Formation professionnelle, insertion et emploi
Présentation
La coopération française, parallèlement aux actions consacrées à la réalisation de l’objectif d’« Éducation pour Tous » (EPT), n’a cessé d’accorder une attention particulière aux questions de formation professionnelle et technique et a entrepris, dès la fin des années quatre-vingt dix, de refonder ses interventions. Elle a cherché à mieux adapter ses concours en matière de formation -longtemps centrés sur l’enseignement technique - aux besoins de l’économie.
L’accent a été mis sur l’appui à la création de fonds de financement, au développement de la formation continue, à la rénovation des référentiels métiers et, dans quelques pays, à la mise en place de premières certifications issues de ces référentiels. Elle a élargi ses interventions aux secteurs des activités dites informelles qui concentrent plus de 80 % des emplois et appuyé, dans de nombreux pays, les initiatives en matière d’apprentissage dual. À la suite du transfert à l’Agence française de développement (AFD) des interventions de coopération en matière d’éducation de base et de formation professionnelle et technique décidé par le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) de juillet 2004, l’agence s’est dotée d’un cadre d’intervention sectoriel pour 2007-2009 qui, pour la première fois, articule explicitement ces deux dimensions.
L’état des lieux tiré des expériences et des réalisations dans différents pays a conduit la France à opter pour une vision globale et cohérente du développement qui doit faire une place centrale à la formation professionnelle et technique pour une meilleure relation entre formation et emploi.
En effet, la situation éducative actuelle se caractérise par un quadruple déficit qui handicape le déploiement de la formation professionnelle : un déficit de scolarisation, un déficit de formation des filles, un déficit de présence en milieu rural et agricole et, enfin, un déficit de production de compétences intermédiaires.
Les plans décennaux de l’éducation ne font pas de la formation technique et professionnelle la composante principale de la gestion des flux post-primaires et, de ce fait, la scolarisation universelle pousse les jeunes à poursuivre leurs études dans l’enseignement général secondaire et à différer leur insertion professionnelle. Il en résulte des situations qui sont financièrement difficilement soutenables pour le budget des États.
Enfin, si l’organisation de la formation professionnelle et technique mise en place ces dernières années représente une avancée réelle dans sa conception, elle reste précaire et inachevée, ignore très largement les compétences de niveau intermédiaire et, sauf exception, laisse de côté le cadre juridique et institutionnel. Rares en effet sont les pays qui ont mis en place un système de formation entièrement fondé sur les compétences professionnelles et leur certification et qui en ont tiré les conséquences quant à l’organisation du dispositif de formation professionnelle et technique.
La coopération française propose d’ouvrir une large concertation avec l’ensemble de ses partenaires (gouvernements, partenaires techniques et financiers, organisations professionnelles et associatives et opérateurs de formation et de certification, africains et français) sur les conclusions à tirer de ces constats. L’émergence progressive dans certains pays d’un dispositif de certification des compétences se traduit en effet par un changement de paradigme par rapport au système classique de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP) fondé sur une offre de formations techniques et professionnelles.
La coopération française propose aujourd’hui comme orientation stratégique d’aller au bout des évolutions de la dernière décennie avec les conséquences qui en découlent, en premier lieu la nécessité de faire de la « certification des compétences professionnelles » le moteur de l’ensemble du dispositif de formation et d’insertion professionnelles. Le changement de paradigme amènera nécessairement à repenser le mode d’intervention pour l’ensemble des acteurs de la formation technique et professionnelle.
Pour en savoir plus :
Centre International d’études pédagogiques
Groupe Experts Formation Professionnelle (GEFOP)
Mise en ligne : 7.12.09
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