d’évaluation de leur système éducatif ;
- diffuser les méthodes et les instruments d’évaluation préconisés, de même que les résultats obtenus.

Le PASEC intervient aujourd’hui dans un grand nombre de pays d’Afrique. Ses interventions et ses analyses sont particulièrement appréciées.

Des partenariats nombreux

La France est sans doute le pays qui a, au cours des dix dernières années, adopté le tournant le plus radical dans sa conception de l’aide en éducation et dans l’orientation qu’elle a souhaité donner à ses instruments. L’aide-projet, fondée sur une assistance technique nombreuse et spécialisée disciplinaires fines tournée essentiellement vers le secondaire et le supérieur, a été remplacée par un appui aux politiques sectorielles globales avec une priorité accordée à l’enseignement primaire. Ceci ne concerne pas les appuis-projets centrés sur l’enseignement du français.

Cette inflexion de la stratégie éducative française s’est manifestée par la mise en place d’une expertise technique rénovée (dont témoignent la création du Pôle de Dakar ou l’évolution du PASEC) et la définition, à partir de 2003, de financements « programmes » conçus en étroite symbiose avec les politiques nationales locales et en liaison avec les autres bailleurs de fonds.

Elle s’est traduite par le souci constant de mettre en œuvre les principes définis lors de la conférence de Monterrey en 2002 et réaffirmés dans la déclaration de Paris de 2005. Sur le plan multilatéral, et dans cet esprit, la France a joué un rôle moteur dans la conception de l’initiative accélérée de l’Éducation pour Tous, dite initiative Fast-Track.

L’initiative Fast Track est un partenariat mondial lancé en 2002 sous l’impulsion du G8 de Gènes visant à accélérer la réalisation de la scolarisation primaire universelle. Son objectif est de soutenir la mise en place des politiques nationales éducatives des pays en développement.

Le mécanisme Fast Track fait intervenir deux fonds fiduciaires : le fonds catalytique pour financer les plans nationaux d’éducation et le fonds de développement des programmes pour aider les pays en amont dans l’élaboration de leur politique sectorielle d’éducation.

Les progrès enregistrés dans les pays qui ont rejoint Fast Track sont remarquables. En Afrique subsaharienne, 15 millions d’enfants supplémentaires ont été admis à l’école primaire entre 2001 et 2006, et le nombre d’enfants scolarisés dans le primaire durant la même période a augmenté de 28%, toutes régions confondues.

L’initiative Fast Track regroupe aujourd’hui 30 États et/ou agences du côté des bailleurs, et 36 pays du côté des bénéficiaires. Elle a largement revu sa gouvernance en 2009 afin d’améliorer son processus décisionnel et d’accélérer ses capacités de décaissement. L’initiative est présidée, depuis le 1er décembre 2009, par Mme Carol Bellamy, ancienne directrice exécutive de l’UNICEF entre 1995 et 2005.

La France s’est engagée lors du sommet franco-britannique du 27 mars 2008 à construire un nouveau partenariat pour scolariser, dans le primaire, 16 millions d’enfants africains d’ici 2010 et tous les enfants d’ici 2015, et à travailler -avec d’autres pays- pour recruter et former 3,8 millions d’enseignants supplémentaires nécessaires pour atteindre l’objectif de l’éducation primaire universelle en Afrique subsaharienne d’ici 2015.

Ce partenariat se décline en plusieurs initiatives communes. En 2010, la principale sera la campagne de communication « 1 GOAL » ou « 1 BUT, l’Éducation pour Tous », qui a été lancée le 6 octobre 2009 par l’allocution de nombreux chefs d’État et de Gouvernement. Les organisateurs de cette campagne entendent profiter du formidable impact de la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud pour communiquer sur les enjeux de l’éducation dans le monde et inciter les États à s’engager en faveur de l’Éducation pour Tous. Cette campagne est menée par le ministère des Affaires étrangères et l’Agence française de développement, en partenariat avec la Campagne Mondiale pour l’Éducation (société civile), le secteur privé et des fédérations sportives telles que la FIFA.

La France travaille en partenariat avec l’UNESCO qui anime et coordonne le mouvement « Éducation Pour Tous » depuis le Forum de Dakar. Chaque année, l’UNESCO publie le « Rapport de suivi de l’Éducation pour tous », qui fait référence. L’UNESCO dispose d’un siège permanent au comité de pilotage de l’initiative Fast Track, ainsi que l’Unicef qui s’intéresse plus particulièrement à la petite enfance, à la scolarisation des enfants qui travaillent, à la scolarisation des filles et à la promotion des compétences « de vie » (hygiène, prévention du SIDA, environnement, etc.) dans les curricula.

La Banque Mondiale continue à jouer un rôle de premier plan en matière d’éducation en tant qu’entité de gestion et de supervision de Fast Track. Elle héberge en effet le secrétariat de l’initiative à Washington, et, au nom des contributeurs, gère les deux fonds fiduciaires de l’initiative. Elle exécute, dans la grande majorité des cas, les dépenses liées aux programmes et projets que financent ces fonds.

La Commission européenne est à la fois un bailleur majeur (les pays de l’UE et la Commission sont les premiers bailleurs du développement) et un porteur actif et déterminé des principes de la déclaration de Paris et de l’approche budgétaire de l’aide. Elle manifeste aussi le souci d’une meilleure coordination des pays européens présents dans les pays du Sud, que ce soit via la délégation européenne dans ces pays ou via un pays membre (division du travail). Troisième contributeur des fonds fiduciaires de Fast Track (après le Royaume Uni et les Pays-bas), elle dispose d’un siège permanent au comité directeur de l’initiative.

Mise en ligne : 7.12.09

[1] Programme d’analyse sectorielle de l’éducation au sein de la CONFEMEN et pôle d’analyse sectorielle de Dakar au sein de l’UNESCO/BREDA.

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